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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Il est vrai qu'à travers ce mauvais style, qui dégénère quelquefois en jargon, l'on y trouve de la verve, de la facilité, et une naïveté de pensées et d'expressions qui n'est jamais sans quelque charme. Iacopone a du rapport, pour les idées, avec notre abbé Pellegrin, quoiqu'il vaille mieux que lui. Dans l'un de ses cantiques, par exemple 431, il fait dialoguer ensemble l'âme et le corps: l'âme propose au corps les mortifications de la pénitence; le corps y répugne et les refuse tant qu'il peut. L'âme lui présente une discipline à gros nœuds; elle s'en sert, et le fustige rudement en lui disant des injures: le corps crie au secours contre cette âme sans pitié; cette âme cruelle qui l'a tué, battu, ensanglanté, etc. 432. Dans un autre cantique 433, le bon Iacopone s'emporte contre la parure des femmes: il les compare au basilic. «Le basilic, dit-il, tue l'homme par les yeux: sa vue empoisonnée fait mourir le corps; la vôtre est bien pire; elle tue l'âme.» Il les appelle servantes du diable434, à qui elles envoient un grand nombre d'âmes. Quand il en vient à leur parure, il va des pieds à la tête, depuis la chaussure qui fait paraître la naine une géante, jusqu'à la coiffure et aux faux cheveux. Dans un troisième cantique 435, l'âme et le corps sont de nouveau mis en scène: le lieu et l'instant de cette scène sont terribles; c'est le jour du jugement dernier: l'âme revient chercher son corps pour se rendre devant le juge; elle lui reproche de l'avoir entraînée dans le crime dont il va partager la peine: l'Ange fait résonner l'effrayante trompette 436. Ce serait le sujet d'une ode à faire frémir; mais il faudrait qu'au lieu d'être faite par Iacopone, elle le fût par un Chiabrera ou par un Guidi.

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