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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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On les relève bientôt: on se trouve au-dessus du neuvième ciel 354, dans ce cercle, dit Béatrix, qui est toute lumière, cette lumière intellectuelle qui est tout amour, cet amour du vrai bien qui est toute joie, cette joie qui est au-dessus de toutes les douceurs 355. Une lumière éblouissante y coule en forme de rivière, entre deux bords émaillés des plus admirables couleurs du printemps. Il en sort de vives étincelles, qui vont s'abattre dans les fleurs et y paraissent enchâssées comme des rubis dans de l'or. Ensuite, comme enivrées de douces odeurs, elles se replongent dans le fleuve miraculeux, et lorsque l'une y rentre, une autre en sort. Béatrix lit dans les regards du Dante le désir qu'il a de savoir ce que sont toutes ces merveilles; mais elle veut qu'auparavant il boive de l'eau de cette rivière. Il se courbe à l'instant vers cette onde, comme un enfant se précipite vers le lait maternel, quand il s'est réveillé beaucoup plus tard qu'à l'ordinaire. Aussitôt que ses paupières s'y sont désaltérées, ces fleurs et ces étincelles se changent à ses yeux en un plus grand spectacle: il voit les deux cours du ciel, c'est-à-dire, selon les interprètes, les anges au lieu des étincelles, et les âmes humaines à la place des fleurs. Dans un cercle de lumière émanée d'un rayon même de l'Éternel, cercle si vaste que sa circonférence formerait autour du soleil une trop large ceinture, sont disposés concentriquement, comme les feuilles d'une rose, des milliers de siéges glorieux où sont assises ces deux divisions de la cour céleste. La lumière éternelle est au centre, autour duquel les âmes heureuses, qui sont revenues de leur exil sur la terre, occupent le dernier rang. Elles se mirent incessamment dans la divine lumière; ainsi qu'une colline riante se mire dans l'eau qui coule à ses pieds, comme pour se voir parée d'une abondance d'herbes et de fleurs 356. Si le plus bas degré brille d'un si grand éclat, et s'il s'étend dans un si prodigieux espace, quelle doit donc être l'étendue de cette rose, au rang le plus élevé de feuilles? Béatrix fait admirer au poëte le nombre de ces âmes revêtues de gloire, et le prodigieux contour de la cité céleste. Presque tous ces siéges sont tellement remplis, qu'il y reste désormais peu de places. On en voit un, surmonté d'une couronne, destiné à l'empereur Henri VII; le même pour qui Dante écrivit son traité de la Monarchie; l'idée de cet empereur lui rappelle le pape Clément V, son ennemi, et la place qu'il lui a déjà promise en Enfer avec les simoniaques, dans ce trou enflammé où Boniface VIII doit enfoncer Innocent III, et Clément V enfoncer Boniface 357.

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