← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Ils s'obstinèrent à l'y vouloir jeter après sa mort. Quoique à ses derniers moments il eût déclaré aux médecins et à ses amis, qu'il reconnaissait pour faux et trompeur l'art de l'astrologie auquel il s'était livré; quoique dans son testament, et même dans une profession de foi expresse il eût déclaré être bon catholique, et croire tout ce que l'Église enseigne, et qu'en conséquence il eût été enterré solennellement dans l'église de St.-Antoine, les inquisiteurs suivirent imperturbablement la procédure commencée contre lui, le jugèrent coupable d'hérésie, le condamnèrent au feu, et ordonnèrent aux magistrats de Padoue, sous peine d'excommunication, de déterrer son cadavre et de le faire brûler publiquement. Mais cette sentence resta sans effet, ou n'en eut du moins qu'en apparence. Une certaine Mariette, qui vivait avec lui, que les uns disent sa concubine, les autres seulement sa domestique, ayant appris le soir même cette sentence, fit secrètement exhumer le corps pendant la nuit, et le fit enterrer dans l'église de St.-Pierre. Les inquisiteurs, furieux d'avoir perdu leur proie, se mirent à procéder contre ceux qui la leur avaient enlevée, et contre tous ceux qui auraient eu connaissance de ce délit. Les magistrats de Padoue ne purent les apaiser et mettre fin à tous ces scandales qu'en faisant brûler sur la place publique l'effigie du mort, ou une statue qui le représentait, après y avoir lu à haute voix sa sentence 398.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings