Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Entre ce plan et celui du Dante il y a certainement de grands rapports; mais la question est de savoir si ce roman existait, tel qu'il est, au temps de notre poëte. Fontanini 18 et d'autres auteurs 19 sont de cette opinion, et attribuent ce très-ancien roman à un certain André de Florence. Le savant Bottarie pense 20, au contraire, que le roman de Guérin est d'origine française, qu'il fut ensuite traduit par cet André en italien; que Dante peut avoir pris dans l'original un premier aperçu de son plan, mais que les rapports plus particuliers qui s'y trouvent furent transportés de son poëme dans la traduction du roman. Un fait vient à l'appui de cette conjecture. Le Purgatoire de saint Patrice, fameux dans l'histoire des superstitions modernes, l'est aussi dans notre ancienne littérature. Marie de France, qui vivait au commencement du treizième siècle, la première qui ait écrit des fables dans notre langue, écrivit aussi le conte dévot de ce Purgatoire 21; elle dit l'avoir tiré d'un livre plus ancien qu'elle 22, et ce livre était vraisemblablement le roman français de Guérin. Or, dans ce conte de Marie de France, un chevalier qui descend au fond du Puits de saint Patrice, voit en effet le Purgatoire, l'Enfer et le Paradis, mais dans la description de l'Enfer, il n'est point question de cercles, et dans le reste il n'y a aucune des particularités qui semblent rapprocher l'un de l'autre le poëme du Dante et cet épisode du roman de Guérin. Il est donc assez probable que ce fut le traducteur italien qui, publiant sa traduction dans le moment où la Divina Commedia occupait le plus l'attention publique, en emprunta les détails qu'il crut propres à enrichir cette partie des aventures du héros 23.