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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Ce séjour affreux n'est pourtant encore que celui de ces hommes indifférents qui ont vécu sans honte et sans gloire. Dante les place avec les anges qui ne furent ni rebelles ni fidèles à Dieu; qui furent chassés du ciel, mais que les profondeurs de l'Enfer ne voulurent pas recevoir. On a beaucoup disserté sur cette troisième espèce d'anges qu'il semble créer ici de sa propre autorité. Mais ne peut-on pas dire qu'habitué aux agitations d'une république où les partis se heurtaient et se combattaient sans cesse, il a voulu désigner et couvrir du mépris qu'ils méritent, ces hommes qui, lorsqu'il s'agit des intérêts de la patrie, gardent une neutralité coupable, exempts des sacrifices qu'elle impose, des services qu'elle réclame, des périls auxquels elle a le droit de vouloir qu'on s'expose pour elle, et toujours prêts, quoi qu'il arrive, à se ranger du parti du vainqueur? Si ce n'a pas été l'intention du poëte, du moins semble-t-il aller au-devant des applications, surtout quand il se fait dire par Virgile: «Le monde ne conserve d'eux aucun souvenir; la miséricorde et la justice les dédaignent également: cessons de parler d'eux; regarde, et suis ton chemin 33». Ces misérables, qui ne vécurent jamais 34, sont forcés de se précipiter en foule après une enseigne qui court rapidement devant eux: ils sont nus et piqués sans cesse par des guêpes et par des taons. Le sang coule sur leur visage, se confond avec leurs larmes, et tombe jusqu'à leurs pieds, où des vers dégoûtants s'en nourrissent.

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