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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

En terminant ce récit, l'âme de Justinien va rejoindre les autres âmes heureuses 290. Elles reprennent ensemble leur danse qu'elles avaient interrompue, et comme des étincelles rapides elles disparaissent dans l'éloignement. Béatrix, restée seule avec le Dante, s'empresse de résoudre des doutes qu'elle lit dans ses yeux, et dont l'objet est cette vengeance que Titus tira des Juifs. Justinien a dit que ce prince courut venger la vengeance de l'ancien péché 291. Comment une vengeance peut-elle être juste, quand elle punit la vengeance d'un crime? Mais ce crime, ou ce péché était celui du premier homme: la vengeance qui en avait été prise, était la mort à laquelle Jésus-Christ s'était soumis: cette mort était elle-même un crime commis par les Juifs, qui exigeait une vengeance, et c'est cette vengeance qui fut exercée par Titus. Béatrix entre, à ce sujet, dans des explications très-longues et très-théologiques, sur la rédemption, sur le péché originel qui la rendait nécessaire, et sur d'autres questions de cette nature; l'on regrette toujours que Dante s'y soit engagé; mais toujours aussi l'on est surpris de voir avec quelle force, quelle propriété de termes, et, autant que la matière le comporte, avec quelle clarté il les traite.

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