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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Le droit civil et le droit canon soutenaient l'essor qu'ils avaient pris dans le siècle précédent. Le premier surtout avait à Bologne, à Padoue, et dans plusieurs autres universités, un grand nombre de professeurs célèbres, et, parmi eux, un des poëtes les plus fameux de ce temps, Cino da Pistoia. Son nom de famille était Sinibaldi, ou plutôt Sinibuldi, et son prénom Guittoncino 407, diminutif de Guittone, dont on fit, par abréviation Cino. C'est sous ce dernier nom et sous celui de Pistoia, sa patrie, qu'il est parvenu à la postérité. Son père et sa famille, qui était ancienne et distinguée, prirent le plus grand soin de sa première éducation. Le goût dominant de son siècle le décida pour l'étude des lois; mais la nature l'avait fait poëte, et il se livra dès sa jeunesse à ces deux études à la fois. Il prit ses premiers degrés à Bologne, dans la faculté de droit. Il put dès-lors être revêtu d'un emploi de judicature, et il en exerçait un en 1307 dans sa patrie 408, quand la faction des Noirs rentra de force à Pistoia d'où elle avait été chassée de même. Cino était Gibelin et du parti des Blancs: il ne put tenir à la position critique où cette révolution le plaçait; il s'exila volontairement, et se retira d'abord vers la Lombardie. Une de ses raisons pour prendre ce chemin, fut son amour pour la belle Selvaggia, qu'il a tant célébrée dans ses vers. Philippe Vergiolesi, père de Selvaggia, était à Pistoia le chef des Blancs. Forcé par les mêmes circonstances à chercher un asyle, il s'était retiré avec sa famille dans un château fort sur des montagnes voisines des frontières de la Lombardie. Cino l'alla trouver, et en fut parfaitement accueilli; mais, pendant son séjour auprès du père, il eut la douleur d'y voir mourir la fille, sa jeune et chère Selvaggia.

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