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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Sans nous occuper donc des trois énormes faces du monstre, l'une rouge, l'autre noire et l'autre jaunâtre, de ses trois gueules écumantes qui mâchent éternellement trois damnés 164, de ses six ailes démesurées, et de tout le reste de son effroyable colosse, il suffit de nous rappeler que le centre de l'Enfer, où l'archange rebelle est plongé, est aussi le centre de la terre, et de voir le parti que Dante a tiré de cette idée. Virgile le prend sur ses épaules, saisit le moment où Lucifer cesse d'agiter ses sextuples ailes, s'attache aux flocons de glace dont les flancs du monstre sont couverts comme d'une épaisse toison, et descend ainsi jusqu'à sa ceinture. Alors, se tenant plus fortement aux poils, il tourne, avec beaucoup d'efforts, sa tête où il avait les pieds, et monte au lieu de descendre. Il sort enfin par l'ouverture d'un rocher, dépose Dante sur le bord, et y monte après lui. Les jambes renversées de Satan sortent par ce soupirail; il est là toujours debout, à la place où il tomba du ciel. Il s'enfonça jusqu'au centre de la terre, et il y resta fixé. C'est-là que cesse d'agir cette force de gravitation qui entraîne tous les corps pesants; et il est assez remarquable qu'à travers la mauvaise physique que supposent les explications qu'il donne ensuite des effets produits sur la forme de la terre, par la chute même de Satan, le Dante eût déjà cette idée 165. Au-dessus de l'endroit où les deux poëtes se sont assis, un ruisseau tombe à travers les rochers; ils montent l'un après l'autre par la route étroite et difficile que l'eau a creusée; ils voient enfin reparaître la lumière, et se trouvent, après tant de fatigues, rendus à la clarté du jour.

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