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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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La république de Venise, rivale à beaucoup d'égards de celle de Florence, qui, ayant fixé depuis long-temps la forme de son gouvernement, et garantie, tant par cette forme même que par sa position locale, de l'influence contradictoire de la cour de Rome et de l'Empire, jouissait d'un état beaucoup plus tranquille, eut aussi, vers cette même époque, le premier historien dont elle s'honore. André Dandolo, élevé en 1343 à la dignité de Doge, quoiqu'il n'eût que trente-six ans, était fort versé dans les lois, dans les belles-lettres et surtout dans l'histoire; plein de vertu, de dignité, de gravité, d'amour pour sa patrie, doué d'une éloquence merveilleuse, d'une prudence consommée et d'une grande affabilité, il avait toutes les qualités nécessaires dans le chef d'une république. Pendant sa suprême magistrature, il soutint avec gloire le fardeau des affaires, et conduisit avec autant d'habileté que de courage plusieurs négociations et plusieurs guerres. Celle qui s'alluma entre Venise et Gênes fut cause de sa mort. Les Gênois, d'abord vaincus, reprirent de tels avantages, que les Vénitiens se crurent à deux doigts de leur perte. Dandolo en conçut tant de chagrin qu'il tomba malade et mourut. L'histoire qu'il a laissée et qui jouit de beaucoup d'estime est écrite en latin 424. Elle comprend celle de Venise depuis les premières années de l'ère chrétienne jusqu'à l'an 1342, qui précéda son élection; ce qui prouve que, depuis le moment où il fut chargé de la conduite des événemens qui sont la matière de l'histoire, il n'eut plus le loisir de l'écrire.

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