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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Je trouve un autre sonnet de Cino, dont le tour est vif, le sentiment vrai, et l'expression naturelle; il ne serait pas indigne de Pétrarque, si l'auteur, qui s'était imposé la tâche de le faire tout entier sur deux seules rimes, n'y eût pas employé quelques adverbes, et surtout malvagiamente, que Pétrarque, je crois, n'y eût pas mis. Voici le sens du sonnet de Cino: «Homme égaré, qui marches tout pensif, qu'as-tu 476? quel est le sujet de ta douleur? que vas-tu méditant dans ton âme? pourquoi tant de soupirs et tant de plaintes? Il ne semble pas que tu aies jamais senti aucun des biens que le cœur sent dans la vie. Il paraît au contraire à tes mouvements, à ton air, que tu meurs douloureusement; si tu ne reprends courage, tu tomberas dans un désespoir si funeste, que tu perdras et ce monde-ci et l'autre. Invoque la pitié; c'est elle qui te sauvera. Voilà ce que me dit la foule émue qui m'environne.» Ce dernier vers qui applique tout d'un coup au poëte ce qu'on croit, dans tout le cours du sonnet, que le poëte, lui-même, adresse à un inconnu, ajoute aux autres mérites de cette petite pièce, celui de l'originalité. On peut distinguer encore dans ces poésies, une ode ou canzone sur la mort de l'empereur Henri VII 477, qui ne manque ni de naturel ni de noblesse, et deux canzoni satiriques; l'une contre les Blancs et les Noirs de Florence 478, qui n'est pas d'un sel bien piquant, l'autre adressée au Dante 479, où il y en a davantage; elle est dirigée contre une ville où le poëte s'ennuie, et cette ville est Naples 480, quoique aucun des auteurs qui ont parlé de Cino, ne dise qu'il y ait voyagé 481. Ou c'est une particularité de sa vie qui leur a échappé, ou cette satire que les anciens recueils lui attribuent, n'est pas de lui.

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