Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
Il n'en est peut-être pas de même du Puits et du Purgatoire de saint Patrice, épisode d'un vieux roman, d'où Fontanini et d'autres critiques 16 pensent que notre poëte a pu tirer l'idée de la forme de son Enfer. Ce roman est intitulé Guerino il Meschino, Guérin le malheureux ou le misérable; la fable du puits de saint Patrice, tirée des légendes du temps, y forme un long épisode 17. Ce Puits était situé dans une petite île au milieu d'un lac, à deux lieues de Dungal en Irlande. Guérin y descend, et voit toutes les merveilles que la superstition y supposait; les épreuves des âmes dans le Purgatoire, leurs supplices dans l'Enfer, leurs joies dans le Paradis. Dans le Purgatoire ce sont différents lacs remplis de flammes, ou de serpents, ou de matières infectes qui servent à purger les âmes des différents péchés; dans l'Enfer, ce sont des cercles disposés concentriquement l'un au-dessous de l'autre. Il y en a sept, et dans chacun de ces cercles, les damnés sont punis par des supplices divers pour chacun des sept péchés capitaux. Satan est placé au fond dans un lac de glace, et ce lac est au centre de la terre. Guérin passe dans tous ces cercles l'un après l'autre; il y retrouve plusieurs personnes qu'il avait connues sur la terre; les lieux qu'il parcourt et les peines qu'il voit souffrir à l'effroyable aspect du chef des anges rebelles, sont décrits avec assez de force. Au-delà des cercles infernaux, il est introduit dans le Paradis par Énoch et Élie, qui lui en font connaître les beautés, et résolvent tous les doutes qu'il leur expose.