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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Laure, dont le portrait séduisant est épars dans les vers qu'elle lui a inspirés, et qui ressemblait; dit-on, à ce portrait, était fille d'Audibert de Noves, chevalier riche et distingué. Elle avait épousé, après la mort de son père, Hugues de Sade, patricien, originaire d'Avignon, jeune, mais peu aimable et d'un caractère difficile et jaloux. Laure, qui avait alors vingt ans 489, était aussi sage que belle; aucune espérance coupable ne pouvait naître dans le cœur du jeune poëte. La pureté d'un sentiment que ni le temps, ni l'âge, ni la mort même de celle qui en était l'objet ne purent éteindre, a trouvé beaucoup d'incrédules: mais on est aujourd'hui forcé de reconnaître, d'une part, que ce sentiment fut très-réel et très-profond dans le cœur de Pétrarque; de l'autre, que si Pétrarque toucha celui de Laure, il n'obtint jamais d'elle rien de contraire à son devoir. Chanter dans ses vers l'objet qu'il avait choisi, sans doute s'efforcer de lui plaire, suivre ses études, cultiver des relations utiles et surtout l'amitié des Colonne, tel fut, pendant trois ans, tout l'emploi de la vie de Pétrarque. Jacques Colonne ayant obtenu l'évêché de Lombès, pour prix d'une action téméraire, qui était plutôt d'un guerrier que d'un prêtre 490, arracha enfin son ami à cette vie obscure et sédentaire, et l'emmena dans son évêché 491. Pétrarque aimait à changer de lieu: d'ailleurs, il combattait de bonne foi sa passion pour Laure: il crut y faire, en s'éloignant, une diversion utile, et satisfaire à la fois par ce voyage, la curiosité, la raison et l'amitié.

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