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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Pétrarque partit enfin de Naples, arriva à Rome le second jour, et fut couronné solennellement deux jours après au Capitole 511. Revêtu de la robe que le roi de Naples lui avait donnée, il marchait au milieu de six principaux citoyens de Rome, habillés de vert, et précédés par douze jeunes gens de quinze ans vêtus d'écarlate, choisis dans les meilleures maisons de la ville. Le sénateur Orso, comte de l'Anguillara, ami de Pétrarque, venait ensuite accompagné des principaux du conseil de ville, et suivi d'une foule innombrable, attirée par le spectacle d'une fête interrompue depuis tant de siècles. L'histoire en a conservé les détails 512, qui occuperaient ici trop de place. Ils sont faits pour enflammer l'imagination des amants de la gloire; mais la manière dont Pétrarque envisageait ce triomphe dans sa vieillesse est capable de la refroidir. «Cette couronne, écrivait-il 513, ne m'a rendu ni plus savant, ni plus éloquent; elle n'a servi qu'a déchaîner l'envie contre moi, et à me priver du repos dont je jouissais. Depuis ce temps, il m'a fallu être toujours sous les armes; toutes les plumes, toutes les langues étaient aiguisées contre moi, mes amis sont devenus mes ennemis; j'ai porté la peine de mon audace et de ma présomption.» Au reste il est peut-être aussi bon pour l'homme qu'inhérent à sa nature, d'éprouver de fortes illusions dans sa jeunesse, et d'y renoncer à son déclin.

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