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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

DE L'INSTITUT DE FRANCE.

SECONDE ÉDITION,

REVUE ET CORRIGÉE SUR LES MANUSCRITS DE L'AUTEUR, ORNÉE DE SON PORTRAIT, ET AUGMENTÉE D'UNE NOTICE HISTORIQUE PAR M. DAUNOU.

TOME SECOND.

A PARIS, CHEZ L.G. MICHAUD, LIBRAIRE-EDITEUR, PLACE DES VICTOIRES, N°. 3. M. DCCC. XXIV.

PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE VIII.

SUITE DU DANTE.

Analyse de la Divina Commedia.

SECTION PREMIÈRE.

Plan général du poëme; Invention; Sources où le Dante a pu puiser.

C'est aussi ce que fit Dante; mais avec quelle différence dans les temps, dans les événements publics, dans les croyances, dans les maximes de la morale! Une barbarie plus féroce que celle des premiers siècles de la Grèce, avait couvert l'Europe; on en sortait à peine, ou plutôt elle régnait encore. Il n'y avait point eu, entre elle et le poëte, des siècles héroïques qui laissassent de grands souvenirs, qui pussent fournir à la poésie des peintures de mœurs touchantes, des récits d'exploits et de travaux entrepris pour le bonheur des hommes, ou de grands actes de dévouement et de vertu. Ceux de ces événements qui pouvaient, à certains égards, avoir ce caractère n'avaient point encore acquis par l'éloignement l'espèce d'optique qui efface les petits détails et ne fait briller que les grands objets. Les querelles entre le Sacerdoce et l'Empire, les Gibelins et les Guelfes, les Blancs et les Noirs, c'était là tout ce qui, en Italie, occupait les esprits, parce que c'était ce qui touchait à tous les intérêts, disposait des fortunes et presque de l'existence de tous. Dante, plus qu'aucun autre, personnellement compromis dans ces troubles, devenu Gibelin passionné, en devenant victime d'une faction formée dans le parti des Guelfes, ne pouvait, lorsqu'il conçut et surtout lorsqu'il exécuta le plan de son poëme, voir d'autres faits publics à y placer que ceux de ces querelles et de ces guerres.

Des croyances abstraites, et peu faites pour frapper l'imagination et les sens; tristes, et qui, selon l'expression très-juste de Boileau,

D'ornements égayés ne sont point susceptibles;

terribles, comme il le dit encore, et qui tenaient les esprits fixés presque toujours sur des images de supplices, d'épouvante et de désespoir, avaient pris la place des ingénieuses et poétiques fictions de la Mythologie. Ces croyances étaient devenues l'objet d'une science subtile et compliquée, où notre poëte avait le malheur d'être si habile, qu'il y avait obtenu la palme dans l'université même qui l'emportait sur toutes les autres. La morale des premiers siècles de la philosophie, ni celle des premiers siècles du christianisme, la morale d'Homère, ni celle de l'Evangile n'existaient plus; des pratiques superstitieuses, de vétilleuses momeries, qui ne pouvaient être ni la source ni l'expression d'aucune vertu grande et utile, et qui par l'abus des pardons et des indulgences s'accordaient avec tous les vices, tenaient lieu de toutes les vertus.

C'est dans de telles circonstances, c'est avec ces matériaux si différents de ceux qu'avait employés le prince des poëtes, que Dante conçut le dessein d'élever un monument qui frappe l'imagination par sa hardiesse, et l'étonne par sa grandeur. Des terreurs qui redoublaient surtout à la fin de chaque siècle, comme s'il pouvait y avoir des siècles et des divisions de temps dans la pensée de l'Éternel, présageaient au monde une fin prochaine et un dernier jugement. Les missionnaires intéressés qui prêchaient cette catastrophe la représentaient comme imminente, pour accélérer et pour grossir les dons qui pouvaient la rendre moins redoutable aux donataires. Au milieu des révolutions et des agitations de la vie présente, les esprits se portaient avec frayeur vers cette vie future dont on ne cessait de les entretenir. C'est cette vie future que le poëte entreprit de peindre: sûr de remuer toutes les âmes par des tableaux dont l'original était empreint dans toutes les imaginations, il voulut les frapper par des formes variées et terribles de supplices sans fin et sans espérance, par des peines non moins douloureuses, mais que l'espoir pouvait adoucir; enfin par les jouissances d'un bonheur au-dessus de toute expression, comme à l'abri de tout revers. L'Enfer, le Purgatoire et le Paradis s'offrirent à lui comme trois grands théâtres où il pouvait exposer et en quelque sorte personnifier tous les dogmes, faire agir tous les vices et toutes les vertus, punir les uns, récompenser les autres, placer au gré de ses passions ses amis et ses ennemis, et distribuer au gré de son génie tous les êtres surnaturels et tous les objets de la nature.

A mesure que dans cette tête forte un si vaste plan se développe, les richesses de la poésie viennent s'y placer comme d'elles-mêmes; les beautés qui naissent du sujet l'enflamment, et les difficultés l'irritent sans l'arrêter; il s'en offre cependant une qui dut sembler d'abord invincible. Comment ces trois parties si différentes formeront-elles un seul tout! Comment dans un seul édifice les ordonner toutes trois ensemble? Comment passer de l'une à l'autre? Aura-t-il trois visions? Et s'il n'en a qu'une, comme la raison et cet instinct naturel du goût qui en précède les règles paraissent l'exiger, comment, dans un seul voyage, parcourra-t-il l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis? Comment d'ailleurs, dans ces trois enceintes de douleurs et de félicités, pourra-t-il graduer sans confusion, selon les mérites, et l'infortune et le bonheur? Ces obstacles étaient grands, et tels peut-être qu'il les faut au génie pour qu'il exerce toute sa force. Celui du Dante y trouva l'idée de la machine poétique la plus extraordinaire et de l'ordonnance la plus neuve et la plus hardie.

Après des fictions, des allégories et des descriptions préparatoires, il arrive avec son guide à l'entrée d'un cercle immense, où déjà commencent les supplices; de ce cercle ils descendent dans un second plus petit, de celui-ci dans un troisième, et ainsi jusqu'à neuf cercles, dont le dernier est le plus étroit. Chaque cercle est partagé en plusieurs divisions, que le poëte appelle bolge, cavités, ou fosses, où les tourments varient comme les crimes, et augmentent d'intensité à proportion que le diamètre du cercle se rétrécit. Parvenus au dernier cercle, et comme au fond de cet immense et terrible entonnoir, ils rencontrent Lucifer, qui est enchaîné là, au centre de la terre et comme à la base de l'Enfer. Ils se servent de lui pour en sortir. A l'instant où ils arrivent au point central de la terre, ils tournent sur eux-mêmes; leur tête s'élève vers un autre hémisphère, et ils continuent de monter jusqu'à ce qu'ils voient paraître d'autres cieux.

Ils arrivent au pied d'une montagne qu'ils commencent à gravir; ils montent jusqu'à une certaine hauteur, où se trouve l'entrée du Purgatoire, divisé en degrés ascendants comme l'Enfer en degrés contraires. Dans chacun, ils voient des pécheurs qui expient leurs fautes et qui attendent leur délivrance. Chaque cercle ou degré est le lieu d'expiation d'un pêché mortel; et comme on compte sept de ces péchés, il y a sept cercles qui leur correspondent. Au-delà du septième, la montagne s'élève encore jusqu'à ce que, sur son sommet, on trouve le Paradis terrestre. C'est là que Virgile est obligé de quitter son élève et de le livrer à lui-même. Dante n'y reste pas long-temps. Béatrix descend du ciel, vient au-devant de lui, et lui ayant fait subir quelques épreuves expiatoires, l'introduit dans le séjour céleste. Elle parcourt avec lui les cieux des sept planètes, s'élève jusqu'à l'empirée, et le conduit au pied du trône de l'Éternel, après avoir, dans chaque degré, répondu à ses questions, éclairci ses doutes, et lui avoir expliqué les difficultés les plus embarassantes de la théologie et ses plus secrets mystères, avec toute la clarté que ces matières peuvent permettre, avec une poésie de style qui se soutient toujours, et une orthodoxie à laquelle les docteurs les plus difficiles n'ont jamais rien pu reprocher.

Virgile, en empruntant à Homère, cet épisode, y ajouta ce que la fable avait acquis depuis ces anciens temps, ce que la philosophie platonicienne y pouvait mêler de séduisant pour l'imagination, et ce qui pouvait intéresser les Romains et flatter Auguste. Énée conduit par la Sybille pénètre avec elle dans les Enfers. Des monstres, des fantômes horribles semblent en défendre l'entrée; le deuil, les soucis vengeurs, les pâles maladies, la triste vieillesse, la crainte, la faim qui conseille le crime, la pauvreté honteuse, la mort, le travail, le sommeil, frère de la mort, les joies criminelles, la guerre meurtrière, les Euménides sur leurs lits de fer, la Discorde aux crins de couleuvres, et d'autres monstres encore, forment cette garde terrible; mais ce ne sont que des fantômes. Énée, sans en être effrayé, parvint aux bords du Styx. Les ombres des morts qui n'ont point reçu la sépulture y errent en foule et ne peuvent le passer. Le vieux nocher Caron prend dans sa barque Énée et la Sybille, et les conduit à l'autre bord.

Les âmes des enfants, morts à l'entrée même de la vie, et celles des hommes injustement condamnés au supplice, se présentent à eux les premières. Minos juge les morts cités devant son tribunal. Ceux qui se sont tués eux-mêmes voudraient remonter à la vie; ceux dont un amour malheureux a causé la mort errent tristement dans une forêt de myrtes. Énée y aperçoit Didon; il voit sa blessure récente; il lui parle en versant des larmes; mais elle garde devant lui le même silence qu'Ajax devant Ulysse. C'est ainsi que le génie imite, et qu'il sait s'approprier les inventions du génie. Les héros viennent après les héroïnes. L'ombre sanglante et horriblement mutilée de Déiphobus, fils de Priam, arrête Énée quelques instants; mais la Sybille le presse de marcher vers l'Elysée. En passant devant l'entrée du Tartare elle lui en dévoile les affreux secrets, et lui explique les supplices des grands coupables, de l'impie Salmonée, de Titye, dont un vautour déchire le cœur, des Lapithes, d'Ixion, de Pirithoüs, qui voient un énorme rocher toujours suspendu sur leur tête; les mauvais frères, les parricides, les patrons qui ont trompé leurs clients, les avares, les adultères, ceux qui ont porté les armes contre leur patrie, ceux qui l'ont vendue, ou qui ont porté et rapporté des lois à prix d'argent, les pères qui ont souillé le lit de leur fille, subissent différentes peines, roulent des rochers, ou sont attachés à des roues. Thésée, ravisseur de Proserpine, sera éternellement assis; Phlégyas, qui brûla le temple de Delphes, instruit les hommes par son supplice à ne pas mépriser les dieux.

SECTION DEUXIÈME.

L'Enfer.

Après quelques moments de repos, il commence à gravir la colline: une panthère à peau tigrée vient lui barrer le chemin. Un lion paraît ensuite, et accourt vers lui la tête haute, comme prêt à le dévorer. Une louve maigre et affamée se joint à eux, et lui cause tant d'effroi qu'il perd l'espérance d'arriver au haut de la montagne. Il reculait vers le soleil couchant, et redescendait malgré lui, lorsqu'une figure d'homme se présente, d'abord muette, et la voix affaiblie par un long silence. Dante l'interroge; c'est Virgile. Dès qu'il s'est fait connaître: «Es-tu donc, s'écrie le poëte, en rougissant devant lui, es-tu ce Virgile, cette source qui répand un si vaste fleuve d'éloquence? Ô toi! l'honneur et le flambeau des autres poëtes, puisse la longue étude et l'ardent amour qui m'ont fait rechercher ton livre, me servir auprès de toi! Tu es mon maître et mon modèle, c'est à toi seul que je dois ce beau style qui m'a fait tant d'honneur». Je ne puis me résoudre à altérer, par des périphrases, cette simplicité naïve. C'est ce que nos traducteurs n'ont pas vu; ils se sont cru obligés de donner de l'esprit à de si beaux vers:

Or se' tu quel Virgilio, e quella fonte, Che spande di parlar si largo fiume? Risposi lui con vergognosa fronte. O degli altri poeti onore e lume, Vagliami'l lungo studio e'l grand' amore Che m'han fatto cerrar lo tuo volume. Tu se' lo mio maestro, e'l mio autore: Tu se' solo colui, da cu'io tolsi Lo bello stile, che m' ha fatto onore.

Oui certes, voilà un beau style, et le plus beau qu'ait employé aucun poëte, depuis que Virgile lui-même avait cessé de se faire entendre.

Le maître avertit son disciple qu'il a pris une fausse route; qu'il est impossible de parvenir au haut de la colline malgré le monstre qui lui a causé tant de frayeur, monstre si dévorant et si terrible, que rien ne le peut assouvir; il va le conduire par une voie plus sûre, quoique dangereuse et pénible. Il lui fera voir le séjour des supplices éternels, et celui des tourments qui sont adoucis par l'espérance. S'il veut s'élever ensuite jusqu'à la demeure des bienheureux, c'est un autre que lui qui sera son guide. Dante consent à se laisser conduire, et Virgile marche devant lui. De quelque manière qu'on entende cette allégorie, c'en est une incontestablement, et ce n'est pas chercher des explications trop raffinées, que d'y voir que le poëte, parvenu au milieu de sa carrière, après s'être égaré dans les sentiers de l'ambition et des passions humaines, veut enfin s'élever jusqu'aux hauteurs qu'habite la vertu. L'amour des plaisirs s'oppose d'abord à son dessein; l'orgueil, ou l'amour des distinctions vient ensuite; l'avarice, ou l'amour des richesses est l'ennemi le plus redoutable. Le sage, qui vient à son secours, lui apprend qu'on ne peut vaincre de front tous ces obstacles; que ce n'est pas en quittant le chemin du vice, qu'on peut arriver immédiatement à la vertu; que pour y parvenir, il faut s'en rendre digne par la méditation des leçons de la sagesse. Or, en ce temps-là, ces leçons consistaient dans la contemplation des destinées de l'homme après sa mort, et dans la connaissance qu'on croyait pouvoir acquérir de l'Enfer, du Purgatoire et du Paradis. C'est là sans doute le sens et le but de cette vision; elle n'a rien d'étrange, d'après l'esprit qui régnait dans ce siècle; mais ce qui surprend toujours davantage, c'est que l'auteur ait pu tirer d'un pareil fonds un si grand nombre de beautés.

Per me si va nella citta dolente: Per me si va nell' eterno dolore: Per me si va tra la perduta gente, Giustizia mosse'l mia alto fattore: Fece mi la divina potestate, La somma sapienza, e'l primo amore. Dinanzi a me non fur cose create Se non eterne, ed io eterno dura: Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate.

Il est à peine besoin de les traduire, tant l'harmonie même des vers est expressive, tant leur beauté mille fois citée les a rendus en quelque sorte communs à toutes les langues. On n'y peut regretter qu'une chose, c'est que Dante, trop souvent théologien, lors même qu'il est grand poëte, ait cru devoir exprimer en détail l'opération des trois personnes de la Trinité dans la création des portes de l'Enfer. Cela peut s'allier avec l'idée de la divine Puissance et de la suprême Sagesse, telles du moins que l'homme aussi présomptueux que borné ose les figurer dans sa pensée; mais on ne peut sans répugnance, y voir coopérer explicitement le premier Amour. Si l'on en excepte ce seul trait, quelle sublime inscription! quelle éloquente prosopopée que celle de cette porte qui se présente d'elle-même, et qui prononce, pour ainsi dire, ces sombres et menaçantes paroles:

Toute cette fiction a un ton de noblesse et de dignité simple, qui frappe l'imagination et y laisse une grande image. Ceux qui ne pardonnent pas au génie de se sentir lui-même et de se mettre à sa place, comme l'ont fait presque tous les grands poëtes, y trouveront peut-être trop d'amour-propre, mais ceux qui lui accordent ce privilége, et qui savent qu'en ne le donnant qu'au génie, on ne risque jamais de le voir devenir commun, aimeront cette noble franchise, assaisonnée d'ailleurs d'une modestie qui, dans la distribution des rangs, du moins à l'égard de l'un de ces anciens poëtes, est peut-être ici plus sévère que la justice.

Des héroïnes et d'antiques héros sont mêlés avec les sages. On y voit Électre, non la sœur d'Oreste, mais la mère de Dardanus; Hector, Énée, Camille, Pentésilée, le roi Latinus et Lavinie sa fille, Brutus qui chassa les Tarquins, et César, à qui le poëte donne les yeux d'un oiseau de proie, Con gli occhi grifagni; Lucrèce, Julie, Marcia, Cornélie, et le grand Saladin, seul à part; trait d'indépendance remarquable, d'avoir osé placer dans l'Élysée ce terrible ennemi des Chrétiens! Dante lève un peu plus les yeux, et il voit le maître de toute science, Aristote, il maestro di color che sanno, assis au milieu de sa famille philosophique; tous l'admirent et l'honorent. Socrate et Platon sont placés le plus près de lui; ensuite Démocrite, Diogène, Anaxagore, Thalès, Empédocle, Héraclite, Zénon et plusieurs autres, tant grecs que latins, jusqu'à l'arabe Averroès. Virgile et Dante se séparent ensuite des quatre autres poëtes; ils passent de ce séjour paisible dans un lieu bruyant, plein de trouble, et privé de la clarté du jour.

Les premières qui se présentent sont celles de Sémiramis, de Didon, de Cléopâtre, d'Hélène; puis les ombres d'Achille, de Pâris, et de Tristan. D'autres suivent par milliers, et Virgile les nomme à mesure que le vent les fait passer sous leurs yeux; mais il en est deux qui attirent plus particulièrement les regards de notre poëte, et qui lui inspirent plus de pitié. Nous voici arrivés à ce touchant épisode de Francesca da Rimini, l'un des deux que l'on cite toujours quand on parle de l'Enfer du Dante, qui est en effet au-dessus de tout le reste, et que les Italiens comparent avec raison aux beautés les plus exquises de tous les poëmes anciens et modernes. Malgré sa grande réputation, il est assez mal connu en France. Ceux qui ont essayé de le traduire dans notre langue, ont fait disparaître son plus grand charme, qui est celui d'une tendresse et d'une simplicité naïves; peut-être ne serai-je pas plus heureux; mais je ne puis résister au désir de le tenter.

L'histoire amoureuse et tragique qui en est le sujet avait dû faire beaucoup de bruit; elle touchait de près la famille dans laquelle Dante avait trouvé son dernier asyle. Guido da Polento avait une fille charmante nommée Françoise. Elle était tendrement aimée de Paul, son jeune cousin; mais des arrangements de fortune engagèrent Guido à la marier avec Lanciotto, fils de Malatesta, seigneur de Rimini. Ce Lanciotto était contrefait et peu aimable. Paul continua de voir sa cousine. L'amour reprit tous les droits que lui avait enlevés ce mariage; mais le mari jaloux surprit les deux jeunes amants, et les sacrifia tous deux à sa vengeance. Ce sont leurs ombres qui passent en ce moment devant le poëte, et qu'il regarde avec autant de curiosité que de tristesse. Il poursuit en ces mots son récit:

C'est peut-être la millième fois que j'ai relu dans l'original cet épisode justement célèbre, et l'impression qu'il me fait est toujours la même, et je comprends moins que jamais comment dans ce siècle, dans cette disposition d'esprit, dans un pareil sujet, au milieu de tous ces tableaux sombres et terribles, Dante put trouver pour celui-ci des couleurs si harmonieuses et si douces, comment il les créa, puisqu'elles n'existaient pas avant lui, et comment il sut les approprier à une langue rude encore et presque naissante. Ce ne fut ni dans la force ni dans l'élévation de son génie, ni dans l'étendue de son savoir qu'il trouva le secret de ces couleurs si neuves et si vraies, c'est dans son âme sensible et passionnée, c'est dans le souvenir de ses tendres émotions, de ses innocentes amours. Ce n'était point le philosophe profond, l'imperturbable théologien, ni même le poëte sublime qui pouvait peindre et inventer ainsi: c'était l'amant de Béatrix.

Si l'on a d'abord peine à comprendre comment il a pu placer dans l'Enfer ce couple aimable, pour une si passagère et si pardonnable erreur, on voit ensuite qu'il a été comme au-devant de ce reproche, en mettant Paul et Françoise dans le cercle où les peines sont le moins cruelles, en ne les condamnant qu'a être agités par un vent impétueux, image allégorique du tumulte des passions, et surtout en ne les séparant pas l'un de l'autre. Ce sont des infortunés sans doute, mais ce ne sont pas des damnés, puisqu'ils sont et puisqu'ils seront toujours ensemble.

On ne trouve dans aucun poëte un plus beau portrait de la fortune, peut-être pas même dans cette belle ode d'Horace (ô Diva gratum quœ regis Antium), au-dessus de laquelle il n'y a rien, sur le même sujet, dans la poésie antique. Dante a profité d'une idée de l'ancienne philosophie, adoptée par le christianisme, de cette idée d'une intelligence secondaire chargée de présider à chacune des sphères célestes; et il a en quelque sorte ressuscité et rajeuni la déesse de la Fortune, en plaçant une de ces intelligences à la direction de la sphère des biens de ce monde. C'est un de ces morceaux du Dante qui sont rarement cités, mais que relisent souvent ceux qui ont une fois vaincu les difficultés et goûté les beautés sévères de ce poëte inégal et sublime.

Argenti avait été un Florentin riche, puissant, d'une force extraordinaire, et qui était d'une violence égale à sa force. On ne sait pour quel motif particulier, parmi tant de Florentins qui, dans ce temps de factions, devaient s'être livrés à des fureurs et à des emportements coupables, Dante a choisi celui-ci, qui figura peu dans les affaires; ni pourquoi de l'incendiaire Phlégias qui, dans l'enfer de Virgile, apprend aux hommes à ne pas mépriser les Dieux, il a fait dans le sien un conducteur de barque et un second Caron. Cependant, c'est à la cité même du prince des Enfers que Phlégias passe les âmes; il les passe de la partie des supplices les plus doux à celle des plus terribles: en un mot, il les dépose à l'entrée de cette horrible cité, qui s'étend depuis le sixième cercle jusqu'au fond, où est enchaîné Lucifer. C'est là que sont punis les incrédules, les hérésiarques, et tous ceux dont les crimes attaquent plus directement la Divinité. Phlégias semble donc dans cet Enfer, comme dans l'autre, apprendre aux âmes, non plus par son propre supplice, mais par ceux auxquels il les conduit, à respecter les dieux.

Les furies veulent lui montrer la tête de Méduse, la terrible Gorgone. Virgile lui crie de fermer les yeux, et les lui couvre de ses deux mains. Le poëte s'interrompt ici; il avertit les hommes qui ont un entendement sain d'admirer la doctrine secrète cachée sous le voile étrange de ses vers. Cet avis ne convient peut-être pas plus à cet endroit de son poëme qu'à beaucoup d'autres, où il voulait en effet que l'on cherchât toujours quelque sens caché, intention que les commentateurs ont plus que remplie; mais ces trois vers sont très-beaux; tous les Italiens les savent et les citent souvent:

O voi ch'avete gl'intelletti sani, Mirate la dottrina che s'asconde Sotto'l velame degli versi strani.

Avant de sortir de cette enceinte, Dante apprend de Farinata que l'empereur Frédéric II et le cardinal Ubaldini sont dans deux tombeaux voisins. Frédéric ne fut cependant point hérésiarque, mais en querelle ouverte avec les papes, et excommunié par eux; ce qui n'est pas tout-à-fait la même chose. Quant au cardinal, c'était, dit Landino dans son commentaire sur ce vers, un homme d'un grand mérite et d'un grand courage, mais qui avait les mœurs d'un tyran plutôt que d'un prêtre; il était Gibelin, et ne se faisait point scrupule d'aider ce parti aux dépens de l'autorité pontificale. Les Gibelins l'ayant payé d'ingratitude, il dit naïvement que cependant s'il avait une âme, il l'avait perdue pour eux. Ce propos marquait sur la nature de l'âme une opinion peu canonique, et qu'il n'est pas séant d'avouer en habit de cardinal.

La fraude s'exerce ou contre l'homme qui se fie à nous, ou contre celui qui n'a pas cette confiance. Les hypocrites, les faussaires, les simoniaques, etc. sont tous dans cette dernière classe de criminels, et sont punis dans différentes divisions du second cercle. Les traîtres ou ceux qui ont trahi la confiance et l'amitié occupent seuls le troisième cercle, qui est le neuvième et dernier de tout l'enfer. Tel est le formidable espace qui leur reste à franchir.

Or, l'usurier tient une route contraire; il méprise et la Nature et l'Art, puisqu'il met ailleurs toute son espérance.

Là sont tourmentés ceux qui ont été violents contre Dieu. Au milieu d'eux est Capanée, qui dans son attitude et dans ses discours conserve son caractère indomptable, et ne paraît s'apercevoir ni du sable brûlant ni de la pluie enflammée. Un ruisseau de sang sort de la forêt, et se perd dans la plaine de sable; les flammes qui y tombent s'amortissent. Virgile interrogé par le Dante donne à ce ruisseau une explication mystérieuse. Au milieu de l'île de Crète, dans les flancs du mont Ida, est l'immense statue d'un vieillard. Sa tête est d'or pur, sa poitrine et ses bras d'argent; le reste du tronc est d'airain, et les extrémités sont de fer, à l'exception du pied sur lequel il s'appuie, et qui est d'argile. Ce vieillard est le Temps. Toutes les parties de son corps, excepté la tête, ont des ouvertures, d'où coulent des larmes qui filtrent jusqu'au centre de la terre, forment les fleuves des Enfers, l'Achéron, le Styx, le Phlégéton et, jusqu'au plus profond du gouffre, se réunissent dans le Cocyte, le plus terrible de tous. Cette grande image, poétiquement rendue, couvre des allégories que tous les commentateurs depuis Boccace ont très-amplement expliquées, mais où il vaut peut-être mieux ne voir que ce qui y est, c'est-à-dire, une idée un peu gigantesque, mais poétique du Temps, des quatre âges du monde et des maux qui ont fait pleurer la race humaine dans chacun de ces âges, excepté dans le premier, à qui la poésie de tous les autres siècles et les regrets de tous les hommes ont donné le nom d'âge d'or. Cette idée des fleuves de l'Enfer nés des larmes de tous les hommes porte à l'âme une émotion mélancolique où se combinent les deux grands ressorts de la tragédie, la terreur et la pitié.

Tandis que Virgile parle au monstre dont il veut se servir pour descendre, Dante visite les dernières extrémités du cercle. Les avares y sont tourmentés, ils s'agitent sur le sable brûlant comme s'ils étaient mordus par des insectes. Chacun d'eux porte un sac ou une poche pendue au cou. Dante ne reconnaît la figure d'aucun d'eux; mais, par un trait de satyre ingénieux, les armoiries peintes sur quelques-uns de ces sacs, lui font distinguer parmi les ombres qui les portent celles de plusieurs nobles de Florence. L'orgueil sert donc ici d'enseigne et comme de dénonciateur à l'avarice. On ne pouvait tirer plus heureusement sur deux vices à la fois. Cependant Virgile était déjà monté sur la croupe du monstre, qui se nomme Geryon, quoi qu'il n'ait rien de commun avec le Geryon de la fable. Dante, saisi de frayeur, monte pourtant aussi, et se place devant son maître, qui le soutient dans ses bras. Geryon commence par reculer lentement comme une barque qui se détache du rivage, puis se sentant comme à flot dans l'air épais, il se retourne et descend dans le vide en nageant au milieu des ténèbres. Le poëte compare la crainte dont il est saisi en se sentant descendre environné d'air de toutes parts, et ne voyant plus rien que le monstre qui le porte, à celle qu'éprouva Phaëton quand il abandonna les rênes; ou Icare lorsqu'il sentit fondre ses ailes. Geryon suit sa route en nageant avec lenteur; il tourne et descend. Dante ne s'aperçoit d'abord de l'espace qu'il traverse que par le vent qui souffle sur son visage et au-dessous de lui. Ensuite il est frappé du bruit que fait le torrent en tombant au fond du gouffre; bientôt il entend des plaintes et il aperçoit des feux qui lui annoncent qu'il approche d'un nouveau séjour de tourments. Enfin Geryon arrive au bas des rochers, les y dépose, et disparaît comme un trait. Cette descente extraordinaire est peinte avec une effrayante vérité. On partage les terreurs du poëte ainsi suspendu sur l'abîme, et l'on se sent, pour ainsi dire, la tête tourner en le regardant descendre.

Si cette virulente sortie scandalise des âmes timorées, dont tout le monde connaît le zèle aussi désintéressé et surtout aussi charitable que sincère, il faut leur rappeler qu'il y a eu des papes plus traitables à cet égard, et de meilleure composition que les papistes, puisqu'ils ont accepté la dédicace de plusieurs éditions de la Divine Comédie, sans exiger qu'on en retranchât un seul vers.

Trois ombres s'élèvent à la fois du fond de la fosse. Deux serpents énormes et d'une forme extraordinaire s'attachent successivement à chacune d'elles, se collent tout entiers à leurs corps, enlacent leurs pattes à leurs bras, à leurs flancs, à leurs jambes. Par une métamorphose étrange et par trois procédés différents, décrits tous les trois avec une variété prodigieuse, les membres et le corps des serpents, les membres et le corps des deux ombres se fondent les uns dans les autres; ce ne sont plus ni des serpents, ni des figures d'hommes, ce sont des monstres informes qui participent de l'homme et du serpent, et tels qu'on n'en a jamais vu. Ce morceau, qui a environ cent vers dans l'original, riche de comparaisons, d'images, d'harmonie imitative, perdrait trop à être abrégé ou même traduit. Il est plein de verve, d'inspiration, de nouveauté. C'est peut-être un de ceux où l'on peut le plus admirer le talent poétique du Dante, cet art de peindre par les mots, de représenter des objets fantastiques, des êtres ou des faits hors de la nature et de toute possibilité, avec tant de vérité, de naturel et de force qu'on croit les voir en les lisant, et que les ayant lus une fois, on croit toute sa vie les avoir vus.

Elle est remplie de flammes étincelantes, divisées en groupes enflammés et mobiles, dont chacun contient une âme criminelle qu'on ne voit pas. Un spectacle si nouveau que le poëte se crée à lui-même, lui inspire deux comparaisons très-différentes entre elles; l'une tirée des objets champêtres, auxquels on doit observer qu'il revient souvent, comme tous les grands poëtes, l'autre des traditions de l'Écriture et de l'Histoire des Prophètes. Ces flammes sont en aussi grand nombre, que le villageois, qui se repose sur la colline dans la saison des plus longs jours, voit pendant la nuit de vers luisants dans la vallée, peut-être à l'endroit même où sont ses vignes et ses champs; et les damnés sont enveloppés et cachés dans ces flammes, de même qu'Elysée vit disparaître le char d'Elie qui montait au ciel, et que, voulant le suivre des yeux, il n'aperçut plus que la flamme qui s'élevait contre un léger nuage.

Dante détournait les yeux de ce spectacle, lorsqu'il aperçut deux ombres plongées dans la même fosse et acharnées l'une sur l'autre.... Oserai-je le suivre? Entreprendrai-je de retracer ici ce tableau si célèbre, et qui est peut-être encore au-dessus de sa renommée? Trouverai-je dans une langue qui passe pour timide, et dans une froide prose, d'assez fortes couleurs pour rendre cette horreur sublime? Je l'oserai, je l'essaierai du moins. Ce qui fait la difficulté de l'entreprise y donne de l'attrait. D'autres l'ont essayé avant moi; mais ils semblent avoir craint d'être simples, et je tâcherai surtout de conserver à cette peinture son effroyable simplicité.

Loin d'être fatiguée par un récit aussi énergique, la voix du Dante s'élève encore avec une force nouvelle, pour lancer des imprécations contre Pise, qui avait souffert dans ses murs cette action barbare. Si le comte Ugolin passait pour l'avoir trahie, il ne fallait pas du moins envelopper dans son supplice ses fils, dont un âge si tendre attestait l'innocence. Il appelle cette ville nouvelle Thèbes et la honte de l'Italie. Puisque les peuples voisins n'en font pas justice, il désire que les petites îles de Capraia et de la Gorgone, situées près l'embouchure de l'Arno, se détachent, ferment le cours du fleuve, et en fassent remonter les eaux, pour aller dans Pise même submerger tous ses habitants.

CHAPITRE IX.

Suite de l'Analyse de la Divina Commedia.

Le Purgatoire.

Des objections théologiques ont été faites à notre poëte, sur la place qu'il assigne à Caton dans les avenues du Purgatoire, et sur l'espérance qu'il lui donne d'un sort heureux au jour du jugement. Le dernier commentateur du Dante, le P. Lombardi, répond à ces objections comme il peut, mais cela n'importe guère à ceux qui, comme nous, ne considèrent ce poëme que du côté poétique.

L'ombre de Mainfroy assure que cela fut inutile, que ce cardinal perdit sa peine, que la miséricorde de Dieu est infinie, et que l'excommunication d'un pape n'ôte pas tout moyen de rentrer en grâce auprès de l'Éternel, pourvu que l'on ait une ferme espérance; seulement, si l'on meurt contumace, on doit rester en dehors du Purgatoire, trente fois autant de temps qu'on a persisté dans son obstination, à moins que ce temps ne soit abrégé par de bonnes prières. Je ne sais si les papes admettaient alors cette espèce de tarif: depuis long-temps leur prudence l'a rendu à peu près inutile; ils ont excommunié beaucoup moins, et n'envoient plus de cardinaux déterrer les cendres des rois.

Quella fonte Che spande di parlar si largo fiume.

A la vue du supplice des orgueilleux, qui est de marcher tellement courbés sous d'énormes fardeaux, qu'ils conservent à peine la forme humaine, il s'élève contre l'orgueil des chrétiens qui contraste avec la misère et les infirmités de l'âme. C'est là que se trouve cette image emblématique de l'âme humaine, dont le texte est souvent cité, mais qui, dans une traduction, ne conserve peut-être pas le même éclat et la même grâce:

Non v'accorgete voi che noi siam vermi Nati a formar l'angelica farfalla Che vola alla giustizia senza schermi?

La vostra nominanza è colar d'erba, Che viene e va, e quei la discolora Per cui ell'esce della terra acerba.

Quelle comparaison juste et mélancolique! quel beau langage et quels vers! Homère lui-même, n'est pas au-dessus de notre poëte, lorsqu'il compare les générations des hommes aux générations des feuilles qui jonchent la terre en automne.

A l'heure de la nuit où ce qui restait de la chaleur du jour ne peut plus résister au froid de la lune, de la terre, et peut-être, ajoute-t-il, de Saturne, une femme bègue, boiteuse et difforme lui apparaît, et devient à ses yeux une sirène qui le charme par sa beauté et par son chant. Mais une autre femme belle et sévère paraît, s'élance sur la sirène, déchire ses vêtemens, et ne fait voir dans ce qu'elle découvre qu'un objet hideux et si infect que le poëte se réveille; emblême énergique, mais peut-être un peu crûment exprimé, des trois vices expiés dans les trois cercles supérieurs.

Une voix bien différente appelle Dante pour le conduire au premier de ces trois cercles, qui est le cinquième du Purgatoire: c'est la voix d'un ange dont le parler est si doux qu'on n'entend rien de semblable dans ce séjour mortel. Ses deux ailes étendues ressemblaient à celles du cygne. Il planait au-dessus des deux voyageurs, et agitait doucement l'air en promettant le bonheur à ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. Cette image douce et d'une suavité céleste contraste admirablement avec la première; et cet ange qui promet des consolations en apporte, pour ainsi dire, au lecteur par son apparition même. Les avares, qui sont punis dans ce cercle, rampent sur le ventre, les pieds et les mains liés, forcés de regarder la terre où ils eurent toujours les yeux attachés pendant leur vie. L'un d'eux est le pape Adrien V, de la maison de Fiesque; il ne régna qu'un mois et quelques jours, mais ce peu de temps lui suffit pour reconnaître que le manteau pontifical est si pesant pour qui veut le porter sans tache, que tout autre fardeau paraît léger comme la plume.

Figliuol d'un beccaio di Parigi.

Couché sur ces marches pendant une belle nuit, il regarde briller les étoiles qui lui paraissent plus éclatantes et plus grandes qu'à l'ordinaire; il s'endort enfin à l'heure où l'astre de Vénus paraît vers l'orient. Voici encore un songe, une vision, mais qui n'a plus rien d'incohérent et de funeste. Il voit dans une riche campagne la belle et jeune Lia qui va chantant et cueillant des fleurs pour se faire une guirlande. «Ma sœur Rachel, dit-elle dans son chant, ne peut se détacher de son miroir; elle y est assise tout le jour. Elle se plaît à contempler la beauté de ses yeux, comme je me plais à voir l'ouvrage de mes mains; voir est pour elle un plaisir, comme agir en est un pour moi.» Sous l'emblême de ces deux filles de Laban, les interprètes reconnaissent tous ici l'image de la vie active et de la vie contemplative; et cette allégorie du moins est pleine de mouvement et de grâce.

Le sommeil du Dante se dissipe en même temps que les ténèbres de la nuit. Virgile lui annonce qu'il touche au terme de son voyage; que ce jour même le doux fruit que les mortels recherchent avec tant de soins et de peines, apaisera la faim qui le dévore. Ils arrivent ensemble au haut de ces degrés rapides; Virgile lui dit alors: «Mon fils, tu as vu le feu qui doit s'éteindre et le feu éternel; tu es arrivé au point au-delà duquel ma vue ne peut plus s'étendre. J'ai employé à t'y conduire mon génie et mon art. Prends désormais ton plaisir pour guide. Tu es hors des routes difficiles, et des voies étroites. Vois ce soleil qui rayonne sur ton visage, vois l'herbe tendre, les fleurs et les arbrisseaux que cette terre produit sans culture: tu peux t'y asseoir; tu peux y marcher à ton gré, en attendant l'arrivée de celle dont les beaux yeux m'ont engagé par leurs larmes à venir à toi. N'attends plus de moi ni discours ni conseils. En toi le libre arbitre est maintenant droit et sain, et ce serait une erreur que de ne pas agir d'après lui: je te couronne donc roi et souverain de toi même.» En effet, depuis ce moment, ou l'allégorie générale du poëme se fait si clairement sentir, Virgile reste encore auprès du Dante jusqu'à l'arrivée de Béatrix, mais il ne lui parle plus: il n'est plus là que pour remettre en quelque sorte à Béatrix elle-même celui qu'elle lui avait recommandé.

Mais Virgile nous avait quittés, Virgile, ce tendre père, Virgile à qui elle avait remis le soin de me guider et de me défendre! L'aspect de ce séjour délicieux ne put empêcher que mes joues ne se couvrissent de larmes. «Dante, quoique Virgile t'abandonne, ne pleure pas, ne pleure pas encore; tu en auras bientôt d'autres sujets.» C'est Béatrix qui lui parle ainsi, et bientôt en effet, de ce char où elle est assise, et d'un bord de la rivière à l'autre, elle lui fait entendre des reproches qui lui arrachent des larmes de regret et de repentir. Comment a-t-il enfin daigné approcher de cette montagne? Ne savait-il pas que l'homme y est souverainement heureux? Elle l'accuse enfin devant les anges qui, par leurs chants, semblent demander son pardon. Mais il espère en vain qu'à leur prière elle se laissera fléchir. Elle poursuit du ton le plus solennel l'accusation qu'elle a commencée.

Malgré la sévérité de ses réprimandes, Béatrix renouvelle par sa beauté, dans le cœur du poëte, toutes les douces impressions que sa présence y faisait naître autrefois. Sous son voile, et au-delà de cette rivière verdoyante, elle lui paraît surpasser l'ancienne Béatrix elle-même, plus encore qu'elle ne surpassait les autres femmes quand elle était ici bas. Le moment des dernières épreuves est arrivé; Mathilde le prend par la main, le dirige vers le fleuve, l'y plonge tout entier, l'en retire et le conduit, plein d'espérance et de joie, sur l'autre bord. L'allégorie devient de plus en plus sensible: quatre nymphes, qui dansaient sur la prairie, et qui sont dans le ciel les quatre étoiles qu'il a vu briller au commencement de sa vision, le conduisent auprès du char. Trois autres nymphes supérieures aux premières, s'avancent, intercèdent pour lui par leurs chants auprès de Béatrix, et la prient de tourner enfin ses regards vers son adorateur fidèle, qui a fait tant de pas pour la voir. Conduit par les quatre vertus cardinales, recommandé par les trois vertus théologales, il ne peut plus manquer de tout obtenir.

CHAPITRE X.

Fin de l'Analyse de la Divina Commedia.

Le Paradis.

Après une course aussi longue et aussi pénible, après avoir descendu tous les degrés de l'Enfer et remonté tous ceux du Purgatoire, Dante arrive enfin au séjour des félicités éternelles et nous y fait arriver avec lui. Mais pourrons-nous le suivre pas à pas dans le bonheur, comme nous l'avons fait au milieu des peines? C'est ce dont, en examinant bien cette dernière partie de son poëme, on reconnaît l'impossibilité.

Dans l'Enfer, le spectacle des supplices frappe de terreur. L'imagination forte, sombre et mélancolique du poëte émeut l'âme la plus froide et fixe l'attention la plus distraite. Dans le Purgatoire, l'espérance est partout. Ses riantes couleurs parent tous les objets, adoucissent le sentiment de toutes les douleurs. Dans l'un et dans l'autre, des aventures touchantes et terribles, de fidèles tableaux des choses humaines, ou des peintures fantastiques, mais que l'on croit réelles et palpables, parce qu'elles donnent aux beautés idéales des traits qui tombent sous les sens; enfin des satyres piquantes et variées, réveillent à chaque instant la sensibilité, l'imagination ou la malignité.

Le Paradis n'offre presque aucune de ces ressources. Tout y est éclat et lumière. Une contemplation intellectuelle y est la seule jouissance. Des solutions de difficultés et des explications de mystères remplissent presque tous les degrés par où l'on arrive à la connaissance intime et à l'intuition éternelle et fixe du souverain bien. Cela peut être admirable sans doute, mais cela est trop disproportionné avec la faiblesse de l'entendement, trop étranger à ces affections humaines qui constituent éminemment la nature de l'homme, peut-être enfin trop purement céleste pour la poésie, qui dans les premiers âges du monde fut, il est vrai, presque uniquement consacrée aux choses du ciel, mais qui, depuis long-temps, ne peut plus les traiter avec succès, si elle ne prend soin d'y mêler des objets, des intérêts et des passions terrestres.

C'est un soin qu'elle prend beaucoup trop peu, dans cette partie de la Divina Commedia qui nous reste à connaître. Dante a voulu s'y montrer philosophe et surtout grand théologien. Il s'y est entouré de tout l'appareil de cette science, et a mis sa gloire à l'embellir des fleurs de la poésie. On peut le louer; l'admirer même d'y avoir réussi; mais sans être théologien soi-même, on ne peut que difficilement se plaire à ce tour de force continuel. On suit encore avec curiosité la marche de son génie; mais on ne s'arrête plus aussi volontiers avec lui; on n'aime plus autant à écouter ses personnages, trop savants pour ne pas fatiguer notre ignorance; et quelque importante que soit l'affaire du salut, on ne peut trouver de plaisir à s'en occuper pendant trente-trois chants entiers, quand on ne cherche qu'un exercice agréable de l'attention et un utile amusement de l'esprit. Suivons donc rapidement le poëte et sa conductrice, et ne choisissons d'autres détails dans leur dernier voyage, que ce qui s'accorde avec l'objet purement littéraire qui nous l'a fait entreprendre avec eux.

C'est par un moyen extraordinaire, et qui porte bien le caractère de l'inspiration, que Béatrix, avec qui il est encore sur la montagne, l'enlève au haut des cieux. Il la voit regarder le soleil plus fixement que fit jamais un aigle; il puise dans ses regards une force qui lui permet d'arrêter lui-même ses yeux sur cet astre, plus qu'il n'appartient à un mortel. A l'instant, il le voit étinceler de toutes parts, comme le fer qui sort bouillant de la fournaise: il lui semble qu'un nouveau jour se joint au jour, comme si celui qui en a le pouvoir avait orné les cieux d'un second soleil. Béatrix restait l'œil attaché sur les sphères éternelles; et lui, cessant de regarder le soleil, fixait les yeux sur ceux de Béatrix. En les regardant, il se sent élever au-dessus de la nature humaine: il n'existe plus en lui de lui-même, que ce qui vient d'y créer le divin amour, qui l'enlève aux cieux par sa lumière. En approchant des sphères célestes, il entend leur immortelle harmonie, et il croit voir une partie du ciel, plus étendue qu'un lac immense, enflammée par les feux du soleil.

Béatrix regardant toujours le ciel, et lui toujours les yeux de Béatrix, ils arrivent enfin au globe de la lune, qui s'agrandissait à sa vue, à mesure qu'il en approchait. Les cercles que décrivent les planètes forment autant de cieux où il va s'élever successivement jusqu'à l'Empyrée, dont ses yeux auront appris par degrés à soutenir l'éclat. En arrivant dans cette première planète, il se fait expliquer par Béatrix la cause des taches que l'on voit à la surface de la lune; elle entre à ce sujet dans l'explication d'un système astronomique où les influences célestes jouent un grand rôle. C'était l'astronomie de son siècle, un peu différente de celle du siècle des Herschels, des Laplaces et des Delambres.

Justinien répond enfin à la seconde question du Dante. Les âmes qui habitent cette petite planète, ont suivi la vertu, mais pour en retirer de l'honneur et de la renommée. Ce but, en diminuant leur mérite, leur a interdit un plus vaste séjour de gloire; mais elles sont contentes de leur partage. La lumière dont brille Roméo le console de ses disgrâces, et de l'ingratitude qui paya ses grands services. Ce Roméo était un personnage alors célèbre, qui avait été dans sa vie pélerin et ministre: en revenant de St.-Jacques en Galice, il était arrivé a la cour de Raimond Bérenger, comte de Provence, qui lui confia la conduite de ses affaires. Il les conduisit si bien, que Bérenger maria ses quatre filles avec quatre rois. Au lieu de l'en récompenser, il écouta ses flatteurs, ennemis de Roméo, qui fut obligé de s'en aller pauvre et déjà vieux, et de reprendre son bourdon et ses pélerinages.

Au milieu des jouissances du luxe, des arts et d'une société toute à la fois perfectionnée et corrompue, qui ne se sent pas attendri par la peinture de ces antiques mœurs, et qui ne tournerait pas les yeux avec un regret amer vers ces temps de simplicité, s'ils n'avaient été aussi des temps de barbarie; si les douceurs de la vie domestique n'y avaient été sans cesse altérées et troublées par les désordres civils et religieux, par une horrible et presque continuelle effusion de sang humain, par l'oppression des puissants, la souffrance ou la révolte des faibles, et les chocs désordonnés des factions et des partis?

Ce qui te pèsera le plus sera la société d'hommes méchants et bornés, avec laquelle tu seras tombé dans l'infortune. Leur ingratitude, leur folie, leur impiété éclateront contre toi; mais bientôt après ce seront eux et non toi, qui auront sujet de rougir....» Il lui prédit que son premier refuge sera chez les deux illustres frères Alboin et Can de la Scala, qui le combleront de bienfaits. Il ajoute à ces prédictions, des conseils que Dante lui promet de suivre. «Je vois, lui dit-il, ô mon père, que je dois m'armer de prévoyance, afin que si j'ai perdu l'asyle qui m'était le plus cher, mes vers ne me fassent pas perdre aussi les autres. J'ai visité le monde où les tourments seront sans fin, et la montagne du sommet de laquelle les yeux de Béatrix m'ont enlevé; transporté ensuite dans les cieux, j'ai appris, en parcourant les flambeaux qui y brillent, des choses qui, si je les redis, doivent paraître désagréables à beaucoup de gens; et cependant si je ne suis qu'un timide ami du vrai, je crains de ne pas vivre dans la mémoire de ceux qui appelleront ancien le temps où nous vivons.»

Il met dans la bouche de son trisaïeul la réponse que lui dictait son courage. «Une conscience troublée, ou par sa propre honte, ou par celle des siens, sera seule sensible à la dureté de tes paroles. Evite donc tout mensonge, révèle ta vision toute entière, et laisse se plaindre ceux qui en seront blessés. Si ce que tu diras paraît amer au premier moment, il deviendra ensuite un aliment sain quand il sera bien digéré. Le cri que tu jetteras, sera comme le vent qui frappe avec plus de force les plus hauts sommets; et ce ne sera pas là ta moindre gloire. C'est pour cela qu'on t'a fait voir dans les cercles célestes, sur la montagne et dans la vallée des pleurs, les âmes de ceux qui ont eu le plus de renommée; l'esprit des hommes se fixe mieux par des exemples que par de simples discours, et s'arrête, par préférence, sur les exemples les plus connus.»

Le poëte, arrêté long-temps dans le ciel de Mars, s'aperçoit qu'il est monté dans une planète supérieure par le nouveau degré de feu divin qui brille dans les yeux de Béatrix. Il est arrivé avec elle dans Jupiter. Les âmes des saints y paraissent sous une forme tout-à-fait extraordinaire. Elles y voltigent en chantant chacune dans sa lumière; et de même que des oiseaux qui s'élèvent des bords d'une rivière, comme pour se féliciter de leur pâture, volent tantôt en rond, tantôt rangés en longues files, de même ces âmes célestes s'arrêtent de temps en temps dans leur vol, interrompent leurs chants et forment, en se réunissant dans l'air, différentes figures de lettres. Ici, Dante invoque de nouveau sa muse, pour pouvoir expliquer ces figures, telles qu'elles sont gravées dans son esprit.

Quand cette dernière âme a cessé de parler, elle va se réunir à la troupe d'où elle était sortie. La troupe se resserre, et toutes ces âmes remontent l'échelle d'or aussi rapidement qu'elles l'avaient descendue. Dante, sur un seul signe que Béatrix lui fait de les suivre, y monte avec la même rapidité, tant la vertu de celle qui le conduit a vaincu sa propre nature. En un instant, il se trouve transporté dans le signe des Gémeaux: cette constellation avait présidé à sa naissance; il espère que son âme y puisera la force nécessaire pour le passage difficile qui lui reste à franchir. Avant qu'il s'élève plus haut, sa conductrice lui dit de baisser ses regards vers la terre: il obéit, jette les yeux sur les sept planètes qu'il a parcourues, et ne peut s'empêcher de sourire de la chétive figure que fait la terre.

Mais elle l'avertit de porter ses regards sur un autre objet. Sous les rayons de ce soleil où Jésus-Christ réside, fleurit un jardin émaillé de mille couleurs, et, au milieu, la rose où le verbe divin prit une chair mortelle.... On connaît ce mystérieux emblème. Dante décrit avec l'enthousiasme de la poésie et de la piété, le triomphe de la Vierge Marie, entourée de tous les bienheureux, qui chantent des hymnes à sa gloire, et qui, revêtus de flammes brillantes, en étendent vers elle les cimes, comme l'enfant tend les bras vers sa mère, quand il s'est nourri de son lait.

C'est ainsi que se termine ce grand drame, qui, après avoir, pendant plusieurs actes, mis sous les yeux du spectateur des événements variés et de grands coups de théâtre, paraît manquer un peu par le dénoûment. Mais ce dénoûment, dans sa simplicité, n'est-il pas, quand on l'examine de plus près, le meilleur, et peut-être le seul que comportait le sujet du poëme? C'est sur quoi je me permettrai quelques réflexions rapides.

Dernières Observations.

Le désir de connaître, ou plutôt celui de communiquer ses connaissances à son siècle, d'éclairer les hommes sur le sort qui les attendait dans cette vie future dont tout le monde s'occupait alors, sans que la vie présente en fût meilleure, et de revêtir des couleurs de la poésie, les profondeurs théologiques où il s'était enfoncé toute sa vie; ce désir, joint à celui de satisfaire ses passions politiques et de se venger de ses oppresseurs, fut ce qui inspira au poëte l'idée de cet ouvrage, auquel on donnera maintenant le titre qu'on voudra, mais qu'on ne peut se dispenser, après l'avoir examiné dans toutes ses parties, de ranger parmi les plus étonnantes productions de l'esprit humain. Il s'y représente lui-même, avec toutes les faiblesses de l'humanité, sujet à la crainte, à la pitié; flottant dans le doute, mais toujours avide de savoir, et s'élevant du gouffre des Enfers jusqu'au-dessus de l'Empyrée, avec la soif ardente de s'instruire, et l'espérance d'apprendre enfin par tant de moyens surnaturels, ce qu'il n'est pas donné aux autres hommes de connaître.

L'objet le plus éloigné de la portée de leur faible intelligence, et celui que, dans tous les temps, ils se sont le plus obstinés à définir, est ce régulateur universel, cet auteur de la première impulsion donnée au mouvement général de la nature, cet être, en un mot, par qui on explique ce qui est incompréhensible sans lui, mais plus incompréhensible lui-même que tout ce qui sert à expliquer. Toutes les religions le reconnaissent; chacune le représente à sa manière. Le christianisme a des mystères qui lui sont propres; il en a aussi qui lui sont communs avec des religions plus anciennes: le mystère fondamental qui sert de base à tous les autres, celui qui a pour objet l'essence divine, est de ce nombre. La foi se soumet et s'humilie devant ses obscurités, mais elle ne les dissipe pas. En voyant Dante s'élever toujours de lumière en lumière, escorté de différents guides successivement chargés d'éclaircir ses doutes, et de ne laisser aucun voile impénétrable à ses yeux, on ne doit pas s'attendre que celui qui couvre le premier anneau de la chaîne mystérieuse soit entièrement levé; mais à l'aspect des grandes machines qu'il employe pour expliquer des mystères du second ordre, on sent naître et s'accroître de plus en plus l'espérance de le voir créer, pour le premier de tous, une machine plus grande et plus imposante encore, qui laissera dans l'esprit, au défaut des éclaircissements qu'il n'est pas en son pouvoir de donner, une image au-dessus de toutes les proportions connues, dont l'apparition terrassera pour ainsi dire à la fois, et l'incrédulité rebelle, et l'insatiable curiosité.

Mais quelque grande, quelque prodigieuse qu'eût été cette image, n'eût-elle pas encore été plus démesurément au-dessous de ce qu'elle eût voulu rendre, qu'au-dessus de ce que l'esprit humain peut concevoir? Supposons que le poëte eût voulu tirer un autre parti de l'emblême ingénieux des trois cercles, dont l'un est empreint de l'effigie humaine; que doué du talent de faire parler, quand il le veut, tous les objets de la nature et tous ceux que crée son génie, il eût essayé de donner une voix surnaturelle à cet emblême de la Divinité une et triple, l'abîme de lumière où il est placé comme dans un sanctuaire, aurait tremblé: tous les saints et tous les anges dont est peuplé l'Empyrée auraient tressailli de respect et seraient restés en silence; la la triple voix, fondue en une seule harmonie, se serait fait entendre; elle aurait énoncé ce que l'Éternel permet que l'on connaisse de sa nature, et reproché à l'homme, avec la véhémence que l'Écriture donne souvent à Jéhovah, sa curiosité sur ce que cette nature a d'obscurités impénétrables. Voilà sans doute un dénoûment dans le goût moderne, et qui, rendu en vers dignes du Dante, aurait fait beaucoup de fracas; mais tout ce fracas n'eût-il pas été en pure perte? N'eût-il pas été froid et mesquin par cette affectation même de grandeur, par cette ambition déplacée de donner un langage à celui que notre oreille ne peut entendre, et d'oser faire parler l'homme par la voix de Dieu? Dante a donc fait sagement de finir avec cette brièveté religieuse, et de nous donner une dernière leçon en trompant, pour ainsi dire, l'attente où il nous avait mis lui-même d'une chose impossible et hors de la portée du génie humain. Un rayon de la grâce l'illumine et lui montre tout à coup le fond de l'inexplicable mystère. Cette faveur est pour lui seul: il ne peut trouver dans son imagination ni dans sa mémoire aucune image pour la rendre sensible; l'Être éternel ne lui permet pas, et il se soumet à sa volonté. Ce dénoûment est tout ce qu'il devait, tout ce qu'il pouvait être: le poëte n'a plus rien à nous dire, et l'objet de son poëme, comme celui de son voyage est rempli.

Après l'avoir suivi dans ce voyage, d'aussi près que nous l'avons fait, nous sommes plus en état qu'on ne l'est d'ordinaire d'en apprécier la marche hardie et l'étonnante conception. Le poëme du Dante a cela de particulier, que seul de son espèce, n'ayant point eu de modèle, et ne pouvant en servir, ses beautés sont toutes au profit de l'art, et ses défauts n'y sont d'aucun danger. Quel poëte aujourd'hui, ayant à peindre un Enfer, y mettrait des objets ou dégoûtants, ou ridicules, ou d'une exagération gigantesque, tels que ceux que nous y avons vus, et surtout tels que ceux que je n'ai osé y faire voir? Quel poëte, voulant représenter le séjour céleste, figurerait en croix ou en aigle, sur toute la surface d'une planète, d'innombrables légions d'âmes heureuses, ou les ferait couler en torrent? Quel autre préférerait d'expliquer sans cesse des dogmes, plutôt que de peindre des jouissances et d'inaltérables félicités? Il en est ainsi des autres vices de composition que l'on aperçoit aisément dans la Divina Commedia, et sur lesquels il est par conséquent inutile de s'appesantir.

La distribution faite par le poëte, dans les différentes parties de son ouvrage, des matériaux poétiques qui existaient de son temps, et la manière dont il a su les y employer, peuvent donner lieu à d'autres observations.

Le génie du mal et le génie du bien, personnifiés dans les plus anciennes mythologies de l'orient, et toujours aux prises l'un avec l'autre, devinrent dans le christianisme, les anges de lumière et les anges de ténèbres, ou, populairement parlant, les anges et les diables. On se servit surtout des derniers pour effrayer le peuple: on représenta ces mauvais génies sous les traits les plus hideux; lorsqu'on les fit paraître dans des farces grossières, destinées à exalter l'esprit de la multitude par la peur, on voulut aussi que ces spectacles ne fussent pas assez tristes pour qu'elle ne pût s'y plaire; les diables furent chargés de l'égayer par des bouffonneries; on ajouta des traits ridicules à leurs attributs effrayants; on leur donna des queues et des cornes; on les arma de fourches; on en fit à la fois des monstres horribles et de mauvais plaisants. Il eût été difficile que Dante écartât de son Enfer, ces honteuses caricatures. Il était réservé à un autre grand poëte de concevoir et de peindre le génie du mal sous de plus nobles traits; de le représenter sous ceux d'un ange, dont le front porte encore la cicatrice des foudres de l'Éternel, et qui n'est en quelque sorte dépouillé que de l'excès de sa splendeur. Mais il ne faut pas oublier que Milton, qui a beaucoup profité du Dante, écrivit trois cent cinquante ans après lui.

Le christianisme n'attribue à son Enfer, que deux genres de supplices; le feu et la damnation éternelle, c'est-à-dire l'éternelle privation du souverain bien. Dante emprunta de l'Enfer des anciens, l'idée d'une variété de tourments assortie à la diversité des crimes; et cette idée, qui le sauva d'une uniformité fatigante, lui fournit des tableaux nombreux, des contrastes et des gradations de terreur. Les vents, la pluie, la grêle, des insectes dévorants et rongeurs, des tombeaux embrasés, des sables brûlants, des serpents monstrueux, des flammes, des plaines glacées, et enfin un océan de glace transparente, sous laquelle les damnés souffrent et se taisent éternellement, telles sont les terribles ressources qu'il trouva dans cette idée féconde; nous avons vu le parti qu'il en sut tirer, et les couleurs aussi fidèles qu'énergiques, qu'il répandit sur ces tableaux lugubres et douloureux.

Ce sont encore des tortures que présente le Purgatoire; mais elles ne sont plus aussi tristes, aussi pénibles pour le lecteur. Un mot, ou plutôt le sentiment qu'il exprime, fait seul ce changement; c'est l'espérance. On eut ordre de la laisser aux portes de l'Enfer; aux portes du Purgatoire on la retrouve toute entière. Elle y est; elle en pénètre toutes les parties. Elle anime les sites variés et champêtres que le poëte nous fait parcourir; elle est dans les airs, dans les rayons de la lumière, dans les souffrances mêmes, ou du moins dans les chants de ceux qui souffrent; elle est enfin comme personnifiée dans ces beaux anges, dans ces légers et brillants messagers du ciel, préposés à la garde de chaque cercle, et dont la vue rappelle sans cesse qu'on n'y est que pour en sortir.

Le Paradis ne pouvait offrir qu'un bonheur pur, sans gradation et sans mélange. C'était un écueil dangereux pour le poëte, et il n'a pas su l'éviter. Les saints, placés dans différentes sphères, n'ont à décrire que la même félicité. Le seul moyen de variété, à quelques digressions près, qui ne sont pas toutes également heureuses, est dans l'explication des difficultés que la théologie se charge de résoudre; et ce moyen, très-satisfaisant sans doute pour ceux qui sont par état livrés à ces sortes d'études, l'est très-peu pour les autres lecteurs. Aussi, dans le pays même de l'auteur, où ces études sont toujours, par de bonnes raisons, les premières et les plus importantes de toutes, le Paradis est ce qu'on lit le moins, quoique Dante n'y ait pas répandu moins de poésie de style que dans les deux autres parties, et que peut-être même, parce qu'il avait des choses plus difficiles à exprimer, il ait mis dans son expression poétique une élévation plus continue, plus d'invention et de nouveauté. Que n'a-t-il pris, pour le bonheur des élus, la même licence que pour les tourments des damnés! Que n'a-t-il gradué l'un comme il a fait les autres! Il avait pour modèle les occupations diverses des héros dans l'Élysée antique, comme il avait eu les supplices variés du Tartare; et sans doute on lui aurait aussi volontiers pardonné cette seconde innovation que la première.

Dans les trois parties de son poëme, il eut pour fonds inépuisable son imagination vaste, féconde, élevée, sensible, habituellement portée à la mélancolie, susceptible pourtant des impressions les plus agréables et les plus douces, comme des plus douloureuses et des plus terribles. Mais il donna pour aliment à cette faculté créatrice, dans l'Enfer, les tristes et menaçantes superstitions des légendes; dans le Purgatoire, les visions quelquefois brillantes de l'Apocalypse et des Prophètes; dans le Paradis, les graves autorités des théologiens et des Pères. Il en résulte dans le premier, des impressions lugubres, mais souvent profondes; dans le second, des émotions agréables et consolantes; dans le troisième, de l'admiration pour la science, pour le génie d'expression, pour la difficulté vaincue; mais, ce qui est toujours fâcheux dans un poëme, tout cela mêlé d'un peu d'ennui.

Mais il ne faut pas oublier que Dante créait sa langue; il choisissait entre les différents dialectes nés à la fois en Italie, et dont aucun n'était encore décidément la langue italienne; il tirait du latin, du grec, du français, du provençal, des mots nouveaux; il empruntait surtout de la langue de Virgile, ces tours nobles, serrés et poétiques qui manquaient entièrement à un idiome borné jusqu'alors à rendre les choses vulgaires de la vie, ou tout au plus, des pensées et des sentiments de galanterie et d'amour. Il faut se rappeler encore qu'en donnant à son poëme le nom de Commedia par des motifs que j'ai précédemment expliqués, il se réserva la privilége d'écrire dans ce style moyen et même souvent familier qui est en effet celui de la comédie, et que ce fut pour ainsi dire à son insu, ou du moins sans projet comme sans effort, qu'il s'éleva si souvent jusqu'au sublime.

Dans un siècle si reculé, après une si longue barbarie et de si faibles commencements, on est surpris de voir la poésie et la langue prendre une démarche si ferme et un vol si élevé. Dans ses vers on voit agir et se mouvoir chaque personne, chaque objet qu'il a voulu peindre. L'énergie de ses expressions frappe et ravit; leur pathétique touche; quelquefois leur fraîcheur enchante; leur originalité donne à chaque instant le plaisir de la surprise. Ses comparaisons fréquentes et ordinairement très-courtes, quelquefois pourtant de longue haleine et arrondies, comme celles d'Homère, tantôt nobles et relevées, tantôt communes et prises même des objets les plus bas, toujours pittoresques et poétiquement exprimées, présentent un nombre infini d'images vives et naturelles, et les peignent avec tant de vérité qu'on croit les avoir sous les yeux. Enfin si l'on excepte la pureté continue du style, que l'époque et les circonstances où il écrivait ne lui permettait pas d'avoir, il posséda au plus haut degré toutes les qualités du poëte, et partout où il est pur, ce qui est beaucoup plus fréquent qu'on ne pense, il est resté le premier et fort au-dessus de tous les autres.

La sculpture faisait ses premiers essais sous le ciseau de Nicolas et de Jean de Pise, et l'on regardait comme des prodiges les chaires et les autres ornements dont ils décoraient les églises de Pise, leur patrie, de Sienne, de Pistoia; ils ne faisaient pourtant qu'ouvrir la route à un Donatello, à un Ghiberti, à un Cellini; et ceux-ci ne parurent plus rien auprès du grand Michel-Ange. Dans l'architecture, Arnolpho di Lapo avait élevé à Florence le grand palais de la république; son style, qu'on appelait sublime, ne fut plus que du vieux style quand on vit l'Orcagna élever, à côté de ce palais, sa loge des Lanzi. L'Orcagna devint petit auprès de Brunelleschi. Et que devint à son tour le style tourmenté de cet architecte célèbre devant le caractère imposant et grandiose de ce Michel-Ange Buonarotti, qu'on retrouve au premier rang dans tous les arts, et devant la pureté exquise des Peruzzi et des Palladio?

Dans la poésie, au contraire, Dante s'élève tout-à-coup comme un géant parmi des pygmées; non seulement il efface tout ce qui l'avait précédé, mais il se fait une place qu'aucun de ceux qui lui succèdent ne peut lui ôter. Pétrarque lui-même, le tendre, l'élégant, le divin Pétrarque, ne le surpasse point dans le genre gracieux, et n'a rien qui en approche dans le grand ni dans le terrible. Sans doute le caractère principal du Dante n'est pas cette mélodie pure qu'on admire avec tant de raison dans Pétrarque; sans doute la dureté, l'âpreté de son style choque souvent les oreilles sensibles à l'harmonie, et blesse cet organe superbe que Pétrarque flatte toujours; mais, dans ses tableaux énergiques, où il prend son style de maître, il ne conserve de cette âpreté que ce qui est imitatif, et dans les peintures plus douces elle fait place à tout ce que la grâce et la fraîcheur du coloris ont de plus suave et de plus délicieux. Le peintre terrible d'Ugolin est aussi le peintre touchant de Françoise de Rimini. Mais, de plus, combien dans toutes les parties de son poëme n'admire-t-on pas de comparaisons, d'images, de représentations naïves des objets les plus familiers, et surtout des objets champêtres, où la douceur, l'harmonie, le charme poétique sont au-dessus de tout ce qu'on peut se figurer, si on ne les lit pas dans la langue originale! Et ce qui lui donne encore dans ce genre un grand et précieux avantage, c'est qu'il est toujours simple et vrai; jamais un trait d'esprit ne vient refroidir une expression de sentiment ou un tableau de nature. Il est naïf comme la nature elle-même, et comme les anciens, ses fidèles imitateurs.

Deux siècles entiers après lui, l'Arioste et ensuite le Tasse, dans des sujets moins abstraits et plus attachants, dégagés de cette obscurité qui naît ou des allusions ignorées, ou des mots que Dante créait et que la nation ne conserva point, ou des tours anciens qui n'ont pu rester dans la langue, composèrent deux poëmes très-supérieurs à celui du Dante, par l'intérêt qu'ils inspirent et le plaisir continu qu'ils procurent: mais on ne peut pas dire pour cela qu'ils soient au-dessus de lui, puisque partout où il est beau, ses beautés sont rivales des leurs, et le plus souvent même les surpassent. On sent moins d'attrait à le relire, mais quand il s'agit de le juger, ou n'ose plus le mettre au-dessous de personne.

Alfieri avait entrepris d'extraire de la Divina Commedia tous les vers remarquables par l'harmonie, par l'expression, ou par la pensée. Cet extrait, tout entier de sa main, a 200 pages in-4°. de sa petite écriture, et n'est pas fini. Il en est resté au 19e. chant du Paradis; j'ai lu ce cahier précieux, et j'ai remarqué au haut de la première page ces propres mots, écrits en 1790: Se avessi il coraggio di rifare questa fatica, tutto ricopierei, senza lasciarne un' iota, convinto per esperienza che più s'impara negli errori di questo, che nelle bellezze degli altri. «Si j'avais le courage de recommencer ce travail, je recopierais tout, sans en laisser une syllabe, convaincu par expérience qu'on apprend plus dans les fautes de celui-ci que dans les beautés des autres.»

Mais il est temps de quitter le Dante. Nous nous sommes arrêtés plus long-temps avec lui que nous ne le ferons avec aucun autre poëte italien. On le lit peu; on lira peut-être plus volontiers cette analyse: peut-être fera-t-elle trouver de l'attrait et de la facilité à étudier l'original même; et alors on aura beaucoup gagné. Séparons-nous donc de lui, mais ne l'oublions pas; et avant de nous occuper d'un autre grand poëte qui tient après lui, ou si l'on veut, avec lui le premier rang, revenons sur toute la partie de ce siècle où nous n'avons jusqu'ici vu que le Dante, et où d'autres objets méritent de fixer notre attention.

CHAPITRE XI.

Coup-d'œil général sur la situation politique et littéraire de l'Italie au commencement du quatorzième siècle. Renaissance des arts, en même temps que des lettres, universités, études théologiques; philosophie, astrologie, médecine, alchimie; droit civil et droit canon; histoire; poésie; poëtes italiens avant Pétrarque.

Cette ardeur pour l'indépendance et pour la liberté, qui avait armé les villes d'Italie, et en avait fait presque autant de républiques, avait eu pour la plupart un effet tout contraire à leurs désirs. Presque toutes rivales entre elles, il avait fallu que chacune remit à l'un de ses citoyens les plus puissants le soin de son gouvernement et de sa défense. Une fois maîtres du pouvoir, ils ne voulaient plus s'en dessaisir; pour les y forcer, il fallait choisir quelqu'autre chef capable de les combattre et de les vaincre; et il en résultait souvent qu'au lieu d'un maître, la même ville en avait deux, ne sachant auquel obéir, et divisée en deux factions contraires. Dans la Lombardie et dans la Romagne, tel était, au quatorzième siècle, l'état de la plupart des villes. Celles de Toscane, et surtout Florence, étaient plus que jamais déchirées par les trop fameuses querelles des Blancs et des Noirs. Il n'y avait, en un mot, presque aucun point dans toute l'Italie qui ne fût bouleversé par les factions et par la guerre.

Au lieu que Giotto et Cimabué ont été célébrés par le Dante, par Boccace et par d'autres poëtes toscans.

L'autorité du siége pontifical en souffrit. Les Gibelins, toujours opposés aux papes, profitèrent de leur absence pour les décréditer et pour s'agrandir. Rome respecta moins leurs décrets, les traita même avec mépris; l'Europe entière craignit et révéra moins les papes d'Avignon que les papes de Rome. Que pouvaient-ils dans cet éloignement? traiter d'hérésies les révoltes, faire jouer avec plus d'activité, tendre outre mesure le ressort de l'Inquisition: ils le firent; mais les confiscations et les bûchers ne leur rendirent ni l'autorité ni la vénération des peuples; remplacer par mille inventions fiscales de la chancellerie apostolique les revenus que les factions et les séditions leur enlevaient en Italie? ils le firent encore: ils devinrent plus riches, mais aussi plus odieux.

C'est entre le pape Jean XXII et l'empereur Louis de Bavière, qu'éclatèrent des différents non moins scandaleux que ceux de Boniface VIII et du roi Philippe-le-Bel. Le pape commença par déposer Louis comme hérétique et contumace; Louis n'en marcha pas moins vers Rome, où il se fit couronner solennellement trois mois après avec plus de solennité, il y fit déposer publiquement le prêtre Jacques de Cahors, évêque de Rome, qui se nommait le pape Jean, le livra au bras séculier pour être brûlé comme hérétique, et lui donna pour successeur un cordelier napolitain: mais il ne put soutenir son anti-pape; et Jean XXII, avant de mourir, eut la consolation de le voir remis entre ses mains, et de lui faire faire une abjuration en bonne forme.

On voudrait en vain dissimuler tous ces scandales. L'histoire les dénonce: elle veut qu'ils soient indiqués, si l'on s'abstient de les décrire. Ceux qui nous en feraient un crime devaient au moins nous apprendre comment on pourrait parler de la littérature italienne sans parler de l'Italie, ou de l'Italie sans parler des papes, ou des papes autrement que l'Histoire.

Robert ne se plaisait que dans la conversation des savants; il aimait à les entendre lire leurs ouvrages, et leur donnait des applaudissements et des récompenses. Il invitait à venir à sa cour tous ceux qui avaient quelque renommée, et ceux même qu'il n'appelait pas s'y rendaient, certains d'y recevoir l'accueil qui leur était dû. Enfin il avait rassemblé à grands frais une riche bibliothèque dont il confia la garde à Paul de Pérouse, l'un des plus savants hommes de son temps.

Les Visconti à Milan, les Carrara à Padoue, les Gonzague à Mantoue, les princes d'Est à Ferrare, n'étaient pas moins favorables aux lettres; l'exemple des chefs étant presque partout imité par les plus simples citoyens, l'enthousiasme devint si général, qu'il n'y a peut-être aucun autre siècle où les savants aient reçu plus d'encouragements et d'honneurs. C'était eux que l'on chargeait des ambassades les plus importantes. Dans toutes les villes où ils passaient, on allait au-devant d'eux; on leur prodiguait tous les témoignages d'admiration et de respect; et, à leur mort, les seigneurs des villes où ils avaient cessé de vivre se faisaient honneur d'assister à leurs funérailles. Les universités et les écoles déjà fondées prenaient plus de consistance et d'activité. Le tumulte des armes, qui ne les empêchait point de fleurir, n'empêchait pas non plus qu'il ne s'en élevât de nouvelles. Ce même esprit de rivalité qui armait l'un contre l'autre les princes et les peuples, les portait à chercher à l'envi tous les moyens de donner chacun à leurs petits états plus de réputation et plus de grandeur. Quelquefois on voyait des professeurs occuper tranquillement leurs chaires, tandis qu'on se battait sous les murs d'une ville, ou même sur les places et dans les rues. Quelquefois aussi les chaires étaient renversées, les professeurs chassés, les écoliers mis en fuite; mais ils revenaient bientôt, soit sous le même gouvernement, soit sous celui qui en avait pris la place; et les études reprenaient leur cours.

Mais s'il n'était pas magicien, il était du moins plus entêté que personne des rêveries astrologiques. Il voulut persuader aux habitants de Padoue de rebâtir leur ville sous une certaine conjonction de planètes qui parut de son temps, et qu'il jugeait la plus heureuse du monde; ils trouvèrent l'expérience un peu trop chère, et laissèrent Padoue telle qu'elle était. Il l'embellit pourtant d'un monument de sa science favorite; il fit peindre sur les murs du palais un grand nombre de figures représentant les planètes, les étoiles et les diverses actions qui dépendaient de leur influence.

Lors même qu'il opérait comme médecin, il n'oubliait pas qu'il était astrologue, et il rapportait au cours des astres les périodes de la fièvre. A cela près, ce fut un des plus savants médecins de son siècle. On croit qu'il fut le premier à professer publiquement la médecine dans l'Université de Padoue. Il y acquit une grande réputation et une grande fortune; mais il attira aussi l'envie, qui renouvela plusieurs fois contre lui les accusations d'hérésie et de sortilége. Comme magicien, il avait, prétendait-on, sept esprits familiers renfermés dans un vase de cristal, et toujours prêts à exécuter ses ordres; comme hérétique, une des erreurs dont on l'accusait était de ne pas croire au diable; et il lui fallut se justifier de ces deux accusations à la fois. Le dernier procès de cette espèce qu'il eut à soutenir ne fut point achevé. Il mourut en 1315, avant le jugement, et ôta ainsi aux charitables inquisiteurs l'espérance de le purifier de ses erreurs dans les bûchers du Saint-Office.

Cecco n'était pas médecin, comme quelques auteurs l'ont prétendu; mais plusieurs médecins donnaient alors dans les mêmes folies que lui, et, suivant l'exemple de Pierre d'Abano, ils jugeaient de la fièvre par les astres, et traitaient les maladies par la méthode des influences et des conjonctions. La médecine, quoique cultivée avec beaucoup d'émulation dès le siècle précédent, était pour ainsi dire encore naissante. Elle se traînait toujours sur les pas des Arabes, et n'avait aucun de ces principes fixes que l'expérience a dictés, mais dont les applications sont encore si incertaines. On l'enseignait dans les universités, on la pratiquait avec un grand appareil d'érudition et d'orgueil doctoral; on écrivait d'énormes volumes de commentaires sur Hippocrate et sur Galien, tels qu'on les connaissait par les Arabes; mais rien ne devait rester de tout cela, que les noms très-inutiles de quelques docteurs; et l'art était toujours dans son enfance.

Le fonds déjà si riche de la jurisprudence canonique s'accrut à cette époque, du recueil des Clémentines, c'est-à-dire, des Décrétales de Clément V, publiées par Jean XXII. Ce dernier pape, dans le cours de son long pontificat, eut le temps d'ajouter lui-même à toutes les collections précédentes un grand nombre de décrétales. Mais comme elles ne furent point revêtues de l'approbation d'un autre pape, ou de celle de l'Église, ni envoyées aux écoles avec les femmes proscrites, elles restèrent simplement annexées au corps des ecclésiastiques, sous le titre singulier d'Extravagantes, que personne ne s'est avisé de leur ôter.

Il serait trop long de faire mention de tous les auteurs qui, dans toutes les parties de l'Italie, écrivirent alors en latin des histoires, soit particulières, soit générales. Quoique l'usage presque universel fût encore d'écrire dans cette langue, la langue vulgaire prenait cependant chaque jour de nouveaux accroissements; et parvenus comme nous le sommes à la littérature italienne, nous devons passer légèrement sur tout le reste, pour nous occuper plus à loisir des auteurs qui en ont fait l'éclat et la gloire.

Ce n'est pas tout-à-fait dans ce rang qu'on doit placer l'auteur de certains cantiques spirituels, où l'on reconnaît pourtant de la verve et une sorte de génie parmi beaucoup de duretés, de grossièretés et d'incorrections de toute espèce. C'était un moine de l'ordre de St.-François, ou plutôt un frère convers, et qui ne voulut jamais être autre chose; nommé Iacopone ou Iacopo da Todi, parce qu'il était né dans cette ville. Il appartient au treizième siècle plus qu'au suivant, puisqu'il mourut en 1306. C'est un oubli qu'il est encore temps de réparer. Iacopo, par un esprit de sainteté fort extraordinaire, imagina de passer pour fou. On le prit au mot; les petits enfants couraient après lui, en l'appelant par dérision Iacopone: c'est ce nom qui lui est resté. Ses supérieurs contribuèrent encore à sa sanctification en le jetant en prison dans l'endroit le plus infect du couvent, pour je ne sais quelle faute, que, de l'humeur dont il était, il fit peut-être exprès. Il y composa un cantique, où il ne parle que de joie et d'amour.

Tandis que le pape Boniface VIII assiégeait Palestrine, Iacopone, qui s'y trouvait alors, fit contre lui quelques cantiques, entr'autres celui qui commence par ces mots:

Un autre poëte, dont la vie fut partagée entre les deux siècles, mais qui poussa sa longue carrière jusqu'au milieu du quatorzième, est Francesco da Barberino. Il était né en 1264, au château de Barberino en Toscane, et fut, à Florence, un des disciples de Brunetto Latini. Il suivit avec distinction la carrière des lois, à Bologne, à Padoue, à Florence même, et devint un jurisconsulte célèbre. Mais ses graves études ne l'empêchèrent point de cultiver la poésie; son principal ouvrage, intitulé les Documents d'Amour (i Documenti d'Amore), est en vers de différentes mesures. Son style manque souvent de facilité, d'élégance, et se sent un peu trop des tours et des expressions de la langue provençale que l'auteur cultivait autant que sa propre langue. Cependant les Académiciens de la Crusca l'ont aussi rangé parmi les auteurs classiques; mais ils n'offrent de lui pour exemple que ce qui est d'un toscan pur, attention qu'ils ont eue de même pour Iacopone da Todi. Nous ne devons donc pas, nous autres Français, croire que ce qui est jargon dans ces deux vieux poëtes, fasse autorité. Au reste l'ouvrage de Francesco da Barberino n'est pas, comme le titre paraît l'annoncer, un livre d'amour, mais un traité de philosophie morale, divisé en douze parties, dans chacune desquelles l'auteur parle de quelque vertu et des récompenses qui y sont destinées. Ce poëme, resté long-temps manuscrit, parut pour la première fois à Rome, en 1640, avec de fort belles gravures, précédé de la vie de l'auteur, écrite par Ubaldini, et suivi de tables alphabétiques très-utiles, vu le grand nombre de locutions et de mots étrangers que ce poëte a employés dans ses vers. Il mourut à Florence, à quatre-vingt-quatre ans; et fut encore une des victimes de cette peste terrible de 1348, qui frappa indistinctement tous les âges.

C'est un Traité en cinq livres, divisés chacun en un assez grand nombre de chapitres. Le premier livre traite du ciel, des éléments, et des phénomènes célestes; le second, des vertus et des vices; le troisième, de l'amour, et ensuite de la nature des animaux et de celle des pierres précieuses; le quatrième, contient des questions ou problèmes sur divers points d'histoire naturelle; enfin le cinquième, qui n'a qu'un seul chapitre, traite de la religion et de la foi. Le tout est écrit en sixains, d'un style sec, dur, dépourvu d'harmonie, d'élégance et de grâce; et de plus tout rempli de ces rêveries astrologiques, qui étaient la passion favorite de l'auteur, et le conduisirent à sa perte.

Quelquefois on croit entendre, ou à peu près; on voit un sentiment personnifié qui agit et qui parle; on est même touché par le mouvement du style, par la vivacité des tours, et par l'harmonie des vers; mais le fait est qu'on n'a rien lu de clair, d'intelligible et de naturel, que l'esprit et le cœur n'ont, pour ainsi dire, vu et embrassé qu'un fantôme. Je citerai pour exemple, ces deux sonnets qui se suivent, et dont l'un est le complément nécessaire de l'autre. Ce sont à peu près les plus agréables et les moins alambiques de cette partie du Recueil.

La pitié que le poëte charge de porter ses vers, de les présenter aux belles, amies de sa maîtresse, et ces vers jetés à leurs pieds, qui parlent et intercèdent pour lui, voila ce que l'on croit saisir dans ces deux sonnets, qui ne manquent au reste ni de grâce, ni d'harmonie; mais au fond, qu'est-ce que tout cela veut dire? et qu'y a-t-il de vraiment amoureux dans de pareils vers d'amour? C'est cependant presque toujours ainsi que ce poëte s'exprime quand il se plaint ou quand il cherche à plaire; mais quand il se fâche, il parle plus clairement, et son dépit s'énonce avec plus de naturel que son amour. Je pourrais citer pour preuve, un sonnet qui commence par ce vers:

Ces mêmes recueils contiennent encore des vers de quelques autres poëtes du même âge, qui eurent plus ou moins de réputation; un Benuccio Salimbeni, un Bindo Bonichi, un Antonio da Ferrara, un Franscesco degli Albizzi, un Sennuccio del Bene, intime ami de Pétrarque, avec qui tous les autres eurent aussi des liaisons d'amitié. Ce qui reste d'eux nous les fait voir tous occupés du même sujet, qui est l'amour, et l'on pourrait en quelque sorte les croire tous amoureux du même objet, puisqu'aucun d'eux ne dit le nom de sa maîtresse, aucun ne la peint sous des traits particuliers et sensibles; tous parlent de même de leurs peines, de leurs soupirs, de leur vie languissante, de la mort qu'ils implorent, de la pitié qu'on leur refuse, du feu qui les brûle et du froid qui les glace. Ils suivent obstinément les fausses routes que les premiers poëtes leur avaient ouvertes dans le treizième siècle. Ils s'y engagent plus avant: ils défigurent de plus en plus l'expression d'un sentiment dont ils parlent sans cesse et qu'ils ne peignent jamais: ils s'écartent de plus en plus de la nature.

Un grand poëte qui les surpassa tous, fut entraîné trop souvent par leur exemple; mais lors même qu'il n'écouta comme eux que son esprit, il y joignit ce qu'ils n'avaient pas, le génie. Il eut ce qui ne leur manquait pas moins, un sentiment profond dont son esprit; son imagination et son cœur furent pénétrés toute sa vie; partout où il fut vrai, touchant, mélancolique, il le fut avec un charme que personne, excepté Dante, n'avait donné avant lui aux affections douces et tristes. C'est là ce qui fait aujourd'hui la gloire poétique de Pétrarque, mais il s'en faut bien que ce soit là tout ce que nous devons considérer en lui. Le poëte le plus aimable de son siècle, fut à la fois un personnage politique, un philosophe supérieur aux vaines arguties de l'école, un orateur éloquent, un érudit zélé pour la gloire des anciens, mais surtout curieux de tout ce qui pouvait servir à celle de son pays, de son siècle, et à l'instruction des hommes de tous les pays et de tous les temps.

CHAPITRE XII.

PÉTRARQUE.

SECTION Ire.

Depuis sa naissance jusqu'à l'an 1348.

La vie de la plupart des hommes célèbres dans les lettres et dans les arts est peu fertile en événements. Le biographe, qui veut y donner quelque étendue, est obligé de suppléer à la sécheresse du sujet par les accessoires dont il l'embellit. Leurs études et leurs travaux littéraires en font presque le seul fond; et l'Histoire ne peut pas en tirer un grand parti, si ces études et ces travaux n'ont pas exercé une grande influence sur les lumières de leur siècle. Les sentiments et les passions qui les ont agités ont peu d'intérêt, quand ils n'en ont pas fait le sujet de leurs ouvrages, quand il n'y a pas eu chez eux un rapport immédiat entre les affections du cœur et les créations du génie: ces affections sont mises au rang des faiblesses peu dignes d'occuper une place dans le souvenir des hommes, lorsque ce n'est pas par l'expression de ces faiblesses mêmes que ceux qui les ont eues s'y sont placés.

Il en est tout autrement de la vie de Pétrarque. Evénements, travaux, passions, tout y intéresse; la carrière d'un homme, qui joua un rôle sur le théâtre du monde, est en même temps celle d'un savant, littérateur et philosophe; et les agitations d'une âme tendre et d'un cœur passionné, quittent en lui le caractère du roman et prennent celui de l'histoire, parce que ses longues et constantes amours furent l'éternel objet de ses chants, et par ceux-ci la source même de sa gloire. L'embarras que je dois éprouver en traitant un sujet si riche est donc de le resserrer dans de justes bornes; je dois l'assortir à la nature de cet ouvrage plus qu'à celle du sujet, et ne pas demander à l'attention tout ce qu'elle m'accorderait sans doute, mais aux dépens des autres objets qui nous appellent. Vouloir tout dire en trop peu d'espace m'exposerait à une sécheresse de faits et de style que le nom même de Pétrarque rendrait plus sensible; je choisirai donc, et je traiterai légèrement ce qui n'influa ni sur les progrès de son siècle, ni sur les productions de son génie, pour développer davantage ce qui, sous ces deux rapports, appartient à l'histoire du cœur humain ou à celle des lettres.

La famille de Pétrarque était ancienne et considérée à Florence, non par les titres, les grands emplois ou les richesses, mais par une grande réputation d'honneur et de probité, qui est aussi une illustration et un patrimoine. Son père était notaire, comme l'avaient été ses aïeux; et cette fonction était alors relevée par tout ce que la confiance publique peut avoir de plus honorable. Il se nommait Pietro; les Florentins qui aiment à modifier les noms, pour leur donner une signification augmentative ou diminutive, l'appelèrent Petracco, Petraccolo, parce qu'il était petit.

C'était avec cette même ardeur qu'il suivait ses études. Il eut bientôt devancé tous ses camarades. Mais des études purement littéraires ne pouvaient lui procurer un état. Son père voulut qu'il y joignit celle du droit, et surtout du droit canon qui était alors le chemin de la fortune. Il l'envoya d'abord à l'Université de Montpellier, où le jeune Pétrarque resta quatre ans sans pouvoir prendre de goût pour cette science, et sentant augmenter de plus en plus celui qu'il avait pour les lettres, surtout pour Cicéron, à qui, dès ses premières années, il avait voué une sorte de culte. Cicéron, Virgile et quelques autres auteurs anciens, dont il s'était fait une petite bibliothèque, le charmaient plus que les Décrétales; Petracco l'apprend, part pour Montpellier, découvre l'endroit où son fils les avait cachés dès qu'il avait appris son arrivée, les prend et les jette au feu; mais le désespoir et les cris affreux de son fils le touchent; il retire du feu, et lui rend à demi-brûlés, Cicéron et Virgile. Pétrarque ne les en aima que mieux et n'en conçut que plus d'horreur pour le jargon barbare et le fatras des canonistes.

Jean XXII occupait alors à Avignon la chaire pontificale. Sa cour était horriblement corrompue; et la ville, comme il arrive toujours, s'était réglée sur ce modèle. Dans cette dépravation des mœurs publiques, Pétrarque, à vingt-deux ans, livré à lui-même, sans parens et sans guide, avec un cœur sensible et un tempérament plein de feu, sut conserver les siennes; mais il ne put échapper aux dissipations qui étaient l'occupation générale de la cour et de la ville. Il fut distingué dans les sociétés les plus brillantes, par sa figure, par le soin qu'il prenait de plaire, par les grâces de son esprit, et par son talent poétique, dont les premiers essais lui avaient déjà fait une réputation dans le monde. Ils étaient pourtant en langue latine; mais bientôt, à l'exemple du Dante, de Cino et des autres poëtes qui l'avaient précédé, il préféra la langue vulgaire, plus connue des gens du monde, et seule entendue des femmes. Des études plus graves remplissaient une partie de son temps. Il le partageait entre les mathématiques, qu'il ne poussa cependant pas très-loin, les antiquités, l'histoire, l'analyse des systèmes de toutes les sectes de philosophie, et surtout de philosophie morale. La poésie, et la société, où il jouissait de ses succès, occupaient tout le reste.

Lombès, petite ville mal bâtie, et non moins mal située, eût été pour lui une triste prison, sans la société du jeune prélat et de deux hommes du plus haut mérite qu'il y avait menés avec lui. L'un était un gentilhomme romain nommé Lello; l'autre, né sur les bords du Rhin, près Bois-le-Duc, s'appelait Louis. Pétrarque en fit ses amis les plus intimes. Ce sont eux qu'il désigne si souvent dans ses lettres, l'un sous le nom de Lœlius, et l'autre sous celui de Socrate. Après un été aussi agréable qu'il pouvait l'être dans une telle ville, et loin de Laure, il revint à Avignon avec l'évêque, qui le présenta comme son meilleur ami à son frère aîné, le cardinal Jean Colonne.

Cependant son amour pour Laure prenait chaque jour plus de forces. A la ville, à la campagne, dans le monde et dans la solitude, il ne paraissait plus occupé d'autre chose. Tout lui en retraçait l'image; et confondant cet amour avec celui de la gloire poétique, le nom de Laure lui rappelait la laurier qui en est l'emblême; la vue ou l'idée même d'un laurier le transportait comme celle de Laure. Ses vers, où il retraçait toutes les petites scènes d'un amour dont ils étaient les seuls interprètes, jouent trop souvent sur cette équivoque; mais, comme beaucoup d'autres jeux de son esprit, celui-ci trouve une sorte d'excuse dans cette préoccupation continuelle du même sentiment et du même objet.

Le roi fut curieux de connaître le poëme de l'Afrique. Pétrarque lui en lut quelques livres, dont il fut si enchanté, qu'il témoigna le désir d'en recevoir la dédicace. Le poëte promit, et il tint parole au prince, même après sa mort. Robert ne se lassait point d'avoir avec lui, soit des conférences publiques sur la poésie ou sur l'histoire, soit des entretiens particuliers. Il en remportait chaque jour plus d'estime. Voulant donner à ce sentiment un grand éclat, et répondre au vœu que Pétrarque lui-même avait formé, il lui fit subir publiquement un examen sur toutes sortes de matières de littérature, d'histoire et de philosophie. Cet examen dura trois jours, depuis midi jusqu'au soir. Le troisième jour il le déclara solennellement digne de la couronne poétique, et consigna dans des lettres-patentes son examen et son jugement. Dans son audience de congé, après lui avoir fait promettre qu'il reviendrait bientôt le voir, le roi se dépouilla de la robe qu'il portait ce jour-là, et la lui donna, en disant qu'il voulait qu'il en fût revêtu le jour de son couronnement au Capitole: enfin, pour se l'attacher au moins par un titre, il lui fit expédier un brevet de son aumônier ordinaire.

Empressé de reparaître à Avignon avec sa couronne, Pétrarque en reprit la route peu de jours après, mais par terre, et en traversant la Lombardie. Il se détourna un peu pour aller voir à Parme son ami Azon de Corrége et sa famille. C'était le moment où, après avoir commandé dans cette principauté pour son neveu, Mastino della Scala, Azon venait de s'en rendre maître sous prétexte de l'affranchir. Il retint Pétrarque auprès de lui par tous les témoignages d'amitié, de confiance; il le consultait sur son gouvernement, sur ses opérations, sur toutes ses affaires; il ne lui parlait que du bonheur qu'il voulait répandre, que de suppression d'impôts, de bonne administration, de libéralités, de liberté; mais rien ne pouvait changer dans Pétrarque son goût pour le recueillement, la méditation, la solitude. Dès qu'il pouvait disposer de lui, il errait dans les environs de Parme avec ses deux compagnes inséparables, la poésie et l'image de Laure. Il choisit dans la ville même une petite maison avec un jardin et un ruisseau; il la loua d'abord, l'acheta ensuite, et la fit rebâtir selon son goût. C'est là qu'il termina son poëme de l'Afrique; c'est là qu'il aurait passé l'année peut-être la plus heureuse de sa vie s'il n'y avait été troublé presque coup sur coup par la perte de ses meilleurs amis.

L'accueil que lui fit Clément VI, fut proportionné à la crainte qu'il avait eue de le perdre, et aux progrès de sa renommée qui allait toujours croissant. Il voulut le fixer par une faveur plus solide. La charge de secrétaire apostolique était vacante, il la lui offrit. C'était une place d'intime confiance et de grand crédit, mais laborieuse et assujétissante; Pétrarque, qui ne voulait point de chaînes, même dorées, la refusa. Ses autres chaînes, celles que son cœur ne pouvait briser, devinrent plus légères au moment de son retour. Laure, charmée de le revoir, le traita mieux; mais bientôt elle reprit ses rigueurs accoutumées, et la lyre de Pétrarque ses chants plaintifs.

Transporté de joie à ces nouvelles, il écrivit à Rienzi, une lettre éloquente, pour le féliciter de ses succès, et l'encourager dans son entreprise. Il le défendit avec toute la chaleur et l'énergie de la persuasion et de l'amitié à la cour du pape. La première impression y avait été celle d'une terreur panique, et malgré les moyens adroits que le Tribun avait employés pour se rendre cette cour favorable, il s'en fallait beaucoup qu'il obtînt une approbation aussi générale que l'avait été la terreur. Bientôt les folies de Rienzi diminuèrent encore le nombre de ses partisans, et redonnèrent à ses ennemis plus d'audace. Pétrarque les ignorait ou refusait d'y croire, et continuait de correspondre avec lui sur le ton de l'amitié, de l'approbation et du conseil. Il voulut aller lui-même le diriger et le soutenir. Tous ses anciens motifs pour s'établir définitivement en Italie, se présentèrent de nouveau à son esprit. Ses amis de Lombardie et de Toscane, renouvelèrent leurs instances. Il dit encore une fois adieu à ceux d'Avignon, à son Parnasse de Vaucluse, au pape, au cardinal Colonne, à sa chère Laure. Il la vit dans un cercle de femmes où elle allait ordinairement; elle était sans parure, sérieuse et pensive. Son air était plus triste encore qu'à leurs premiers adieux. Son amant ému jusqu'aux larmes, se retira sans rien dire, en s'efforçant de les cacher. Laure le suivit avec un regard si pénétrant et si tendre, qu'il fut toujours gravé dans sa mémoire et dans son cœur. De tristes présentiments semblaient dire à l'un et à l'autre qu'ils ne se verraient plus.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 1: (retour) On croit communément qu'Homère vivait 900 ans avant J.-C.Note 2 · L'invention est la première des qualités poétiques: le premier rang parmi les poëtes est unanimement accordé aux inventeurs. Mais en convenaNote 3 · Note 2: (retour) Gravina, Della ragion poëtica, l. I, c. XVI.Note 4 · Long-temps avant Homère, des figures et des symboles imaginés pour exprimer les phénomènes du ciel et de la nature, avaient été personnifiésNote 5 · Note 3: (retour) J'ai observé dans le chapitre précédent qu'il fallait en excepter M. Corniani, le dernier qui ait écrit sur l'Histoire littNote 6 · Mais comment se transportera-t-il sur ces trois théâtres pour y voir lui-même ce qu'il veut représenter? Les visions étaient à la mode; son Note 7 · Note 4: (retour) Pensando a capo chino, Perdei il gran camino, Et tenni alla traversa D'una selva diversa. Tesoretto.Note 8 · Note 5: (retour) Or va mastro Brunetto Per un sentieri stretto Cercando di vedere E toccare e sapere Cio' che gli è destinato, etc.Note 9 · Note 6: (retour) Vidi Ovidio maggiore Che gli atti dell'amore Che son così diversi Rassembra e mette in versi.Note 10 · Note 7: (retour) Ch'io v'era si invescato Che gia da nullo lato Potea mover passo. Così fui giunto lasso E messo in mala parte; Ma Ovidio peNote 11 · Note 8: (retour) Or mi volsi di canto E vidi un bianco manto: Et io guardai più fiso E vidi un bianco viso Con una barba grande Che su 'l peNote 12 · Brunetto Latini, qui était Guelfe, raconte qu'après la défaite et l'exil des Gibelins la commune de Florence l'avait envoyé en ambassade aupNote 13 · Note A: (retour) Pour Astronomia.Note 14 · Note 9: (retour) On nous a donné dans le Publiciste, 30 juillet 1809, des renseignements sur l'origine du poëme du Dante, tirés d'un journalNote 15 · Note 10: (retour) Dans la Vita nuova. Voyez ce qui en a été dit, t. I, p. 466.Note 16 · Voilà donc une vision du poëte, une description de lieux et d'objets fantastiques, un égarement dans une forêt, une peinture idéale de vertuNote 17 · Note 11: (retour) Rivarol.Note 18 · Telle est cette immense machine dans laquelle on ne sait ce qu'on doit admirer le plus, ou l'audace du premier dessin, ou la fermeté du pincNote 19 · Note 12: (retour) L. XI.Note 20 · L'idée mélancolique d'une seconde vie où sont punis les crimes de la première, se trouve dans toutes les religions, d'où elle a passé dans tNote 21 · Note 13: (retour) V. Fabliaux ou Contes du XII et du XIIIe siècle, traduits par le Grand d'Aussy, t. II, p. 17, éd. de 1779, in 8°. Ce FabliNote 22 · Faut-il encore aller chercher bien loin où Dante a pris l'idée de son Enfer? Avait-il besoin, comme l'ont cru des auteurs même italiens, d'uNote 23 · Note 14: (retour) Le Grand d'Aussy a traduit ce Fabliau sous ce titre, dans son tome II, in-8°. p. 36. Il est intitulé dans les manuscrits, Note 24 · Note 15: (retour) Ibid, p. 36.Note 25 · Le Jongleur qui va en Enfer le prouve mieux encore 14. Ce jongleur y est emporté après sa mort par un petit diable encore novice. Lucifer, aNote 26 · Note 16: (retour) Pelli. Memorie per la vita di Dante Alighieri. §. XVII.Note 27 · Note 17: (retour) C'est au sixième livre de ce roman, depuis le ch. 160 jusqu'au chap. 188.Note 28 · Il n'en est peut-être pas de même du Puits et du Purgatoire de saint Patrice, épisode d'un vieux roman, d'où Fontanini et d'autres critiquesNote 29 · Note 18: (retour) Eloq. ital., l. I, c. XXVI.Note 30 · Note 19: (retour) Michel Poccianti, Catalogo de' scrittori fiorentini, etc.Note 31 · Note 20: (retour) Dans une lettre écrite sous le nom d'un académicien de la Crusca, imprimée à Rome dans les Simbole Goriane, tom. VII.Note 32 · Note 21: (retour) Voy. Contes et Fabliaux, etc., t. IV, p. 71. Il se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque Impériale, N. n°. 5, fonNote 33 · Note 22: (retour) Contes et Fabliaux, etc., ub. sup., p. 76.Note 34 · Note 23: (retour) Ce roman est connu en italien sous le nom de Guerino il Meschina, mais le titre entier de la première édition, qui est de Note 35 · Entre ce plan et celui du Dante il y a certainement de grands rapports; mais la question est de savoir si ce roman existait, tel qu'il est, Note 36 · Note 24: (retour) Dans son Examen du livre de Fontanini, dell' Eloq. ital.Note 37 · Note 25: (retour) Perizoma, inf. c. XXX, v. 61. Entomata pour insetti, Purg., c. X, v. 128. Geomanti, Purg. c. XIX, v. 4. Eunoè, pour buona Note 38 · Le résultat de ces recherches, où je ne veux pas m'enfoncer davantage, où peut-être même je dois craindre de m'être trop arrêté, intéresse aNote 39 · Note 26: (retour) C. I.Note 40 · Note 27: (retour) E come quei che con lena affannata Uscito fuor del pelago alla riva, Si volge all'acqua perigliosa, e guata.,Note 41 · Les commentateurs ont prodigieusement raffiné sur le génie allégorique du Dante; ils ont voulu voir partout des allégories, et le plus souveNote 42 · Note 28: (retour) Lo giorno se n'andava, e l'aer bruno Toglieva gli animai che sono'n terra Dalle fatiche loro; ed io sol'uno. M'apparechiavNote 43 · Note 29: (retour) L'amico mio, e non della ventura, Nella diserta piaggia è impedito, etc.Note 44 · Le jour déclinait, continue-t-il dans des vers dignes de Virgile 28, et l'air sombre délivrait de leurs travaux les animaux qui sont sur la Note 45 · Note 30: (retour) Quale i fioretti dal notturno gelo Chinati e chiusi, poiche'l sol gl'imbianca, Si drizzan tutti aperti in loro stelo, Tal Note 46 · Note 31: (retour) C. III.Note 47 · Les explications qu'il reçoit de Virgile rendent au poëte tout son courage; ce qu'il exprime par cette comparaison charmante: «Tel 30 que deNote 48 · Note 32: (retour) Diverse lingue, orribili favelle, Parole di dolore, accenti d'ira, Voci alte e fioche, e suon di man con elle Facevan un tNote 49 · «C'est par moi que l'on va dans la cité des pleurs; c'est par moi que l'on va aux douleurs éternelles; c'est par moi que l'on va parmi la raNote 50 · Note 33: (retour) Fama di loro il mondo esser non lassa. Misericordia et giustizia gli sdegna: Non ragioniam di lor, ma guarda, e passa.Note 51 · Note 34: (retour) Questi sciaurati, che mai non fur vivi.Note 52 · Ce séjour affreux n'est pourtant encore que celui de ces hommes indifférents qui ont vécu sans honte et sans gloire. Dante les place avec leNote 53 · Note 35: (retour) Ed ecco verso noi venir, per nave, Un vecchio bianco, per antico pelo, Griduado: Guai a voi, anime prave: Non isperate maiNote 54 · Note 36: (retour) Caron, non ti crucciare: Vuolsi così colà, dove si puote Cio che si vuole; e più non dimandare.Note 55 · Note 37: (retour) Come d'autunno si levan le foglie, L'una appresso dell'altra, in fin che'l ramo Rende alla terra tutte le sue spoglie; SimNote 56 · Les deux voyageurs s'avancent jusqu'au fleuve de l'Achéron, car Dante ne fait nulle difficulté de mêler ainsi l'ancien Enfer et le nouveau. Note 57 · Note 38: (retour) La terra lagrimosa diede vento, Che baleno una luce vermiglia.Note 58 · Note 39: (retour) Ruppe mi l'alto sonno nella testa Un greve tuono, si ch' i' mi riscossi, etc. (C. IV.)Note 59 · Note 40: (retour) E ciò avvenia di duol senza martiri, Ch' avean le turbe, ch' eran molte e grandi, D'infanti, e di femmine e di viri.Note 60 · Note 41: (retour) Per tai difetti, e non per altro rio, Semo perduti, e sol di tanto offesi Che senza speme vivemo in disio.Note 61 · Tandis que Dante interroge son maître et qu'il écoute ses réponses, la sombre campagne s'ébranle: cette terre baignée de larmes exhale un veNote 62 · Note 42: (retour) In tanto voce fu per me udita: Onorate l'altissimo poeta; L'ombra sua torna ch'era dipartíta.Note 63 · Note 43: (retour) Così vidi adunar la bella scuola Di quel signor dell'actissimo canto, Che sovra gli altri, com'aquila vola.Note 64 · Note 44: (retour) Si ch'io fui sesto tra cotanto senno.Note 65 · Cependant un feu brillant vient éclairer ce ténébreux hémisphère. Quatre ombres s'avancent, et tout ce qui les entoure paraît leur rendre hoNote 66 · Note 45: (retour) Genti v'eran ion occh tardi e graoi, Di grande autorita ne lor semb anti: Parlavan rado con voci soavi.Note 67 · Les six poëtes, en poursuivant leurs entretiens, arrivent au pied d'un château environné de sept murailles et défendu tout alentour par un fNote 68 · Note 46: (retour) C. V.Note 69 · Note 47: (retour) E quel conoscitor delle peccata Vede qual luogo d'inferno è da essa: (anima) Cignesi con la coda tante volte Quantunque grNote 70 · Note 48: (retour) Io venni in luogo d'ogni luce muto, Che mugghia, come fa mar per tempesta, Se da contrari venti è combattuto. La bufera inNote 71 · Note 49: (retour) E come gli stornei ne portan l'ali, Nel freddo tempo, a schiera larga e piena; Così quel fiato gli spiriti mali Di quà, diNote 72 · Note 50: (retour) I' cominciai: Poeta volentieri Parlerei a que' duo che'nsieme vanno, E pajon sì al vento esser leggieri. Ed egli a me: vedNote 73 · Note 51: (retour) Je ne sais si les Français, qui n'entendent pas l'Italien, pourront entrevoir dans ma traduction les beautés simples, toucNote 74 · Note 52: (retour) J'ai voulu, dans ces derniers mots, rendre par une mesure à peu près semblable l'harmonie tombante des derniers mots italiNote 75 · «Je dis à mon guide: ô Poëte 50, je voudrais parler à ces deux ombres qui vont ensemble et paraissent voler si légèrement au gré du vent. TuNote 76 · Note 53: (retour) C. VI.Note 77 · Note 54: (retour) Dello demonio Cerbero.Note 78 · Note 55: (retour) Gli occhi ha vermigli, e la barba unta e atra, E'l ventre largo, e unghiate le mani: Graffia gli spirti, gli scuoia ed isqNote 79 · Note 56: (retour) Ciacco, il tuo affanno Mi pesa sì ch'a lagrimar m'invita.Note 80 · Quand le poëte revient à lui 53, il se trouve entouré de nouveaux tourments, de quelque côté qu'il aille, qu'il se tourne ou qu'il regarde. Note 81 · Note 57: (retour) C. VII.Note 82 · Note 58: (retour) Pape Satan, pape Satan aleppe, Comincià Pluto, con la voce chioccia. Les commentateurs sont curieux à voir s'évertuer sur Note 83 · Note 59: (retour) Che tutto l'oro ch'è sotto la luna O che già fu di quest'anime stanche Non poterebbe farne posar una.Note 84 · Note 60: (retour) O creature sciocche Quanta ignoranza è quella che v'offende! Colui lo cui saver tutto trascende Fece li cieli; e diè lor cNote 85 · Nous avons vu Minos à l'entrée du second cercle, et le troisième gardé par Cerbère; Pluton en personne préside au quatrième 57. Pluton, le gNote 86 · Note 61: (retour) Vidi genti fangose in quel pantano, Ignude tutte e con sembiante offeso. Questi si percotean, non pur con mano, Ma con la Note 87 · Note 62: (retour) C. VIII.Note 88 · Note 63: (retour) Quanti si tengon or lassù gran regi Che quì staranno come porci in brago, Di se lasciando orribili dispregi!Note 89 · Note 64: (retour) C. IX.Note 90 · Note 65: (retour) Vidi dritte ratto Tre furie infernal di sangutte tinte, Che membra femminili avean ed atto E con idre verdissime eran cintNote 91 · La cité se présente avec ses tours enflammées et ses murs de fer. Phlégias dépose les deux poëtes à l'une des portes. Elle est gardée par deNote 92 · Note 66: (retour) E già venia su per le torbid onde Un fracasso d'un suon pien di spavento, Per cui tremavan amendue le sponde; Non altrimenNote 93 · Note 67: (retour) E non fe' motto a noi, ma fe' sembiante D'uomo cui altra cura stringa e morda Che quella di colui che gli è davante.Note 94 · Note 68: (retour) E veggio ad ogni man grande campagna, Piena di duolo e di tormento rio.Note 95 · «Déjà s'avançait sur les noires eaux du Styx un bruit qui répandait l'épouvante et faisait trembler les deux rivages 66. Tel qu'un vent impéNote 96 · Note 69: (retour) C. X.Note 97 · Note 70: (retour) Suo cimitero da questa parte hanno Con Epicuro tutti i suoi seguaci Che l'anima col corpo morta fanno.Note 98 · L'imagination du poëte lui rappelle les plaines d'Arles, ou était un grand nombre de tombeaux célèbres par des traditions fabuleuses, et lesNote 99 · Note 71: (retour) Quando s'accorse d'alcuna dimora Ch'io faceva dinanzi alla riposta, Supin ricadde e più non parve fuora.Note 100 · Tandis que Dante et lui, après s'être reconnus, se parlent avec quelque aigreur, une autre ombre se lève d'un tombeau voisin, regarde alentoNote 101 · Note 72: (retour) C. XI.Note 102 · Note 73: (retour) Parce qu'elle consiste, non dans l'abus des forces qui lui sont communes avec les autres animaux, mais dans l'abus de l'inNote 103 · Note 74: (retour) Le texte dit: E però la minor giron suggella Del segno suo e Sodomma e Caorsa. On n'entend que trop bien ce que signifie lNote 104 · Au centre de tous ces tombeaux 72, dont le dernier est celui d'un pape, Anastase II, des pierres brisées forment l'ouverture d'un profond abNote 105 · Note 75: (retour) Au commencement du septième livre.Note 106 · Note 76: (retour) L'expression dont se sert Virgile fait voir combien le Dante avait particulièrement étudié ce traité de morale. Il ne nommNote 107 · Note 77: (retour) Filosofia, mi disse, a chi l'attende, Nota, non pure in una sola parte, Come natura lo suo corso prende Dal divino intelleNote 108 · Note 78: (retour) Virgile dit encore ici la tua fisica, pour la physique d'Aristote, dans laquelle on trouve en effet au second livre, et paNote 109 · Note 79: (retour) Ce n'est qu'implicitement que la Genèse dit cela. Le Paradis terrestre fut donné à l'homme ut operaretur et custodiret illNote 110 · Dante, avant de s'y engager, fait quelques questions à son guide. Pourquoi, lui demande-t-il, les criminels qu'ils ont vus jusqu'à présent, Note 111 · Note 80: (retour) C. XII. Le poëte appelle énergiquement ce monstre l'Infamia di Creti. On s'apercevra que dans ce chant, comme dans quelqueNote 112 · Note 81: (retour) E'l gran Centauro disse: ei son tiranni Che dier nel sangue e nell' aver di piglio: Quivi si piangon gli spielati danni.Note 113 · Note 82: (retour) Denys de Syracuse, Azzolino, nommé plus communément Eccelino, tyran de Padoue, Obizzo d'Est, marquis de Ferrare et de la MNote 114 · Ces explications finies, les deux voyageurs s'avancent vers le premier de ces trois cercles redoutables. Le monstre qui garde l'entrée du prNote 115 · Note 83: (retour) C. XIII.Note 116 · Note 84: (retour) Uomini fummo, ed or sem fatti sterpi: Ben dovrebb' esser la tua man più pia, Se state fossim' anime di serpi.Note 117 · Note 85: (retour) Pour caractériser plus fortement l'envie, poison des cours, Le Dante n'a pas craint d'employer les termes de meretrice et Note 118 · Note 86: (retour) Voy. ce que nous avons dit de lui, t. I, pages 338 et 345.Note 119 · Le centaure transporte ensuite les deux poëtes sur sa croupe de l'autre côté du fleuve, où ils trouvent un bois épais qui n'est percé d'aucuNote 120 · Note 87: (retour) C. XIV.Note 121 · Note 88: (retour) Ceci n'est raconté ni dans Quinte-Curce, ni dans Justin, ni dans Plutarque, mais se trouve dans une lettre supposée d'AlexNote 122 · Celle qui la suit est toute différente. En avançant vers le centre du cercle, on passe de ce bois dans une plaine déserte qui en forme la trNote 123 · Note 89: (retour) C. XV.Note 124 · Ce ruisseau 89 coule entre deux bords élevés comme les digues qui mettent la Flandre à l'abri de la mer, ou comme celles qui garantissent PaNote 125 · Note 90: (retour) Se tu segui tua stella, etc. J'ai cité ces vers dans le chapitre précédent, t. I, pag. 425, note(1): ils font allusion à lNote 126 · Note 91: (retour) Fort bien; mais il fallait commencer par ne point placer son cher maître dans cette exécrable catégorie de pécheurs. La déNote 127 · Dante, qui ne peut ni s'arrêter ni descendre auprès de Brunetto, marche courbé vers lui pour l'entendre, dans l'attitude du respect. «Si tu Note 128 · Note 92: (retour) Andrea de' Mozzi.Note 129 · Note 93: (retour) Il dit cela brièvement et poétiquement, en mettant le nom des rivières qui passent à Florence et à Vicence, au lieu du nomNote 130 · Reprenant ensuite son caractère ferme et élevé, il ajoute qu'il est préparé à tous les coups du sort; que ces prédictions ne sont point nouvNote 131 · Note 94: (retour) C. XVI. L'un des trois est Guidoguerra , l'autre Tegghiajo Aldobrandi , et le troisième, qui est celui qui parle dans cet Note 132 · Dante est encore arrêté par les ombres de trois guerriers florentins 94 punis pour le même vice, sans doute très-connus alors, mais qui ne sNote 133 · Note 95: (retour) Il y ici une fort belle comparaison du bruit que fait ce torrent avec celui que le Montone fait entendre, quand, descendu Note 134 · Note 96: (retour) E per le note Di questa Commedia, lettor, ti giuro, S'elle non sien di lunga grazia vote, Ch'io vidi, etc.Note 135 · Note 97: (retour) C. XVII.Note 136 · Le ruisseau, ou plutôt le fleuve du Phlégéton; qu'il côtoie toujours, tombe dans le huitième cercle par une cascade si bruyante que l'oreillNote 137 · Note 98: (retour) C. XVIII.Note 138 · Note 99: (retour) Obizzo du Este, le même qu'il a compté ci-dessus parmi les tyrans sanguinaires.Note 139 · Le huitième cercle où il arrive 98 est d'une construction particulière. C'est celui où les fourbes sont punis. Dante distingue dix espèces dNote 140 · Note 100: (retour) C. XIX.Note 141 · Note 101: (retour) La simonie n'est autre chose que la vente ou la transmission intéressée des emplois et des biens de l'Église.Note 142 · Note 102: (retour) Or convien che per voi suoni la tromba.Note 143 · Les simoniaques remplissent la troisième fosse 100. Le poëte, avant de la décrire, apostrophe ce magicien Simon, qui voulut acheter de saintNote 144 · Note 103: (retour) Voy. sur cette élection, ci-après, chap. XI, vers le commencement.Note 145 · Note 104: (retour) En 1280.Note 146 · Le fond de cette fosse est divisé en trous enflammés, où les Simoniaques sont plongés la tête la première; leurs jambes et leurs pieds tout Note 147 · Note 105: (retour) E se non fosse ch'ancor lo mi vieta La riverenza delle somme chiavi, etc.Note 148 · Note 106: (retour) Le père Lombardi me paraît expliquer cela mieux que les autres interprètes. Selon lui, un et cent sont ici des nombres déNote 149 · Le poëte une fois en verve sur ce sujet fécond, n'en reste pas là. Il interpelle Nicolas, et lui demande quelle somme Notre Seigneur exigea Note 150 · Note 107: (retour) Au temps du Dante, on croyait encore à la donation de Constantin.Note 151 · Ah! Constantin! que de maux a produits, non ta conversion, mais la dot dont tu fus le premier à enrichir le chef de l'Église 107». A ce discNote 152 · Note 108: (retour) C. XX.Note 153 · Note 109: (retour) Ce ne sont pas leurs épaules qui en sont baignées: le teste dit tout simplement: Che'l pianto degli occhi Le natiche bagnNote 154 · Note 110: (retour) Devin qui habitait les carrières de marbre des montagnes de Luni près de Carrare. Lucain a dit de lui, Pharsale, l. I, v.Note 155 · Note 111: (retour) Il n'était pourtant pas né dans cette ville même, mais dans un village voisin appelé Andès: c'est ce qui a fait dire à SiNote 156 · Note 112: (retour) Cet Eurypile est cité dans le discours du traître Simon, quelques vers après qu'il a parlé de Calchas, Énéide, l. II, v. Note 157 · La quatrième fosse 108, ou vallée à laquelle passent les deux poëtes, renferme les prétendus devins. Leur supplice est assorti à leur crime.Note 158 · Note 113: (retour) C. XXI.Note 159 · Note 114: (retour) Quale nell' Arzanà de' Viniziani Bolle l'inverno la tenace pece, A rimpalmar li legni lor non sani, etc.Note 160 · Note 115: (retour) Il dit cela dans un vers satyrique d'excellent goût. Ogni uom v'è baratlier, fuor che Bonturo. Ce Bonturo Bonturi, de la Note 161 · Note 116: (retour) Quì non ha luogo il santo Volto. Allusion à une sainte Face miraculeuse que les Lucquois prétendaient posséder, et dont iNote 162 · Note 117: (retour) Je passe ici, pour abréger, beaucoup de détails que les adorateurs du Dante regretteront peut-être: je crois pourtant qu'Note 163 · Un autre pont le conduit à la cinquième vallée 113, où sont jetés dans de la poix brûlante ceux qui ont fait un mauvais trafic et prévariquéNote 164 · Note 118: (retour) C. XXII. Io vidi già cavalier muover campo, E cominciare stormo, e far la mostra, E talvolta partir per loro scampo, etc.Note 165 · Note 119: (retour) Giampolo, ou Ciampolo.Note 166 · Note 120: (retour) Frate Gomita, favori de Nino de' Visconti de Pise, gouverneur ou président de Gallura.Note 167 · La cohorte se met en marche, cela rappelle au Dante des idées militaires, et pour ainsi dire bruyantes: sa poésie devient pompeuse et bruyanNote 168 · Note 121: (retour) C. XXIII.Note 169 · Note 122: (retour) Che prende'l figlio, e fugge, e non s'arresta, Avendo più di lui che di se cura, Tanto che solo una camicia vesta. Mot à Note 170 · Note 123: (retour) Portando sene me sovra'l suo petto Come suo figlio, e non come compagno.Note 171 · Les deux poëtes ont enfin l'adresse d'échapper à ces diables tapageurs, à cette soldatesque infernale, et de passer dans la sixième vallée 1Note 172 · Note 124: (retour) Il faut cependant être juste: Dante pouvait croire que ces noms, qui avaient brillé un instant à Florence, brilleraient aNote 173 · Dans cette sixième fosse, où les voilà parvenus, ils trouvent les hypocrites marchant à pas lents, peints de diverses couleurs, vêtus de graNote 174 · Note 125: (retour) C. XXIV. In quella parte dei giovinetto anno Che'l sole i crin sotto l'Aquario tempra, E già le nutti al mezzodì s'envannNote 175 · Avant de sortir de cette fosse, une réponse de l'un des deux Bolonais fait éprouver à Virgile un instant de trouble et même de colère; mais Note 176 · Note 126: (retour) Che seggendo in piuma In fama non sivien, nè sotto coltre: Sanza la qual chi sua vita consuma, Cotal vestigio in terra diNote 177 · Du fond de la sixième vallée où marchent les deux poëtes, il leur faut beaucoup d'efforts pour remonter sur le pont qui conduit à la septièmNote 178 · Note 127: (retour) Imitation ou traduction abrégée de ce beau passage des Métamorphoses d'Ovide: Una est, quœ reparet, seque ipsa reseminet Note 179 · Note 128: (retour) Ce misérable avait volé le trésor de la sacristie du dôme de Pistoie: un de ses amis, nommé Vanni della Nona, aussi honnêNote 180 · Note 129: (retour) C. XXV.Note 181 · Les voleurs qui ont joint la fraude au brigandage sont punis dans cette fosse. Le fond en est comblé d'un épais amas de serpents, tels que lNote 182 · Note 130: (retour) Les cinq prévaricateurs qu'il nomme avec un art particulier, et à mesure qu'il les peint comme agents ou patients de ce sNote 183 · Note 131: (retour) C. XXV. Godi, Firenze, poi che se' si grande Che per mare e per terra butti l'ali, E per lo'nferno il tuo nome si spande.Note 184 · Dans cette étrange métamorphose, les serpents qui se transforment en hommes et les hommes métamorphosés en serpents sont des damnés les uns Note 185 · Note 132: (retour) Daniello, Landino, Vellutello, Venturi, et plus récemment Lombardi.Note 186 · Note 133: (retour) Ils donnent Ulysse pour fondateur à Lisbonne, ou Ulisbonne, ville située sur cette mer.Note 187 · Note 134: (retour) Le discours d'Ulysse à ses compagnons paraît plus favorable à cette dernière vue «Ne refusez pas, leur dit-il, à ce peu dNote 188 · Une de ces flammes est double, et Virgile lui apprend qu'elle renferme Ulysse et Diomède; ils y expient l'invention frauduleuse du cheval deNote 189 · Note 135: (retour) C. XXVII.Note 190 · Note 136: (retour) Come'l bue Civilian che mugghiò prima Col pianta di colui (e ciò fu dritto) Che l'avea temperato con sua lima, Mugghiava Note 191 · Une autre flamme s'avance 135; ses pointes recourbées s'agitent en forme de langue, comme celles de la première, et font entendre des gémissNote 192 · Note 137: (retour) I fui uom d'arme, e po' fui cordigliero. Ces moines étaient ainsi nommés en France, dit le P. Lombardi, à cause de la corNote 193 · Note 138: (retour) Lo Principe de' nuovi Farisei. Ce prince est le Pape, et ces nouveaux Pharisiens, les cardinaux et les prélats de sa courNote 194 · Note 139: (retour) Lunga proniessa, con l'attender corto Ti farà trionfar nell' alto seggio. D'après ce conseil, le vieux pape feignit d'êtrNote 195 · Note 140: (retour) Lo ciel poss'io serrare e disserrare, Come tu sai: però son due le chiavi.Note 196 · C'est l'âme de Gui de Montefeltro qui est renfermée dans cette flamme. Gui reconnaît Dante, et l'interroge le premier sur l'état actuel de lNote 197 · Note 141: (retour) C. XXVIII.Note 198 · Dans la neuvième fosse de ce terrible cercle, ceux qui ont répandu des hérésies, des dissensions et des scandales, souffrent des peines de sNote 199 · Note 142: (retour) L'un d'eux avait fait récemment beaucoup de bruit. C'est un certain Frà Dolcino, ermite hérétique, qui prêchait, entr'autNote 200 · Note 143: (retour) Ou, comme Dante l'appelle, Bertram dal Bornio. Il était sans doute peu connu en Italie, parce qu'il appartient à l'histoiNote 201 · Mahomet paraît le premier. Ses intestins pendent hors de son ventre, fendu dans toute sa longueur. On peut ici, comme en plusieurs autres enNote 202 · Note 144: (retour) C. XXIX.Note 203 · Note 145: (retour) Il se nommait Geri del Bello.Note 204 · Note 146: (retour) Comment rendre autrement ces expressions, si hardiment figurées? Lamenti saettaron me diversi Che di pietà ferrati avean Note 205 · Note 147: (retour) Son nom était Griffolin. Il avait fait croire à l'imbécille Albert qu'il savait l'art de voler dans l'air, et lui avait pNote 206 · Note 148: (retour) . . . . . . . Hor fu giamai Gente si vana come la Senese? Certo non la Francesca si d'assai.Note 207 · Note 149: (retour) Per gente vana intende egli gente di poco senno. (Lombardi.)Note 208 · Les yeux du Dante, fatigués de ces tristes spectacles, sentaient le besoin de pleurer 144. Virgile le presse de hâter le pas. Le temps s'écoNote 209 · Note 150: (retour) C. XXX.Note 210 · Note 151: (retour) Quell' è l'anima antica Di Mirra scelerata, che divenne Al padre fuor del dritto amore, amica.Note 211 · Note 152: (retour) Li ruscelletti, che de' verdi colli Del Casentin discendon giuso in Arno, Facendo i lor canali freddi e molli, Sempre mi Note 212 · Note 153: (retour) Che l'immagine lor gelida, e molle L'asciuga e scalda, e nel pensier ribolle. (Gierusal. lib. c. XIII., st. 80.)Note 213 · C'est par des exemples tirés des fureurs d'Athamas et de celles d'Hécube que Dante essaie de nous faire comprendre 150 la rage que paraissaiNote 214 · Note 154: (retour) C. XXXI.Note 215 · Note 155: (retour) Quivi era men che notte e men che giorno.Note 216 · Ils marchent tous deux en silence 154 vers le puits central qui conduit au neuvième et dernier cercle de l'Enfer, et jusqu'au fond de l'abîmNote 217 · Note 156: (retour) C. XXXII.Note 218 · Note 157: (retour) Ils étaient fils d'Alberto degli Alberti, noble florentin, et s'appelaient, l'un Alexandre, et l'autre Napoléon degli AlbNote 219 · Dante, frappé de l'idée des terribles objets qui l'attendent, voudrait pouvoir former des sons plus âpres 156 et plus convenables à cet affrNote 220 · Note 158: (retour) E come'l pan per fame si manduca Cosi'l sovran li denti all' altro pose La' ve'l cervel s'aggiunge colla nuca, etc. Une fNote 221 · «Je vis, continue le poëte, deux ombres glacées dans une seule fosse: l'une des têtes couvrait l'autre, et comme un homme affamé mange du paNote 222 · Note 159: (retour) C. XXXIII. La bocca sollevò dal fiero pasto Quel peccator, forbendola a' capelli Del capo ch'egli avea diretro guasto; etNote 223 · «Le coupable détourna sa bouche de cette horrible pâture 159, et l'essuyant avec les cheveux de la tête dont il avait rongé le crâne, il me Note 224 · Note 160: (retour) Je lis più lume avec Landino, Vellutello, Alde Lombardi, et le plus grand nombre des manuscrits. Si on lit più lune, commNote 225 · «Dans la tour obscure qui a reçu de moi le nom de Tour de la Faim, et où tant d'autres ont dû être enfermés depuis, une ouverture étroite m'Note 226 · Note 161: (retour) Padre, assai ci fia men doglia Se tu mangi di noi: tu ne vestisti Queste misere carni, e tu le spoglia. Ce tercet paraissNote 227 · «Déjà ils étaient éveillés; l'heure approchait où l'on apportait notre nourriture, et chacun de nous, à cause de son rêve, doutait de la recNote 228 · Note 162: (retour) C'était encore un Cavalier Gaudente, qu'on appelait pour cela Frate Alberigo, quoiqu'il fût militaire. Il était de la maiNote 229 · Note 163: (retour) C. XXXIV. Vexilla regis prodeunt inferni, etc.Note 230 · Cette effrayante et terrible scène doit rendre languissant et faible tout ce que l'Enfer même peut encore offrir. On se soucie peu d'un AlbeNote 231 · Note 164: (retour) Le premier est Judas Iscariotte, et les deux autres, sans qu'on puisse voir quel rapport ont avec Judas ces deux meurtrieNote 232 · Note 165: (retour) Il l'énonce clairement par ces mots qu'il met dans la bouche de Virgile: Tu passasti il punto Al qual si traggon d'ogni Note 233 · Sans nous occuper donc des trois énormes faces du monstre, l'une rouge, l'autre noire et l'autre jaunâtre, de ses trois gueules écumantes quNote 234 · Note 166: (retour) C. I. Per correr miglior acqua alza le vele Omai la navicela del mia ingegno Che lascia dictro a se mar si crudele, etc.Note 235 · Note 167: (retour) Dolce color d'oriental zaffiro Che s'accoglieva nel sereno aspetto Dell' aer puro, infino al primo giro, Agli occhi miei Note 236 · Note 168: (retour) O Settentrional vedovo sito Po' che privato se' di mirar quelle!Note 237 · Si jamais l'inspiration se fit sentir dans les chants d'un poëte, c'est certainement dans les premiers vers que Dante laisse échapper avec uNote 238 · Note 169: (retour) Libertà va cercando, ch'è si cara Come sa chi per lei vita rifiuta.Note 239 · Observons que le poëte ne se livre pas à ce transport en entrant dans le Purgatoire; où il n'y a ni astres, ni cieux brillants, et où l'espéNote 240 · Note 170: (retour) Le jonc, disent ici les commentateurs, est par son écorce unie et lisse le symbole de la pureté et de la simplicité; il eNote 241 · Note 171/: (retour) C. II.Note 242 · Note 172: (retour) Je ne dis rien de plus ici de cet ange qui est peint; comme tout le reste, d'une manière admirable. Je reviendrai plus loNote 243 · Note 173: (retour) Ed el sen gì, come venne, veloce.Note 244 · Caton apprend aux deux poëtes ce qu'ils doivent faire pour gravir cette montagne d'expiations et d'épreuves. Il faut d'abord que Dante se ceNote 245 · Note 174: (retour) Amor che nella mente mi ragiona.Note 246 · Note 175: (retour) Come quando, cogliendo biada o loglio, Gli colombi adunati alla pastura, etc.Note 247 · L'une des ombres s'avance vers lui pour l'embrasser, avec tant d'affection qu'il fait vers elle un mouvement pareil. Mais il sent alors le vNote 248 · Note 176: (retour) C. III. J'omets ici beaucoup de descriptions, de discours, d'explications philosophiques; il s'agit de gravir la montagneNote 249 · Note 177: (retour) Come le pecorelle escon del chiuso, etc.Note 250 · Dante et Virgile s'avancent: ils arrivent au pied de la montagne 176, et cherchent un endroit accessible. Ils voient venir sur leur gauche uNote 251 · Note 178: (retour) C. IV.Note 252 · Note 179: (retour) Sedeva ed abbrœcciava le ginocchia, Tenendo 'l viso giù tra esse basso.Note 253 · Note 180: (retour) Ce nom est Belacqua; mais l'on n'en est pas plus avancé.Note 254 · Dante s'aperçoit, au chemin qu'a fait le soleil, du temps qui s'est écoulé sans qu'il y ait pris garde, pendant le récit de Mainfroy 178. CeNote 255 · Note 181: (retour) C. V.Note 256 · D'autres ombres un peu moins inactives 181 s'aperçoivent que le corps du Dante n'est pas diaphane, que c'est un corps vivant, un mortel; VirNote 257 · Note 182: (retour) 11 juin 1289.Note 258 · Note 183: (retour) Tu te ne porti di costui l'eterno, Per una lagrimetta che'l mi toglie.Note 259 · Buonconte avait été tué à la bataille de Campaldino 182, et l'on n'avait jamais pu retrouver son corps. C'est sur cela que Dante imagine cetNote 260 · Note 184: (retour) C. VI. Quando si parte'l gíuoco della zara, etc.Note 261 · Note 185: (retour) Solo guardando A guisa di leon quando si posa.Note 262 · Environné de ces ombres importunes, le poëte se compare à un homme qui vient de gagner une forte partie de dez 184, et qui, pendant que son Note 263 · Note 186: (retour) Ahi serva Italia di dolore ostello, Nave senza nocchiero in gran tempesta, Non donna di provincie, ma b....., etc. Ce derNote 264 · Cet élan d'un sentiment patriotique en fait naître un dans l'âme du Dante; il s'emporte avec véhémence contre l'esprit de discorde qui perdaNote 265 · Note 187: (retour) Fiorenza mia, ben puoi esser contenta Di questa digression, che non ti tocca Mercè del popol tuo, etc.Note 266 · De l'Italie en général il en vient à Florence sa patrie, et lui adresse une apostrophe assaisonnée de l'ironie la plus amère: «O Florence! tNote 267 · Note 188: (retour) Ch'a mezzo novembre Non giunge quel che tu d'ottobre fili.Note 268 · Note 189: (retour) Vedrai te simigliante a quella'nferma Che non può trovar posa in su le piume, Ma con dar volta suo dolore scherma.Note 269 · Athène et Lacédémone qui firent des lois si sages et réglèrent si bien la cité, ne firent que peu de progrès dans l'art de bien vivre, auprèNote 270 · Note 190: (retour) C. VII.Note 271 · Note 191: (retour) Cette description se termine par ces trois vers charmants; Non avea pur natura ivi dipinto, Ma di soavità di mille odori Note 272 · Note 192: (retour) Padre, e suocero son del mal di Francia.Note 273 · Cependant le poëte Sordel ne connaît encore que comme Mantouan celui qu'il a si bien accueilli sur ce seul titre; il veut enfin en savoir daNote 274 · Note 193: (retour) C. VIII. Era già l'ora che volge'l disio A' naviganti e'ntenerisce il cuore, Lo di ch' han detto a' dolci amici a dio; E Note 275 · Le soir était venu quand ces ombres cessèrent leurs chants et commencèrent un autre hymne. C'est peut-être tout ce qu'eût dit un autre poëteNote 276 · Note 194: (retour) Nous reviendrons bientôt sur ces deux anges, connue sur celui que nous avons déjà trouvé plus haut.Note 277 · Les âmes venaient de commencer un second hymne, lorsque leurs chants sont interrompus par l'arrivée de deux anges armés d'épées flamboyantesNote 278 · Note 195: (retour) C. IX.Note 279 · Note 196: (retour) Nell' ora che comincia i tristi lai La rondinella presso alla mattina, etc.Note 280 · Ils étaient assis tous cinq sur l'herbe fraîche, au lever de l'aurore 195. Dante se sent accablé de sommeil; il s'endort. «C'était l'heure dNote 281 · Note 197: (retour) C. II, v. 23 et suiv.Note 282 · Note 198: (retour) L'uccel divino.Note 283 · Note 199: (retour) C. VIII, v. 25 et suiv.Note 284 · Note 200: (retour) Velutello et Lombardi.Note 285 · Note 201: (retour) Quid superbit terra et cinis? (Ecclésiastic, c. X, v. 9.)Note 286 · Toute cette première division de la seconde partie du poëme est, comme on voit, fertile en descriptions et en scènes dramatiques. Les descriNote 287 · Note 202: (retour) C. X.Note 288 · Note 203: (retour) E più e men che re era'n quel caso.Note 289 · Note 204: (retour) Le moine Helinant ou Elinant, dans sa Chronique; Jean Diacre, dans la Vie de S. Grégoire, l'Eucologe des Grecs; et même SNote 290 · On se rappelle que l'enceinte générale du Purgatoire est composée de sept cercles, placés l'un sur l'autre autour de la montagne que Dante eNote 291 · Note 205: (retour) Sed libera nos à malo; ce que Dante traduit avec S. Chrysostôme (in Matth., c. 6) par: Délivre-nous du malin esprit, ou dNote 292 · C'est-à-dire, ou du moins à peu près, «Ne voyez-vous pas que nous sommes des vermisseaux nés pour former le papillon angélique qui doit voleNote 293 · Note 206: (retour) C'est-à-dire, que Guido Cavalcanti surpasse Guido Guinizzelli.Note 294 · Note 207: (retour) Quelques interprètes ont pensé que Dante se désigne ici lui-même; et si ce mouvement d'orgueil poétique est déplacé dans Note 295 · Quelques-unes de ces ombres se font connaître, ou sont reconnues par le poëte. Il reconnaît celle d'un peintre en miniature, nommé Oderisi dNote 296 · Note 208: (retour) C. XII.Note 297 · Le Dante, en se courbant vers cette ombre pour la mieux entendre 208, aperçoit des figures gravées sur le pavé de marbre; elles retracent auNote 298 · Note 209: (retour) C. XIII.Note 299 · Note 210: (retour) C. XIV.Note 300 · Un ange apparaît aux deux voyageurs. Sa robe était blanche et sa face brillait comme l'étoile étincelante du matin: il ouvre les bras, ensuiNote 301 · Note 211: (retour) C. XV.Note 302 · Le soleil couchant dardait ses rayons sur le visage du poëte, quand tout à coup une autre lumière frappe ses yeux si vivement qu'il est obliNote 303 · Note 212: (retour) C. XVI.Note 304 · Note 213: (retour) Esce di mano a lui che la vagheggia Prima che sia, a guisa di fanciulla, Che, piangendo e ridendo, pargoleggia. L'anima sNote 305 · Dans le troisième cercle, destiné à l'expiation de la colère, il a voulu opposer à ce péché des exemples de la vertu contraire; mais, pour vNote 306 · Note 214: (retour) Ben puoi veder che la mata condotta E la cagion che'l mondo ha fatio reo E non natura che'n voi sia corrotta. Cette opiniNote 307 · De là il s'élève à des idées politiques, à la nécessité des lois et à celle d'un chef habile qui sache régir la cité. C'est encore le GibeliNote 308 · Note 215: (retour) C. XVII.Note 309 · Note 216: (retour) Muove il lume che nel ciel s'informa, Per se o per voler che giù lo scorge.Note 310 · Note 217: (retour) Piovve dentro alla fantasia, etc.Note 311 · Note 218: (retour) C. XVIII.Note 312 · Note 219: (retour) C'est Marie qui courut en allant visiter Elisabeth dans les montagnes; et César qui, pour soumettre Herda (aujourd'hui LéNote 313 · Note 220: (retour) J'omets ici à dessein ce que Dante fait dire par une de ces ombres, celle d'un abbé de St.-Zenon à Vérone; elle lance en Note 314 · Il est enfin rendu à lui-même, et retiré comme d'un songe par l'éclat d'une lumière plus vive que toutes celles dont il avait été frappé. C'Note 315 · Note 221: (retour) C. XX.Note 316 · Note 222: (retour) Voyez, sur ce sujet, l'extrait d'un Mémoire de M. Brial, imprimé dans mon Rapport sur les travaux de la Classe d'histoireNote 317 · Une autre de ces ombres avares, parmi des plaintes qui ressemblent à celles d'une femme dans les douleurs de l'enfantement 221, tient des diNote 318 · Note 223: (retour) Allusion à la mort de Crassus, que les Parthes, connaissant son avarice, attirèrent dans un piége par l'appât d'un riche Note 319 · On ne sait dans quelles vieilles chroniques il put trouver cette origine, que sans doute il n'inventa pas; mais on peut croire qu'il ne l'eûNote 320 · Note 224: (retour) C. XXI.Note 321 · Note 225: (retour) Placide Lactance, dans ses Comment. sur Stace, imprimés à Paris en 1600. Voy. Vossius de poet. lat., c. III, et FabriciusNote 322 · Note 226: (retour) Il y eut sous Néron un Statius Surculus, qui était de Toulouse, et qui enseigna la rhétorique dans les Gaules: c'est avecNote 323 · Note 227: (retour) Cette admiration de Stace pour Virgile n'est point exagérée; il dit lui-même en s'adressant à sa Thébaïde . Nec tu divinaNote 324 · Note 228: (retour) Frate, Non far; che tu se' ombra, ed ombra vedi.Note 325 · Hugues Capet avait enfin terminé ses aveux; tout à coup la montagne tremble, Délos n'éprouva pas une secousse si forte avant que Latone y deNote 326 · Note 229: (retour) C. XXII.Note 327 · Note 230: (retour) Inferno, c. VII. Voy. ci-dessus, pag. 55 et 56.Note 328 · Note 231: (retour) Quid non mortalia pectora cogis, Auri sacra fames? (Æneid., t. III. v. 56.)Note 329 · Note 232: (retour) Allusion à ces vers célèbres de la IVe. églogue de Virgile: Magnus ab integro sœclorum nascitur ordo; Jam redit et Virgo,Note 330 · Note 233: (retour) Depuis l'an 96 de notre ère, époque de la mort de Stace, jusqu'à l'an 1300, où Dante a placé celle de sa vision, il s'étaNote 331 · Dans un entretien amical qui s'engage entre les deux poëtes latins, après ces premières effusions de cœur, Virgile, qui a rencontré Stace daNote 332 · Note 234: (retour) Inferno, c. IV. Voy. ci-dessus, pag. 39-42.Note 333 · Note 235: (retour) Ch'a poetar mi davano intelletto.Note 334 · Note 236: (retour) C. XXIII.Note 335 · Stace apprend à son tour de Virgile, qu'il interroge, ce que sont devenus Térence, Plaute et tous les autres poëtes latins célèbres. Ils sonNote 336 · Note 237: (retour) Frère de Corso Donati, et non pas du célèbre jurisconsulte François Accurse, comme le disent presque tous les commentateuNote 337 · Note 238: (retour) Quai barbare fur mai, quai Saracine. Cui bisognasse, per far le ir coverte O spiritali o altre discipline?Note 338 · Dante reconnaît parmi eux Forèse 237, un de ses amis, dont la mort lui avait coûté des larmes. Forèse doit à Nella son épouse d'être admis dNote 339 · Note 239: (retour) C. XXIV.Note 340 · Note 240: (retour) Bolsena est une petite ville de Toscane, près de laquelle est un lac de même nom, où l'on pêchait d'excellentes anguillesNote 341 · Note 241: (retour) Donne, ch' avete intelletto d'amore. C'est le premier vers de l'une des plus belles canzoni du Dante.Note 342 · Forèse fait connaître à son ancien ami plusieurs des ombres maigres qui l'accompagnent 239. On y distingue le pape tourangeau Martin IV, quiNote 343 · Femmes, qui connaissez le pouvoir de l'amour 241?Note 344 · Note 242: (retour) Io mi son' un che, quando Amore spira, noto, ed in quel modo Ch' ei detta dentro, vo significando.Note 345 · Note 243: (retour) Il nomme le Notaire, il Notaio, c'est-à-dire, Jaropo da Lentino, qui était notaire en Sicile, et Guittone, ou Frà GuittonNote 346 · Je suis, lui répond le Dante, un homme qui, lorsque l'amour l'inspire, écrit, et se contente de publier ce qu'il lui dicte au fond du cœur 2Note 347 · Note 244: (retour) Corso Donati se rendit si puissant à Florence après en avoir fait chasser les Blancs, qu'il devint suspect au peuple. DanNote 348 · Note 245: (retour) E per magrezza e per voler leggiera.Note 349 · Note 246: (retour) Les Centaures qui voulurent, dans l'ivresse, enlever à Pirithoüs sa jeune épouse, et furent vaincus par Thésée; et les HéNote 350 · Pendant un entretien du Dante avec Forèse, dans lequel le poëte se fait prédire la chute et la fin tragique du chef de la faction des Noirs,Note 351 · Note 247: (retour) E quale annunziatrice degli albori L'aura di maggio muovesi, e olezza Tutta impregnata dall'erba e da' fiori, etc.Note 352 · Note 248: (retour) C. XXV.Note 353 · Un ange paraît, le plus brillant qui leur ait encore servi de guide. Le verre ou le métal embrasé dans la fournaise, ont moins d'éclat que sNote 354 · En montant, sous la conduite de cet ange, vers le septième et dernier cercle, Dante occupé de ce qu'il vient de voir, voudrait apprendre comNote 355 · Note 249: (retour) Ils font entendre les paroles de Marie à l'ange qui lui annonce qu'elle concevra: Virum non cognosco ; et un moment aprèsNote 356 · Note 250: (retour) C. XXVI. Je passe ici tous les détails, les uns comme inutiles, les autres comme impossibles à rendre dans notre langue eNote 357 · Note 251: (retour) Nous avons vu précédemment, t. I, p. 410, note 1, qu'on avait eu tort de vouloir s'appuyer de ce passage pour prouver queNote 358 · Note 252: (retour) Versi d'amore e prose di romanzi Soverchiò tutti.Note 359 · Dans le dernier cercle où nos poëtes sont parvenus, des flammes ardentes s'élèvent de toutes parts; à peine, entre elles et le bord du préciNote 360 · Note 253: (retour) C. XXVII.Note 361 · Note 254: (retour) Come al nome di Tisbe op rse'l ciglio Piramo, in su la morte, e riguardalla, Allor che'l gelso diventò vermiglio, etc.Note 362 · Un obstacle reste encore à franchir pour sortir de ce dernier cercle 253; ce sont ces flammes mêmes qui en remplissent l'enceinte. Quoique iNote 363 · Note 255: (retour) Quali si fanno, ruminando, manse Le capre, state rapide e proterve, Sopra le cime, prima che sien pranse, Tacite all'ombrNote 364 · En s'échappant, pour la dernière fois, de ce séjour où le sentiment de l'espérance est toujours flétri par le spectacle des peines, le poëteNote 365 · Note 256: (retour) Lombardi, t. II de son Commentaire, p. 410.Note 366 · Note 257: (retour) C. XXVIII.Note 367 · L'allégorie de ce qui suit dans les six derniers chants, n'est pas moins sensible. Le Dante s'est purgé de ses péchés par toutes les épreuveNote 368 · Note 258: (retour) J'abrège beaucoup ici, et je supprime des détails moins intéressants que ces descriptions charmantes.Note 369 · Note 259: (retour) Manière ingénieuse de rappeler au lecteur Virgile et Stace, qui sont toujours présents, et que leur silence pouvait faireNote 370 · Malgré la lenteur de ses pas, le poëte était arrivé dans l'antique forêt: déjà même il ne voyait plus par où il était entré: tout à coup il Note 371 · Note 260: (retour) C. XXIX.Note 372 · Note 261: (retour) O sacrosante vergini, se fami, Freddi o vigilie mai per voi soffersi, Cagion mi sprona ch'io mercè ne chiami, etc.Note 373 · Elle reprend ses chants remplis d'amour 260, et comme les nymphes solitaires qui, sous l'ombrage des forêts, tantôt y fuyaient les rayons duNote 374 · Note 262: (retour) Nous avons parlé de cette comtesse Mathilde, de la donation de ses états à l'Église, et de son directeur Grégoire VII, ouNote 375 · Sept candélabres d'or plus resplendissants que des astres, vingt-quatre vieillards couronnés de lys, et tout un peuple vêtu de blanc précédaNote 376 · Note 263: (retour) C. XXX.Note 377 · Note 264: (retour) Selon la coutume du Dante, ces cantiques sont moitié sacrés et moitié profanes, et les anges mêlent dans leurs chants le Note 378 · Note 265: (retour) Sanza degli occhi aver più conoscenza. Per occulta virtù, che da lei mosse, D'antico amor senti la gran potenza.Note 379 · Le char s'arrête 263: tous ceux qui composent l'escorte se tournent vers ce char dans l'attitude du respect: les anges font entendre des canNote 380 · Note 266: (retour) Che già m'avea trafitto Prima ch'io fuor della puerizia fosse.Note 381 · Note 267: (retour) Vers de Racine, qui rend fidèlement celui du Dante: Conosco i segni d'ell' antica fiamma; parce qu'ils sont tous deux traNote 382 · C'est quand son cœur est ému par ces touchantes images, qu'il s'ouvre au regret que lui inspire l'absence de son maître chéri. Jusque-là VirNote 383 · De mes feux mal éteints je reconnais la trace 267.Note 384 · Note 268: (retour) C. XXXI.Note 385 · Note 269: (retour) Est-il besoin d'avertir qu'il ne s'agit ici que du plaisir de la vue et de la contemplation?Note 386 · Note 270: (retour) Elle ne dit pas: lève la tête, mais: lève la barbe, Alza la barba . On ne peut pas se tromper sur le but de cette expressNote 387 · Comblé des plus beaux dons de la nature, il aurait atteint le plus haut degré de vertu, s'il avait suivi ses heureux penchants. Dès son enfaNote 388 · Note 271: (retour) C. XXXII.Note 389 · Note 272: (retour) On sait déjà que le char est l'Église ou plutôt le Siège apostolique. L'aigle représente les empereurs, qui d'abord le peNote 390 · Le reste de ces allégories 271, le cortège qui remonte aux cieux, le char qui reprend sa marche, et ce qui arrive au pied de l'arbre de la sNote 391 · Note 273: (retour) C. XXXIII.Note 392 · Béatrix, qui était restée au pied de l'arbre, affligée de ce spectacle, se lève 273, reprend à pied sa marche, précédée des sept nymphes quiNote 393 · Note 274: (retour) C. I.Note 394 · Note 275: (retour) Il reconnaît dans notre esprit deux facultés, l'intelligence et la mémoire. La seconde suit la première, et ne peut revenNote 395 · Note 276: (retour) O buono Apollo all' ultimo lavoro Fammi del tuo valor si fatto vaso, Come dimanda dar l'amato alloro, etc.Note 396 · Note 277: (retour) Si come quando Marsia traesti Della vagina delle membra sue.Note 397 · Note 278: (retour) Il dit cela plus poétiquement, et, s'il se peut, trop poétiquement peut-être: «Que la feuille du Pénée (c'est-à-dire, de Note 398 · Le début en est grave et même sévère. Il n'annonce pas, comme le précédent, une jouissance vive ou un élan de l'âme, mais le recueillement eNote 399 · Note 279: (retour) Onde si muovono a diversi parti Per lo gran mar dell' essere, e ciascuna Con instinto a lei dato che la porti.Note 400 · Béatrix, témoin de sa surprise, prévient ses questions. Parmi plusieurs explications où il ne faut pas chercher une exactitude rigoureuse, eNote 401 · Note 280: (retour) C. II.Note 402 · Entraîné par son enthousiasme, le poëte voit alors les hommes comme partagés en deux classes; ceux qui ne peuvent pas le suivre dans son essNote 403 · Note 281: (retour) C. III.Note 404 · Note 282: (retour) Elle se nommait Piccarda. (Voy. Purg., c. XXIII, et ci-dessus, pag. 171, note 2.)Note 405 · Toutes les planètes sont habitées par des âmes heureuses: la lune l'est par les âmes des femmes qui avaient fait vœu de virginité et qui l'oNote 406 · Note 283: (retour) C. IV.Note 407 · Note 284: (retour) C. V.Note 408 · Le séjour de ces âmes dans la dernière des planètes, quoique leurs mérites ne pussent être diminués par la violence qui avait rompu leurs vœNote 409 · Note 285: (retour) C. VI. Les dix premiers vers de ce récit fournissent un exemple remarquable de l'originalité d'idées et d'expression du DNote 410 · Note 286: (retour) La mort de J.-C.Note 411 · Note 287: (retour) Il y a encore dans ce dernier trait quelque confusion de temps. L'empire romain ni son enseigne n'existaient plus en OcciNote 412 · Des milliers d'âmes rayonnantes qui habitent cette planète, accourent vers lui et sa compagne avec un empressement qu'il compare à celui desNote 413 · Note 288: (retour) Les Français appelés en Italie par les papes.Note 414 · Note 289: (retour) Charles de Valois à qui le Dante en veut toujours pour l'avoir fait bannir de Florence.Note 415 · Ici le poëte qui fait parler Justinien, se montre à découvert. L'empereur conclut de tout ce qu'il a raconté, que le parti qui obéit à l'aigNote 416 · Note 290: (retour) C. VII.Note 417 · Note 291: (retour) A far vendetta corse Della vendetta del peccato antico.Note 418 · En terminant ce récit, l'âme de Justinien va rejoindre les autres âmes heureuses 290. Elles reprennent ensemble leur danse qu'elles avaient Note 419 · Note 292: (retour) C. VIII.Note 420 · Note 293: (retour) C'est la première canzone qui se trouve dans le Convito du Dante, et dont cette âme cite le premier vers: Voi che intendeNote 421 · Il se trouve transporté dans la planète de Vénus 292, sans s'être aperçu du voyage; il n'en est averti qu'en voyant Béatrix devenir plus belNote 422 · Note 294: (retour) Ces différents pays ne sont point nommés dans le texte, mais désignés poétiquement, par des circonstances géographiques eNote 423 · Note 295: (retour) Dans la terrible soirée à qui l'on a donné le nom de vêpres siciliennes.Note 424 · Note 296: (retour) E fate rè di tal ch'è da sermone.Note 425 · Dante, du consentement de Béatrix, demande à cette âme qui elle était sur la terre. «J'y restai peu de temps, répond-elle; si j'y eusse été Note 426 · Note 297: (retour) C. IX.Note 427 · Note 298: (retour) Voyez surtout t. I, p. 340 et 455, note a.Note 428 · Note 299: (retour) «La fille de Bélus (Didon) ne brûla pas de plus de feux, quand elle offensa et Sichée et Créuse (en manquant à ce qu'elleNote 429 · Charles s'éloigne après quelques autres discours: une autre âme lui succède 297. Dante l'interroge à son tour: elle lui répond du sein de saNote 430 · Note 300: (retour) C. X.Note 431 · Note 301: (retour) Le premier était un chanoine de St.-Victor, écrivain dit-on très-sublime; l'autre un professeur de philosophie, qui tenaiNote 432 · Dante le quitte pour monter dans le Soleil 300. A chaque nouvel astre où il s'élève, l'éclat de Béatrix, sa compagne, augmente, et il a bienNote 433 · Note 302: (retour) C. XI.Note 434 · Note 303: (retour) Veuve de J.-C. son premier époux.Note 435 · Note 304: (retour) C. XII.Note 436 · Note 305: (retour) C. XIII.Note 437 · Note 306: (retour) C. XIV.Note 438 · C'est S. Thomas qui les fait tous connaître à notre poëte. Il lui fait ensuite l'histoire et l'éloge, d'abord de S. François d'Assise 302, qNote 439 · Note 307: (retour) C. XV.Note 440 · La foule innombrable des bienheureux y est rangée en forme de croix à branches égales. Ils y fourmillent en quelque sorte comme les étoiles Note 441 · Note 308: (retour) Non avea catenella, non corona, Non donne contigiate, non cintura Che fosse a veder più che la persona, etc.Note 442 · Note 309: (retour) A mostrar ciò che'n camera sí puote.Note 443 · Note 310: (retour) Il les nomme: c'est une Cianghella, qui était d'une famille noble de Florence, et qui, étant restée veuve de bonne heure,Note 444 · «Florence, dit-il, renfermée dans l'antique enceinte d'où elle revoit encore le signal des heures du jour, reposait en paix dans la sobriétéNote 445 · Note 311: (retour) C. XVI.Note 446 · Note 312: (retour) C. XVII.Note 447 · Note 313: (retour) Tu proverai si come sa di sale Lo pane altrui, e com'è daro calle Lo scendere e'l salir per l'altrui scale. Vers admirablNote 448 · Une histoire abrégée de Florence, depuis son origine, suit le tableau de ces anciennes mœurs 311. Caccia Guida retrace les vicissitudes de lNote 449 · Note 314: (retour) C. XVIII.Note 450 · Note 315: (retour) Celle de son trisaïeul Caccia Guida.Note 451 · Après s'être recueillie un instant dans sa gloire, et avoir joui de ses pensées 314, l'âme heureuse reprend la parole et fait briller aux yeNote 452 · Note 316: (retour) D. J. L. Diligite Justitiam Legum.Note 453 · Note 317: (retour) Mostrarsi dunque cinque volte sette Vovali e consonanti.Note 454 · Après avoir formé d'abord trois seules lettres, où les interprètes voient les initiales de trois mots latins qui commandent d'aimer la justiNote 455 · Note 318: (retour) C. XIX.Note 456 · L'aigle mystérieux, composé de bienheureux, qui paraissent tous enchantés de la place qu'ils occupent dans sa forme immense 318, ouvre son bNote 457 · Note 319: (retour) Invasion de la Bohême par cet empereur, en 1303.Note 458 · Note 320: (retour) Philippe-le-Bel, qui mourut des suites d'une chute qu'il fit à la chasse, occasionée par un sanglier qui se jeta dans lesNote 459 · Note 321: (retour) Édouard Ier, roi d'Angleterre, et Robert d'Écosse.Note 460 · Note 322: (retour) Alphonse, roi d'Espagne, et Venceslas, de Bohême.Note 461 · Note 323: (retour) Charles II, dit le Boiteux, fils de Charles d'Anjou, roi de la Pouille ou de Naples, et qui prenait le titre de roi de JéNote 462 · Note 324: (retour) Cela est singulièrement exprimé dans le texte. «Sa bonté sera marquée par un I, taudis que le contraire sera marqué par uNote 463 · Note 325: (retour) Frédéric III, roi de Sicile, fils de Pierre d'Aragon, et son successeur.Note 464 · Note 326: (retour) Jacques, roi de Maïorque et Minorque.Note 465 · Note 327: (retour) Jacques, roi d'Aragon.Note 466 · Note 328: (retour) Denis, surnommé l'Agriculteur, Agricola, qui régna depuis 1279 jusqu'à 1325.Note 467 · Note 329: (retour) Qui avait alors ses propres rois, et n'était pas réunie au Danemarck.Note 468 · Note 330: (retour) Ou d'Esclavonie, ou de Rascia, comme dit le texte, qui était une partie de l'Esclavonie, et dont le roi, au temps du DantNote 469 · Note 331: (retour) Pour se défendre contre la France, et se soustraire à la domination de Philippe-le-Bel.Note 470 · Note 332: (retour) Henri II, roi de Chipre en 1300. Nicosie et Famagoste, deux villes principales de cette île, sont ici pour l'île entière.Note 471 · «Qu'est-ce que les rois perses, dit cet aigle, ne pourront pas reprocher à vos rois, quand ils verront ouvert ce grand livre où sont écrits Note 472 · Note 333: (retour) C. XX.Note 473 · Note 334: (retour) Per cedere al pastor si fece Greco.Note 474 · Note 335: (retour) Justissimus unus. Qui fuit in Teucris, et servantissimus œqui. (Æn., l. II, v. 426.)Note 475 · Après cette sortie contre les rois qui vivaient alors, l'aigle fait l'éloge des bons rois des anciens temps; mais on devinerait difficilemenNote 476 · Note 336: (retour) C. XXI.Note 477 · Note 337: (retour) Cuopron de' manti lor gli palafreni, Sì che duo bestie van sott'una pelle.Note 478 · Il monte au septième ciel, qui est celui de Saturne 336; une immense échelle d'or occupait le centre de cette planète, et s'élevait à perte Note 479 · Note 338: (retour) C. XXII.Note 480 · Béatrix dirige sur une autre lumière les regards du poëte 338; c'est S. Benoît, fondateur d'un ordre célèbre. Dante l'aborde et lui parle. QNote 481 · Note 339: (retour) C. XXIII.Note 482 · Note 340: (retour) Come l'angello intra l'amate fronde, Posato al nido de' suoi dolci nati, etc.Note 483 · À toutes ces ascensions successives, Béatrix a toujours augmenté de lumière et d'éclat. Mais une lumière plus vive encore que celle dont ellNote 484 · Note 341: (retour) C. XXIV. O Sodalizio eletto alla gran cena Del benedetto agnello, il qual vi ciba, etc.Note 485 · Béatrix s'approche d'eux et leur présente son ami, en se servant du langage mystique qui est parmi eux la langue commune 341. La prière qu'eNote 486 · Note 342: (retour) C. XXV.Note 487 · Note 343: (retour) Le texte dit: con altro vello, avec une autre toison. Le poëte vient de se comparer à un agneau; c'est ce qui lui a dictéNote 488 · Note 344: (retour) Si come quando'l colombo si pone Presso al compagno, l'uno e l'altro pande, Girando e marmorando, l'affezione, etc.Note 489 · Dante est lui-même enchanté de ce succès qui lui rappelle sans doute des triomphes semblables, obtenus plus d'une fois dans les écoles. Il nNote 490 · Note 345: (retour) E come surge e va edentra in ballo, Vergine lieta, sol per fare onore Alla novizia, non per alcun fallo, etc.Note 491 · Note 346: (retour) C. XXVI.Note 492 · Une troisième flamme s'avance; c'est celle de l'apôtre S. Jean. Le poëte peint son maintien, sa démarche et l'accueil qu'il reçoit des deux Note 493 · Note 347: (retour) Dalla prim'ora a quella ch'è seconda Come'l sol muta quadra, all'ora sesta.Note 494 · Le père du genre humain, Adam, vient se joindre aux trois apôtres, enveloppé comme eux d'une flamme du plus grand éclat. Dante, quand BéatriNote 495 · Note 348: (retour) C. XXVII.Note 496 · Note 349: (retour) Trait lancé contra les papes Jean XXII qui était de Cahors, et Clément V qui était Gascon.Note 497 · Le Paradis entier retentit alors du chant de gloire 348. Dante en était enivré: il croyait voir et entendre l'expression de la joie de l'uniNote 498 · Note 350: (retour) E se natura o arte fe' pasture Du pigliare occhi per aver la mente, In carne umana, o nelle sue pinture, Tutte adunate paNote 499 · Dès que l'apôtre a cessé de parler, toutes ces lumières triomphantes qui s'étaient arrêtées à l'entendre, s'agitent dans l'air enflammé, remNote 500 · Note 351: (retour) C. XXVIII.Note 501 · De retour dans l'empyrée, d'où cette digression l'a écarté, Dante, après avoir donné à ses yeux une nouvelle force, en regardant ceux de BéaNote 502 · Note 352: (retour) C. XXIX.Note 503 · Note 353: (retour) Ma tale uccel nel bechetto s'annida Che se'l volgo il vedesse, non torrebbe La perdonanza di che si confida.Note 504 · Ce grand tableau, sur lequel Béatrix fixe long-temps les yeux 352, comme le Dante ne l'avait pu faire, amène des explications sur l'essence Note 505 · Note 354: (retour) C. XXX.Note 506 · Note 355: (retour) Je passe une très-belle et très-savante comparaison par laquelle ce chant commence; je passe encore un nouvel éloge que lNote 507 · Note 356: (retour) E, come clivo in acqua di suo imo Si specchia, quasi per veder si adorno, Quanto è nell' erbe e ne' fioretti opimo, etc. Note 508 · Note 357: (retour) Voy. ci-dessus, p. 91 et 92.Note 509 · On les relève bientôt: on se trouve au-dessus du neuvième ciel 354, dans ce cercle, dit Béatrix, qui est toute lumière, cette lumière intellNote 510 · Note 358: (retour) C. XXXI.Note 511 · Note 359: (retour) E di Fiorenza in popol giusto e sano.Note 512 · Note 360: (retour) Rien de plus naïf et de plus doux que cette fin d'un description magnifique: E vedea visi a carità suadi, D'altrui lume fNote 513 · Au dessus de cette rose immense voltigeait l'innombrable milice des anges 358, comme un essaim d'abeilles, qui tantôt vont chercher des fleuNote 514 · Note 361: (retour) C. XXXII.Note 515 · Note 362: (retour) C. XXXIII.Note 516 · Note 363: (retour) C'est-à-dire, pour en trouver la quadrature, ou pour trouver le rapport exact d'un carré avec la circonférence du cercle,Note 517 · Le nouveau guide qu'elle lui a donné est saint Bernard. C'est avec lui qu'il contemple le triomphe de Marie, assise au sommet du premier cerNote 518 · Note 364: (retour) C'est ce qu'a fait récemment à Naples un critique judicieux, M. Giuseppe di Cesare , membre de l'Académie italienne, de lNote 519 · J'ai beaucoup parlé des beautés de ce poëme, et fort peu de ses défauts. Ce n'est pas que je ne reconnaisse ceux que ses plus grands admiratNote 520 · Note 365: (retour) Voy. dans les Elogj di Dante Alighieri, Angelo Poliziano, etc., publiés par Angelo Fabroni, Parme, 1800, la lettre de TamNote 521 · Cette supériorité qu'il conserve est une sorte de phénomène digne de quelques réflexions 365. Par un effort bien remarquable de la nature, tNote 522 · Note 366: (retour) Alfiéri.Note 523 · Pendant un ou deux siècles, sa gloire parut s'obscurcir dans sa patrie; on cessa de le tant admirer, de l'étudier, même de le lire. Aussi laNote 524 · Note 367: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. IV, l. III, ch. 6.Note 525 · Note 368: (retour) Script. rer. Ital., t. VIII.Note 526 · Note 369: (retour) Ub. supr.Note 527 · Et cependant, au milieu de ces chocs violents qui avaient eu presque partout de si tristes résultats politiques, on avait vu naître pour lesNote 528 · Note 370: (retour) Vasari, Vite de' Pittori, etc. Baldinucci, Natizie de professori del Disegno, etc.Note 529 · Note 371: (retour) Voy. Carlo Cesare Malvasia, Felsina Pittrice.Note 530 · Note 372: (retour) Voy. Carlo Ridolfi, le Maraviglie dell' arte.Note 531 · Note 373: (retour) Carent quia vate sacro (Hor.)Note 532 · Consultons les historiens des beaux-arts 370, ils nous diront leurs premiers pas chez ce peuple ingénieux, et leurs rapides progrès. Ils nouNote 533 · Un poëte divin ne les a point chantés 373.Note 534 · Note 374: (retour) Il se nommait frère Elie. Tiraboschi (ubi suprà) avoue que ce général des capucins oubliait trop tôt l'humilité et la pauNote 535 · L'architecture prenait à Florence un caractère qu'elle tenait des mœurs du temps, et qui les atteste encore aujourd'hui. La petite ville d'ANote 536 · Note 375: (retour) Ce fut, selon cet historien (liv. VIII, ch. 80), dans des figues, qu'un jeune homme, vêtu en fille, vint lui offrir de laNote 537 · Note 376: (retour) M. Simonde Sismondi, dans son Hist. des Répub. ital. du moyen âge, t. IV, p. 234, cite un historien contemporain qui accuNote 538 · Note 377: (retour) Villani, ub. supr. raconte avec le plus grand détail et la plus grande naïveté, l'entrevue de Bertrand de Gotte et du roiNote 539 · Note 378: (retour) Godefroy de Paris, manusc. de la Biblioth. impér., n°. 6812.Note 540 · Note 379: (retour) Mém. pour la Vie de Pétrarque, t. I, p. 22. Ce fut au mois de mars 1309.Note 541 · Note 380: (retour) Elle se nommait Brunissende de Foix, et était femme d'Archambaud, comte de Périgord: c'était une des plus belles femmes dNote 542 · Philippe-le-Bel, déjà trop vengé de Boniface VIII, poursuivait encore sa vengeance. Il voulait que la mémoire de ce pape fût condamnée; il aNote 543 · Note 381: (retour) Voy. t. I, pag. 355 et 356.Note 544 · Note 382: (retour) Boccace, Genealogia Deorum, l. XIV, c. 9; Benvenuto da Imola, Comment. in Dant., Antiq. Ital., v. I, p. 1035.Note 545 · Note 383: (retour) Pétrarque, Rerum memorandarum.Note 546 · Note 384: (retour) Tom. V, l. I, c. i. Il avertit que le docte abbé Mehus lui-même s'y est trompé dans la Vie d'Ambr. Camald, p. 273. RobertNote 547 · Parmi les princes qui profitaient de ces divisions pour s'agrandir, on remarque surtout Robert, roi de Naples et comte de Provence. Charles Note 548 · Note 385: (retour) Beaucoup de ces guerriers, qui devinrent de très grands seigneurs, prenaient des noms singuliers, et qu'ils tiraient souvNote 549 · Note 386: (retour) Tiraboschi, t. V, l. I, c. ii.Note 550 · Les Scaligeri ou seigneurs de la Scala étaient, depuis la fin du siècle précédent, maîtres de Vérone. Deux frères, Alboin et Cane, que les INote 551 · Note 387: (retour) En 1306.Note 552 · Note 388: (retour) En 1316 et 1321. Voy. Tiraboschi, t. V, l. I, c. 3.Note 553 · L'Université de Bologne éprouvait des vicissitudes continuelles. Tantôt excommuniée par Clément V, elle vit le plus grand nombre de ses élèvNote 554 · Note 389: (retour) Tiraboschi, t. V, l. I, c. 4.Note 555 · Il faut toujours se rappeler que, dans ces universités et dans ces écoles, on n'enseignait encore, comme dans le siècle précédent, que ce quNote 556 · Note 390: (retour) Voy. Pétrarque, Lett. famil., l. IV, ép. 9. Tirab. loc. cit.Note 557 · On peut juger, par un seul exemple, de tout ce qu'il avait à faire et combien les savants eux-mêmes étaient alors peu avancés. Un professeurNote 558 · Note 391: (retour) Tom. V, l. II, c. i.Note 559 · La science qui y trouvait le plus de secours et qui était le plus abondamment pourvue de livres, était la théologie scolastique; aussi la cuNote 560 · Note 392: (retour) Apostolo Zeno, Dissert. Vossian., t. II, p. 32.Note 561 · Note 393: (retour) Ces querelles étaient fondamentalement ridicules, comme toutes celles de même espèce; mais il s'y mêla quelque chose d'hoNote 562 · Note 394: (retour) Tiraboschi, t. V, l. II, c. 2.Note 563 · C'est à peu près dans la même catégorie qu'il faut ranger les auteurs de quelques Vies de saints et de quelques chroniques prétendues sacréeNote 564 · Note 395: (retour) Tiraboschi, loc. cit.Note 565 · Note 396: (retour) Il est en manuscrit à la Bibliothèque impériale, sous ce titre: Liber compilationis physionomicœ, à Petro di Padua in civNote 566 · Le premier est Pierre d'Abano 395, né au village de ce nom, près de Padoue, en 1250. On l'appelle aussi Pierre de Padoue. Il passa, dans sa Note 567 · Note 397: (retour) Philippe-le-Bel.Note 568 · Ce fut aussi à Paris qu'il fut accusé, pour la première fois, de sortiléges et de magie. Ayant fait, dit-on, des cures admirables comme médeNote 569 · Note 398: (retour) Voy. Mazzuchelli, Scrittori ital., t. I, part. I.Note 570 · Note 399: (retour) Storia della Letter. ital., t. V, l. II, c. 2.Note 571 · Ils s'obstinèrent à l'y vouloir jeter après sa mort. Quoique à ses derniers moments il eût déclaré aux médecins et à ses amis, qu'il reconnaNote 572 · Le second astrologue fut moins heureux. Il se nommait Francesco Stabili; mais comme de Francesco vient le petit nom Cecco, et qu'il était d'Note 573 · Note 400: (retour) Dans un commentaire sur la sphère de Giovanni de Sacrobosco.Note 574 · Note 401: (retour) Acerba, l. Il, c. i; l. III, c. i, et l. IV, c. 13. Nous reviendrons plus bas sur ces traits de médisance peu redoutablesNote 575 · Note 402: (retour) Ibid., l. III, c. i.Note 576 · Note 403: (retour) Quoi qu'il en soit de la part que les traits lancés contre ces deux poëtes purent avoir à la condamnation de Cecco, ce quNote 577 · La cause apparente, ou le prétexte d'une mort si cruelle fut que, dans un livre sur la sphère 400, il avait écrit que, par le moyen de certaNote 578 · Note 404: (retour) Tiraboschi, t. V, l. II, chap. II, 26.Note 579 · Note 405: (retour) Tiraboschi, t. V, liv. II, chap. II, 26.Note 580 · Note 406: (retour) Grifolino d'Arezzo, et Capoccio de Florence, dont Benvenuto da Imola, parle fort au long dans son Comment. sur Dante. VoyNote 581 · L'alchimie était encore pour les esprits une source d'égarement dont on était alors fort avide. Changer de vils métaux en or était devenu l'Note 582 · Note 407: (retour) C'est son véritable prénom, et non pas Ambrogino, comme le Quadrio et d'autres l'ont écrit: son aïeul paternel s'était apNote 583 · Note 408: (retour) Il y était assesseur des causes civiles.Note 584 · Le droit civil et le droit canon soutenaient l'essor qu'ils avaient pris dans le siècle précédent. Le premier surtout avait à Bologne, à PadNote 585 · Note 409: (retour) A Bonconvento, près de Sienne, en 1313.Note 586 · Note 410: (retour) Ce commentaire a été imprimé plusieurs fois; la première édition parut à Pavie, en 1483. La meilleure et la plus belle esNote 587 · Après cette perte, il erra quelque temps dans les villes de Lombardie, d'où l'on croit qu'il passa en France; l'université de Paris y attiraNote 588 · Note 411: (retour) Voy. Memorie della Vita di messer Cino da Pistoja, raccolte ed illustrate dall' ab. Sebastiano Ciampi, etc. Pisa, 1808.Note 589 · De Pérouse, Cino alla professer à Florence; il est bon de remarquer que ce ne fut jamais qu'en droit civil: les canonistes et les légistes fNote 590 · Note 412: (retour) En 1334.Note 591 · Note 413: (retour) Tiraboschi, t. V, p. 242, avait pensé que cette mort n'était arrivée qu'en 1341; mais voyez les Mémoires cités ci-dessus,Note 592 · Note 414: (retour) Memorie, etc., p. 53 et suiv.Note 593 · Cino professait encore à Florence 412, quand il fut nommé gonfalonier à Pistoia, où, depuis quelques années, les affaires de son parti avaieNote 594 · Note 415: (retour) Cette conjecture vraisemblable est due à M. l'abbé Ciampi, qui a le premier distingué cette figure de femme, et cherché àNote 595 · Note 416: (retour) Ossa damini Cini Ad cenotaphium suum recollecta. An. D. 1624.Note 596 · Note 417: (retour) Piangete, donne, e con voi pianga amore, etc.Note 597 · Il fut enterré dans la cathédrale de Pistoia, au pied d'un autel qu'avait fait construire un de ses oncles, évêque de Foligno. Un artiste haNote 598 · Note 418: (retour) Tiraboschi, t. V, l. II, c. 5.Note 599 · Note 419: (retour) Dans un ouvrage manuscrit intitulé la Cité des Dames, cité par Wolf, de Mulier. erudit, pag. 406, Tiraboschi, ub. supr. nNote 600 · On regarde comme le plus savant des canonistes de ce temps, et même de tous ceux qui avaient existé jusqu'alors, Jean d'André, ou Giovanni dNote 601 · Note 420: (retour) Cette chronique, imprimée pour la première fois par Muratori, Script. rer. Ital., vol. IX, l'a été depuis séparément à FlNote 602 · Note 421: (retour) Imprimée d'abord à Venise, en 1537, in-fol., sous le nom de Chronique: elle l'a été plusieurs fois depuis. La meilleure éNote 603 · L'histoire, l'un des genres de littérature dans lequel les Italiens se sont le plus distingués, commençait dès-lors à avoir des écrivains quNote 604 · Note 422: (retour) Lib. VIII, c. 36.Note 605 · Note 423: (retour) La continuation de Mathieu, qui contient neuf livres, fut imprimée par les Juntes, d'abord seule en 1562, ensuite avec leNote 606 · Villani raconte lui-même 422 que dans un pélerinage qu'il fit à Rome, en 1300, pour le jubilé, la vue de ces grands et antiques monuments, eNote 607 · Note 424: (retour) Muratori est le premier qui l'ait publiée, Script. rer. Ital., vol. XI.Note 608 · La république de Venise, rivale à beaucoup d'égards de celle de Florence, qui, ayant fixé depuis long-temps la forme de son gouvernement, etNote 609 · Note 425: (retour) Dans ces deux histoires, selon l'observation de Tiraboschi (Stor. della Letter. Ital., t. V, pag. 347), quoique l'auteur Note 610 · Note 426: (retour) Tiraboschi, loc. cit.Note 611 · Note 427: (retour) Les œuvres d'Albertino Mussato, d'abord imprimées à Venise, en 1636, l'ont été plus complètement en Hollande, dans le TheNote 612 · Padoue eut aussi un historien de réputation dans Albertino Mussato, qui remplit avec honneur plusieurs fonctions civiles et militaires, dansNote 613 · Note 428: (retour) C'est le 76e cant.Note 614 · Note 429: (retour) C'est le 58e.Note 615 · O giubilo del cuore Che fui cantar d'amore, etc. 428Note 616 · O papa Bonifazio Quanto hai giocato al mondo 429!Note 617 · Note 430: (retour) La première édition de ces cantiques est celle de Florence, 1490, in-4°.; il y en a eu depuis un assez grand nombre d'autNote 618 · Boniface, qui se dispensait fort bien du pardon des injures, ayant pris Palestrine, fit mettre notre poëte en prison, aux fers, et au pain eNote 619 · Note 431: (retour) Cant. 3.Note 620 · Note 432: (retour) Sozo, malvascio corpo Luxurioso, engordo, . . . . . . . . . . . . Sostieni lo flagello Desto nodoso cordo. . . . . . . . Note 621 · Note 433: (retour) Cant. 8.Note 622 · Note 434: (retour) Serve del diavolo Sollecite i servite, Colle vostre schirmite Molt'aneme i mandate.Note 623 · Note 435: (retour) Cant. 15.Note 624 · Note 436: (retour) L'agnolo sta a trombare Voce de gran paura.Note 625 · Il est vrai qu'à travers ce mauvais style, qui dégénère quelquefois en jargon, l'on y trouve de la verve, de la facilité, et une naïveté de Note 626 · Note 437: (retour) La plus ancienne édition connue de ce poëme, est celle de Venise, chez Philippo di Piero, 1476, in-4°. avec un CommentairNote 627 · Ce serait ici le lieu de faire connaître plus particulièrement le poëme de l'Acerba, qui fit la réputation de Cecco d'Ascoli, et fut en partNote 628 · Note 438: (retour) Storia e ragione d'ogni Poesia, t. VI, p. 40.Note 629 · Il paraît y avoir un grand rapport entre ce chétif ouvrage et une partie du Trésor de Brunetto Latini. On y parle de même du ciel, des élémeNote 630 · Note 439: (retour) C'est dans ce beau morceau du septième chant de son Enfer , où il fait dire par Virgile, que Dieu a donné aux splendeurs Note 631 · Note 440: (retour) In ciò peccasti Fiorentin poeta, Panendo che gli ben de la fortuna Necessitati sieno con lar meta. Non è fortuna che rasoNote 632 · Note 441: (retour) L. III, c i.Note 633 · Note 442: (retour) Quì non se sogna per la selva oscura, Quì non vego nè Paolo nè Francesca. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Non vego'Note 634 · On est peut-être curieux de savoir comment ce poëte astrologue s'y était pris pour mettre jusqu'à trois fois, dans cette espèce de farrago dNote 635 · Note B: (retour) Pour astio.Note 636 · Note 443: (retour) Poeti Antichi raccolti da monsig. Leone Allaci, etc., Napoli, 1661, p. 296 et suiv.Note 637 · Fazio degli Uberti, poëte qui jouissait dès lors de plus de renommée que Cecco, dont la réputation s'accrut beaucoup dans la suite, et s'estNote 638 · Note 444: (retour) Raccolta di Antiche rime , etc., à la fin de la Bella mano de Giosta de' Conti , Paris, 1595: Io guardo infra l'erbette pNote 639 · Dans l'une des deux canzoni de ce poëte, qui nous ont été conservées, il se plaint poétiquement des peines que l'amour lui fait éprouver, enNote 640 · Note 445: (retour) Elle est la seconde du livre IX, dans le recueil intitulé: Sonetti e Canzoni di diversi antichi autori Toscani in dieci lNote 641 · Note 446: (retour) Però bestemmio in prima la natura, E la fortuna, con chi n'ha potere Di farmi si dolere; E tocchi a chi si vuol, ch'io noNote 642 · Dans l'autre canzone 445 il se plaint encore, mais s'est de l'extrême indigence où il se trouve réduit. Toutes ses expressions sont celles dNote 643 · Note 447: (retour) Voy. ci-dessus, p. 65.Note 644 · Note 448: (retour) Vite d'uomini illustri Fiorentini, p. 70 et suiv.Note 645 · Note 449: (retour) Ibid.Note 646 · Fazio ou Bonifazio degli Uberti était petit-fils du célèbre Farinata que nous avons vu dans l'Enfer du Dante 447. Sa famille fut exilée de FNote 647 · Note 450: (retour) Voy. ci-dessus, p. 294 et suiv.Note 648 · Celui de tous les poëtes de la première moitié qui passe pour avoir le plus approché du lyrique italien par excellence, pour avoir le mieux Note 649 · Note 451: (retour) Par Niccolò Pilli.Note 650 · Note 452: (retour) Par Faustino Tasso.Note 651 · Note 453: (retour) Elles composent le cinquième livre du recueil des Juntes, 1527, et les sixième et septième de la réimpression de ce recueNote 652 · Note 454: (retour) Dans son traité de Vulgari eloquentiâ, l. I, c. 17, l. II, c. 2 et ailleurs.Note 653 · Note 455: (retour) L'auteur des Memorie della Vita di Messer Cino, etc., trouve ses métaphores aussi faciles et aussi naturelles qu'agréableNote 654 · Note 456: (retour) Deh, com' sarebbe dolce compagnia, Se questa Donna, Amore e pietate Fossero insieme in perfetta amistate, Secondo la vertNote 655 · Note 457: (retour) Per cortesia.Note 656 · Les poésies de Cino ont été imprimées à Rome en 1559 451, et réimprimées avec une seconde partie, trente ans après 452. Elles sont d'ailleurNote 657 · Note 458: (retour) Tu che sei voce che lo cor conforte , etc. (Ibid. p. 48, verso.)Note 658 · Note 459: (retour) Ahi me, ch'io veggio, ch'una donna viene Al grande assedio della vita mia, etc. (Recueil de 1527, p. 56, verso.)Note 659 · Note 460: (retour) Lo core mio che negli occhi si mise, etc. (Ibid. p. 47, verso.)Note 660 · Note 461: (retour) Le texte dit: ferrée de plaisir; ferrata di piacer.Note 661 · Note 462: (retour) Ch'amor m'ancide Che mi salisce con tanti sospiri Che l'anima ne va di fuor fuggendo. Dans le sonnet: Signore, io son coNote 662 · Note 463: (retour) Hora sen'esce lo sospiro mio, etc. (Ibid. p. 53.)Note 663 · Note 464: (retour) Ahime, ch'io veggio per entro un pensiero L'anima stretta nelle man d'amore, etc. (Recueil de 1527, p. 55.)Note 664 · Note 465: (retour) Madonna, la biltà vostra infollìo Si gli occhi mici, etc. (Ibid. p. 54, verso.)Note 665 · D'autres sonnets tout entiers ne le sont pas davantage. Essayez, par exemple, d'entendre celui où le poëte s'adresse à cette voix qui encourNote 666 · Note 466: (retour) Moviti, pietate, e và incarnata, etc. (Ibid. p. 51, verso.)Note 667 · Ier. Sonnet.--«O pitié 466! va, prends une forme visible, et couvre si bien de tes vêtements ces messagers que j'envoie (ce sont ses vers), Note 668 · Note 467: (retour) Homo, lo cui nome per effetto Importa povertà di gìoì' d'amore, etc. (Recueil de 1527.)Note 669 · IIe. Sonnet.--«Un homme, dont le nom indique la privation des jouissances de l'amour 467, et riche seulement de tristesse et de douleur, nouNote 670 · Note 468: (retour) Rime di diversi antichi autori toscani, réimpression de Venise, 1740, p. 164.Note 671 · Gia trapassato oggi è l'undecimo anno 468Note 672 · Note 469: (retour) Cieco è qualunque de' mortali agnogna In donna ritrovar pietate e fede.Note 673 · Note 470: (retour) Il commence par ce vers: Mille dubbj in un dì, mille querele. Muratori le cite avec de grands éloges, Perfetta poesia, P.Note 674 · Note 471: (retour) Quel antico mio dolce empio signore, etc.Note 675 · Note 472: (retour) M. Giamb. Corniani est le premier auteur italien qui l'ait faite. (Voy. I secoli della Letteratura italiana, etc., BresciNote 676 · Il finit par des injures contre les femmes 469, qu'on ne pardonnerait pas à un homme qui ne serait pas en colère, mais qu'elles pardonnent fNote 677 · Note 473: (retour) Signore, e' non passò mai peregrino, etc. (Rime di diversi antichi, etc., réimpr. 1740, p. 340.)Note 678 · Note 474: (retour) Io fu' in sull' alto, e'n sul beato monte, Ove adorai baciando il santo sasso, etc. (Ibid. p. 164.)Note 679 · Note 475: (retour) Voyez ci-dessus, p. 296.Note 680 · Deux de ces sonnets paraissent avoir été faits lorsque Cino fut revenu de France. En passant l'Apennin, peut-être pour aller à Bologne, il vNote 681 · Note 476: (retour) Homo smarrito, che pensaso vai, etc. (Recueil de l'Allacci, p. 279.)Note 682 · Note 477: (retour) L'alta virtù che si ritrasse al cielo, etc. (Recueil de l'Allacci, p. 264 et suiv.)Note 683 · Note 478: (retour) Si m'ha conquiso la selvaggia gente, etc. (Rime dì diversi, etc. 1740, p. 172.)Note 684 · Note 479: (retour) Deh quando rivedrò 'l dolce paese Di Toscana gentile? etc. (Ibid. pag. 171.)Note 685 · Note 480: (retour) Il le dit positivement à la fin: Vera satira mia, va per lo mondo E di Napoli conta, etc.Note 686 · Note 481: (retour) M. Ciampi, dans ses Mém. della Vita di M. Cino, parle bien d'un Voyage à Naples, mais il fonde l'idée de ce voyage sur ceNote 687 · Je trouve un autre sonnet de Cino, dont le tour est vif, le sentiment vrai, et l'expression naturelle; il ne serait pas indigne de PétrarqueNote 688 · Note 482: (retour) Il existe un grand nombre de Vies de Pétrarque. La plus complète est celle que l'abbé de Sade, qui était de la famille deNote 689 · Notice sur sa Vie 482.Note 690 · Note 483: (retour) Pendant la nuit du 19 au 20 juillet.Note 691 · Petracco était ami du Dante, et du parti des Blancs comme lui. Exilé de Florence en même temps et par le même arrêt, il partagea avec lui leNote 692 · Note 484: (retour) 1313.Note 693 · Sept mois après, sa mère eut la permission de revenir à Florence; elle se retira à Incisa, dans le Val d'Arno, où son mari avait un petit biNote 694 · Note 485: (retour) 1322.Note 695 · Note 486: (retour) Voyez ci-dessus, pag. 299.Note 696 · Note 487: (retour) 1326.Note 697 · De Montpellier, son père le fit passer à Bologne 485, école beaucoup plus fameuse, mais qui ne lui profita pas davantage, malgré les leçons Note 698 · Note 488: (retour) 6 avril 1327.Note 699 · Jacques Colonne, l'un des fils du fameux Etienne Colonne qui était encore à Rome le chef de cette famille et de ce parti, vint s'établir à ANote 700 · Note 489: (retour) Elle était née en 1307.Note 701 · Note 490: (retour) Ce fut lui qui, étant chanoine de Saint-Jean de Latran (en même temps qu'il l'était de Sainte-Marie-Majeure, de Cambrai, Note 702 · Note 491: (retour) 1330.Note 703 · Laure, dont le portrait séduisant est épars dans les vers qu'elle lui a inspirés, et qui ressemblait; dit-on, à ce portrait, était fille d'ANote 704 · Note 492: (retour) 1331.Note 705 · Ce cardinal ne ressemblait point à la plupart de ses confrères. Il était tout ce que l'évêque de Lombès promettait d'être un jour, et joignaNote 706 · Note 493: (retour) 1333.Note 707 · Laure l'évitait, ou par prudence, ou peut-être pour qu'il la cherchât davantage. Il ne la voyait point chez elle. L'humeur jalouse de son maNote 708 · Note 494: (retour) 1334.Note 709 · Il n'y trouva plus l'évêque de Lombès, que les affaires de sa famille avaient appelé à Rome. Dans l'éloignement des empereurs et des papes, Note 710 · Note 495: (retour) O aspettata in ciel, beata e bella, Anima, etc.Note 711 · Le pape paraissait alors principalement occupé de deux grandes entreprises; une nouvelle croisade et le rétablissement du saint-siège à RomeNote 712 · Note 496: (retour) Il vendait ouvertement les bénéfices, et surtout les évêchés, dont il s'attribua le premier la nomination, faite jusqu'alNote 713 · Note 497: (retour) Il croyait, prêchait et soutenait que les ames des justes ne jouiraient de la vision intuitive de Dieu, qu'ils ne verraieNote 714 · La mort de Jean XXII fit évanouir ses espérances. Ce pape mourut à quatre-vingt-dix ans, et conserva jusqu'à la fin sa force de tête et sa vNote 715 · Note 498: (retour) 1335.Note 716 · Note 499: (retour) Mém. sur la Vie de Pétr., t. I, p. 274.Note 717 · Jacques Fournier, son successeur sous le nom de Benoît XII, ne remplit pas plus que lui le vœu de Pétrarque pour le retour de la cour romainNote 718 · Note 500: (retour) 1337.Note 719 · Parmi ces faveurs de la fortune et ce nouvel éclat de renommée, l'état de son âme était toujours le même. Au moment où il concevait quelquesNote 720 · Note 501: (retour) Purvo episcopo et magno viro.Note 721 · Dans cette solitude profonde, pleine de ces beautés agrestes et sauvages qui ne plaisent qu'aux cœurs sensibles, il resta une année entière,Note 722 · Note 502: (retour) 1339.Note 723 · Un autre art vint l'aider à retracer les traits de Laure; Simon de Sienne, élève de Giotto, qui venait de mourir, fut appelé à Avignon, pourNote 724 · Note 503: (retour) Tiraboschi, Istoria della Letter. italiana, t. V, l. III, c. 2.Note 725 · L'étude n'est pas un remède contre l'amour, c'est au contraire l'occupation qui s'allie le mieux avec lui; elle entretient l'esprit dans un Note 726 · Note 504: (retour) Titles of Honour, t. III de ses Œuvres, cité par Gibbon, Decline and fall, etc., c. 70.Note 727 · Mais il portait plus haut son ambition. Dès sa première jeunesse, il avait aspiré à la couronne poétique. Il avait obtenu dans le cours de sNote 728 · Note 505: (retour) Robert de Bardi. Il était en même temps chancelier de l'Église métropolitaine de Paris, place qu'il tenait du pape BenoîtNote 729 · Note 506: (retour) Elle se nommait Clémence, et était veuve de Louis X ou Louis Hutin, roi de France.Note 730 · Note 507: (retour) La réponse au roi est du 26 décembre 1339, et la lettre au père Denis, du 4 janvier suivant. La lettre de Robert ne s'estNote 731 · Note 508: (retour) Nosti enim quod de laurea cogito, quam, singula librans, prœter ipsum de quo loquimur regem, nulli omninò mortalium deberNote 732 · Note 509: (retour) 1341.Note 733 · Sa persévérance et celle de ses amis vinrent à bout de tous les obstacles: cette couronne, objet de tous ses vœux, lui fut offerte par une lNote 734 · Note 510: (retour) Ce récit intéressant termine le premier livre de ses Rerum memorandarum, v. Éd. de Bâle, 1581, p. 405.Note 735 · Dans un de leurs derniers entretiens Robert avait demandé à Pétrarque s'il n'était jamais allé à la cour du roi de France, Philippe de ValoiNote 736 · Note 511: (retour) Le jour de Pâques, 8 avril 1341.Note 737 · Note 512: (retour) Voy. Rer. ital. script., vol XII, p. 540, B. C'est vers la fin des fragments des Annales romaines de Lodovico Monaldesco.Note 738 · Note 513: (retour) Senit., I. XV, ép. i.Note 739 · Pétrarque partit enfin de Naples, arriva à Rome le second jour, et fut couronné solennellement deux jours après au Capitole 511. Revêtu de lNote 740 · Note 514: (retour) Thomas Caloria, de Messine.Note 741 · Note 515: (retour) 1342.Note 742 · Le premier fut un de ses anciens camarades d'études à l'Université de Bologne 514, et le second, le meilleur et le plus cher de tous, l'évêqNote 743 · Note 516: (retour) Fam., l. IV, ép. 6.Note 744 · Note 517: (retour) Il se nommait Pierre Roger, et avait été chancelier de France.Note 745 · Note 518: (retour) Le prieuré de Migliarino.Note 746 · Ces pertes accumulées firent tant d'impression sur lui, qu'il ne recevait plus de lettres sans trembler et sans pâlir 516. Il venait d'être Note 747 · Note 519: (retour) 1343.Note 748 · Il se délassait du spectacle de cette cour, scandaleux et fatigant pour un esprit aussi sage, dans le commerce de ses deux amis, Lello et LoNote 749 · Note 520: (retour) Pour qu'on ne croie pas que j'exagère, voici textuellement ce portrait. Nulla pictas, nulla veritas, nulla fides; horrendNote 750 · Une mission politique vint l'en distraire pour quelque temps. Le bon roi Robert était mort, et n'avait laissé que deux petites filles, dont Note 751 · Note 521: (retour) Famil., l. V, ép. 5.Note 752 · Il en fut reçu avec une hauteur et une dureté révoltantes. Pendant les longueurs de ces deux négociations, il visita de nouveau les environsNote 753 · Note 522: (retour) Ce médecin se nommait Antoine de' Beccari . Pétrarque était depuis long-temps en liaison avec lui, et ne lui sut point maNote 754 · Note 523: (retour) Azon avait promis de remettre au bout de cinq ans la ville de Parme à Luchino Visconti, qui lui en avait fait obtenir la Note 755 · Note 524: (retour) 1344.Note 756 · Il avait été dangereusement malade à Naples; le bruit de sa mort s'était même répandu dans l'Italie: un médecin de Ferrare, qui était aussi Note 757 · Note 525: (retour) 1345.Note 758 · Mais s'il était constant en amour, il avait dans l'esprit une agitation qui le portait sans cesse à changer de lieu, et qui peut-être avait Note 759 · Note 526: (retour) 1346.Note 760 · Note 527: (retour) Real natura, angelico intelletto, etc.Note 761 · Note 528: (retour) M'empiè d'invidia l'atto dolce e strano,Note 762 · Jamais elle ne fut plus fertile que cette année 526. Les moindres bontés de Laure, et ses fréquentes sévérités, ses maladies, ses chagrins, Note 763 · Note 529: (retour) 1347.Note 764 · Note 530: (retour) De otio religiosorum.Note 765 · Note 531: (retour) Mém. pour la Vie de Pétrarque, t. II, p. 315.Note 766 · Telle était la mobilité du génie de Pétrarque et la souplesse de son esprit, qu'il passait rapidement de ses rêveries d'amour à des études gNote 767 · Note 532: (retour) Filius Laurentii; par corruption en latin Rentii, en vulgaire Renzi et Rienzi.Note 768 · Un objet plus grand et d'un plus haut intérêt, vint réclamer l'attention de Pétrarque. On a vu quels avaient toujours été son amour pour l'INote 769 · Note 533: (retour) Famil., l. II, ép. 16. Nulla toto orbe principum familia carior, carior tamen respublica, carior Roma, carior Italia.Note 770 · Note 534: (retour) Per li savi è discreti si disse in fino allora che la detta impresa del tribuno era una opera fantastica e da poco durareNote 771 · En arrivant à Gênes, d'où il comptait aller à Florence, Pétrarque apprit que son tribun ne faisait plus à Rome, que des folies. Il changea d
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