Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Mais s'il était constant en amour, il avait dans l'esprit une agitation qui le portait sans cesse à changer de lieu, et qui peut-être avait pour première cause, son amour même. Cette passion, toujours au même degré de force, et toujours aussi peu récompensée, lui paraissait peut-être moins convenable dans un archidiacre de quarante ans. Plusieurs causes lui rendaient le séjour d'Avignon de plus en plus insupportable. Le luxe et le désordre des mœurs y étaient au comble: sa fortune n'y avançait point, et son plus chaud protecteur lui-même, le cardinal Colonne, n'avait encore rien fait pour lui: Ason de Corrége, réconcilié avec Mastino della Scala, le pressait vivement de revenir. Il prit enfin le parti de quitter pour toujours Avignon, Laure et Vaucluse. Il eut mille peines à se séparer du cardinal sans rompre leur amitié. En prenant congé de Laure, il la vit pâlir, et chancela dans résolutions; mais enfin il partit 525, alla directement à Parme, où il resta peu de temps pour ses affaires, et de là, s'embarqua sur le Pô; il descendit à Vérone, où Azon l'attendait. A peine y était-il établi, que ses incertitudes recommencèrent. Ses amis d'Avignon faisaient tous leurs efforts pour l'y rappeler. L'un lui peignait la tristesse et les regrets de Laure; l'autre le désir que le cardinal Colonne avait de le revoir; un troisième, le même vœu formé par le pape, et le soin que ce pontife prenait souvent de s'informer de sa santé. Pétrarque résista quelque temps, mais il céda, comme il cédait toujours, et revint à Avignon par la Suisse.