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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Dante, avant de s'y engager, fait quelques questions à son guide. Pourquoi, lui demande-t-il, les criminels qu'ils ont vus jusqu'à présent, les paresseux, les voluptueux et les autres, sont-ils moins cruellement punis que ces derniers coupables? Virgile répond en lui rappelant la distinction que la morale établit entre l'incontinence, la méchanceté et la férocité brutale, trois vices que le ciel réprouve, mais dont le premier l'offense moins que les deux autres. Cette distinction est dans la morale d'Aristote 75, ce qui prouve que l'étude de ce philosophe était familière à notre poëte 76. Pourquoi, demande-t-il encore, l'usure est-elle mise au rang des actes de violence qui outragent Dieu et la nature? Virgile prend sa réponse dans la philosophie générale, dans la physique d'Aristote et dans la Genèse. Mettant à part la singularité de cette dernière citation, dans la bouche de celui qui la fait, son explication, un peu obscure, est, dans sa première partie surtout, pleine de force et de dignité. «La philosophie, dit-il, apprend en plus d'un endroit à ceux qui s'y appliquent que la Nature tire sa source de la divine intelligence et de son art 77. Rappelle-toi bien ta physique 78; tu y trouveras que votre art, à vous autres mortels, suit autant qu'il le peut la Nature, comme le disciple suit son maître: votre art est donc, pour ainsi dire, le petit-fils de Dieu. Souviens-toi encore que, selon la Genèse, c'est de la Nature et de l'Art que l'homme, dès le commencement, dut tirer sa vie, et ensuite ses progrès 79.

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