← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Sept candélabres d'or plus resplendissants que des astres, vingt-quatre vieillards couronnés de lys, et tout un peuple vêtu de blanc précédaient un char, qui s'avançait au milieu de quatre animaux ailés; ils avaient chacun six ailes, dont les plumes étaient parsemées d'yeux semblables à ceux d'Argus; le char était traîné par un griffon, dont les ailes déployées s'élevaient si haut, qu'on les perdait de vue. Sept jeunes filles, vêtues de différentes couleurs, dansaient aux côtés du char, trois auprès de la roue droite, et quatre auprès de la gauche. Ce char et tout son cortège sont pris, comme on le voit assez, dans Ezéchiel et dans l'Apocalypse. C'est la figure ou le symbole de l'Église, ou plus particulièrement du Saint-Siège; et toutes ces descriptions, où le poëte a prodigué les richesses de son style, et les autres descriptions qui vont suivre, ne sont que des allégories religieuses, dont il est aisé de pénétrer le sens. Le char est donc l'Église, les quatre animaux sont les évangélistes, les danseuses sont les sept vertus, et le griffon, animal qui rassemblait en lui les deux natures de l'aigle et du lion, est Jésus-Christ lui-même, chef de tout le cortège et conducteur du char. Sept autres vieillards ferment la marche, et les commentateurs reconnaissent en eux S. Luc et S. Paul, l'un auteur des Actes des Apôtres, l'autre des Épîtres; quatre autres apôtres, qui ont écrit les lettres dites canoniques, et S.-Jean, l'auteur de l'Apocalypse. Enfin, ce qu'il serait plus difficile de deviner, et ce qui a partagé les commentateurs, la jeune femme qui chantait en cueillant des fleurs, et qui a préparé Dante au spectacle dont il jouit, est cette affection vive ou cet amour qui doit attacher à l'Église ceux qui veulent avoir part à ses bienfaits. Le poëte ne dit que vers la fin le nom de cette beauté symbolique. Il l'appelle Mathilde, et ne pouvait en effet trouver dans l'histoire aucune femme qui eût montré plus d'affection pour l'Église, que la célèbre Mathilde 262, et dont le nom indiquât mieux ce qu'il a voulu cacher sous cet emblême.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings