Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Il paraît y avoir un grand rapport entre ce chétif ouvrage et une partie du Trésor de Brunetto Latini. On y parle de même du ciel, des éléments, de la terre, des oiseaux, des poissons, des quadrupèdes, des vertus et des vices. L'un semblerait n'être qu'un extrait de l'autre mis en vers et revêtu seulement dans les détails, des imaginations de l'auteur. Je trouve dans le titre même, tel qu'il était, suivant l'opinion du savant Quadrio, avant les altérations qu'on y a faites, une raison de plus pour croire que Cecco eût en vue, dans son poëme, le grand traité de Brunetto. L'Acerbo, selon cet auteur 438, était le premier titre de l'ouvrage, et c'est l'ignorance des copistes, qui en fait depuis L'Acerba qu'on n'a jamais pu expliquer. Or, dans acerbo, le b était employé, comme il arrivait souvent, pour un v. Le véritable mot était donc acervo, qui signifie poétiquement, comme le latin acervus, un tas, un amas, un monceau, et Cecco lui donna ce titre pour désigner un rassemblement, un amas d'objets de toute espèce. Ce fut une raison semblable qui engagea Brunetto Latini à donner au sien le nom de Trésor; les deux ouvrages se ressemblaient donc, non seulement par la matière, mais par le titre. Aucun auteur, italien, je crois, n'a fait ce rapprochement, ni formé cette conjecture, sur laquelle je me garderai bien d'insister, malgré le vraisemblance qu'elle a pour moi.