Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Dans un de leurs derniers entretiens Robert avait demandé à Pétrarque s'il n'était jamais allé à la cour du roi de France, Philippe de Valois. Le poëte lui répondit qu'il n'en avait jamais eu la pensée. Le roi sourit, et lui en demanda la raison. C'est, dit Pétrarque, parce que je n'ai pas voulu jouer le rôle d'un homme inutile et importun auprès d'un roi étranger aux lettres. J'aime mieux être fidèle à l'alliance que j'ai faite avec la pauvreté que de me présenter dans le palais des rois, où je n'entendrais personne, et où personne ne m'entendrait. Il m'est revenu, reprit Robert, que son fils aîné ne négligeait pas l'étude. Je l'ai ouï dire aussi, répartit Pétrarque; mais cela déplaît au père, et l'on assure, sans que je veuille le garantir, qu'il regarde les précepteurs de son fils comme ses ennemis personnels; c'est ce qui m'a ôté jusqu'à la plus légère tentation de l'aller voir. «Alors cette ame généreuse, c'est Pétrarque lui-même qui le raconte ainsi 510, frémit et se montra pénétrée d'horreur. Après un moment de silence, pendant lequel il était resté les yeux fixés sur la terre et l'indignation peinte sur le visage, il releva la tête en disant: «Telle est la vie des hommes, telle est la diversité des jugements, des goûts et des volontés. Pour moi, je jure que les lettres me sont beaucoup plus douces et plus chères que ma couronne, et que s'il fallait renoncer à l'un ou à l'autre, je me priverais plus volontiers de mon diadême que des lettres.»