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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note 52 — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Note 52:

(retour)

J'ai voulu, dans ces derniers mots, rendre par une mesure à peu près semblable l'harmonie tombante des derniers mots italiens.

Co¯me˘ co¯rpo˘ mo¯rto˘ ca¯de˘. Comme tombe un corps sans vie.

Mais je n'ai pu trouver pour la dernière syllabe longue qu'une voyelle moins grave et moins sonore. Cette version offrait mille difficultés; il fallait conserver la répétition élégante et imitative du mot tomber au dernier vers:

E caddi, come corpo morto cade;

Corpo morto n'a rien que de noble en italien: un corps mort serait ridicule en français; enfin l'harmonie de la phrase était en quelque sorte sacrée, et c'était un devoir de la conserver. C'est à quoi n'ont songé ni Moutonnet, ni Rivarol, dans leurs traductions, qu'il est inutile de citer. Ce soin de l'harmonie imitative qui manque dans presque toutes les traductions de vers en prose, donnerait beaucoup de peine au traducteur, et il faut l'avouer, ne serait apprécié que par un petit nombre de lecteurs; mais c'est ce petit nombre qu'il faut toujours s'efforcer de satisfaire.

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