Note 364 — Par P.L. GINGUENÉ,
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Note 364:
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C'est ce qu'a fait récemment à Naples un critique judicieux, M.
Giuseppe di Cesare
, membre de l'Académie italienne, de l'Académie florentine et d'autres Académies toscanes, et associé correspondant de la société royale d'encouragement, établie à Naples. Dans un examen de la
Divina Commedia
, divisé en trois discours, qu'il a publié en 1807, petit in-4°., il apprécie avec goût le mérite du plan, de la conduite et du style de ce poëme; mais il avoue aussi les défauts, et de la conduite et du style. Il convient que le mélange du sacré avec le profane, que certains détails bas et ignobles, que plusieurs imitations serviles et hors de propos de Virgile, que l'affectation de s'enfoncer dans un chaos théologique et symbolique vers la fin du
Purgatoire
, et d'y rester enveloppé dans presque tout le
Paradis
, sont des vices de conduite qu'on ne peut excuser. Il en reconnaît de cinq espèces dans le style: pensées fausses, expressions triviales et proverbes vulgaires, froids jeux de mots, images basses et quelquefois indécentes, abus fréquents de la langue latine; il ne dissimule rien, il prouve l'existence de chacun de ces défauts par des exemples. Mais il n'en soutient pas moins, ni avec moins de raison, que malgré les vices du premier genre, il y a dans la conduite et dans le plan de la
Divina Commedia
, plus de jugement et de régularité qu'on ne le croit communément, et qu'on devra toujours regarder ce poëme comme l'un des plus ingénieux et des plus sublimes qu'ait produit l'esprit humain; que malgré les défauts du second genre, le style du Dante sera toujours un vrai modèle d'élocution poétique, et qu'on doit même le préférer encore à celui de tous les autres grands poëtes qui sont venus après lui.
Je saisirai cette occasion de remercier M. di Cesare, au nom de la littérature française et en mon propre nom. Les lettres françaises doivent lui savoir gré de la modération et des égards avec lesquels il relève les jugements inconsidérés que Voltaire a portés sur le Dante. «De tout ce qui précède, dit-il, on peut conclure que Voltaire n'a rien ajouté à sa réputation quand il a parlé de la Divina Commedia comme d'un poëme extravagant et monstrueux, parce qu'il en a parlé peut-être sans l'entendre. Mais je n'oserai accuser ce français illustre (quel sommo francese) d'autre chose que d'un jugement précipité; persuadé comme je le suis, que, sans une très-longue étude, et une patience infinie, on ne peut absolument sentir le prix et goûter les beautés du père de la poésie italienne, et que si cela n'est pas tout-à-fait impossible à un ultramontain, comme l'a montré M. de Mérian, et dernièrement à Paris M. Ginguené, nelle sue belle lezioni su Dante, cela est certainement d'une difficulté incalculable, puisqu'on ne peut pas dire que ce soit chose facile même pour les Italiens.» Esame della Divina Commedia, etc., cap. IV, p. 19 et 20. Ces leçons dont l'auteur parle avec tant d'indulgence sont celles que j'avais faites quelques années auparavant à l'Athénée, que plusieurs Italiens instruits voulaient bien venir entendre, et que je publie aujourd'hui.