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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Il avait été dangereusement malade à Naples; le bruit de sa mort s'était même répandu dans l'Italie: un médecin de Ferrare, qui était aussi poëte, se hâta de faire à ce sujet un poëme allégorique et bizarre, intitulé: la Pompe funèbre de Pétrarque 522. Cette triste folie accrédita si bien le faux bruit de sa mort, qu'en revenant de Naples, il fut pris par des hommes crédules pour un spectre ou pour une ombre, et que plusieurs eurent besoin, pour le croire vivant, de joindre le témoignage du toucher à celui des yeux. Il se rendit sans difficultés jusqu'à Parme; mais là, il trouva le pays en feu, les Corrége divisés entre eux, en guerre avec les princes voisins 523, et bloqués par une armée ennemie; la Lombardie inondée de compagnies d'armes qui y mettaient tout au pillage, enfin sa chère Italie en proie aux horreurs des guerres de parti, et comme au temps des barbares, couverte de sang en de ruines 524. Il ne pouvait, sans danger, ni rester à Parme, ni en sortir. Il préféra ce dernier parti. Ce ne fut qu'avec des risques infinis et après des accidents graves, qu'il parvint, pour ainsi dire, à s'échapper de l'Italie. Il se revit avec enchantement dans cette ville d'Avignon, dont il disait, écrivait et pensait tant de mal, et où il revenait toujours. Il se hâta d'aller goûter quelque repos dans son Parnasse transalpin, c'est ainsi qu'il nommait sa maison de Vaucluse. Son Parnasse cisalpin était à Parme. La ville où habitait Laure, les campagnes environnantes où elle se promenait souvent, donnèrent une nouvelle ardeur à son amour, et rendirent à sa verve poétique son heureuse fécondité.

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