← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Parmi les princes qui profitaient de ces divisions pour s'agrandir, on remarque surtout Robert, roi de Naples et comte de Provence. Charles II, fils de Charles d'Anjou, fondateur de cette dynastie 381, n'avait pas eu un règne beaucoup plus paisible que celui de son père: il avait cependant commencé à protéger les sciences et les lettres. Robert, son fils, les protégea bien davantage; mais principalement occupé du soin de s'agrandir, il en saisit avidement l'occasion. Il étendit pendant quelque temps sa domination sur la Romagne d'un côté, de l'autre sur la Toscane, et même sur plusieurs petits états du Piémont et de la Lombardie. Son ambition, s'il l'avait pu, était de devenir maître de l'Italie entière; c'était d'ailleurs un excellent roi, un prince très-éclairé. Boccace et d'autres auteurs le placent, pour la science, à côté de Salomon 382. Quoique fils de roi, et né pour le trône, il avait dès son enfance, aimé passionnément l'étude 383. Dans sa jeunesse, au milieu des agitations politiques, des guerres souvent malheureuses, quelquefois même captif, quelquefois aussi entouré des délices d'une cour et de toutes les séductions de son âge, il ne laissa jamais passer un jour sans étudier. Devenu roi, dans la paix et dans la guerre, au milieu des projets les plus ambitieux et les plus vastes, on le voyait toujours entouré de livres, il lisait même à la promenade, et tirait de ses lectures des sujets instructifs et quelquefois sublimes de conversation. Il était orateur éloquent, philosophe habile, savant médecin, et profondément versé dans les matières théologiques les plus abstraites. Il avait négligé la poésie, et s'en repentit dans sa vieillesse, trop tard pour pouvoir la cultiver lui-même. On lui attribue cependant un Traité des vertus morales en vers italiens; mais le savant Tiraboschi a prouvé que ce roi n'en était pas l'auteur 384.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings