Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Les yeux du Dante, fatigués de ces tristes spectacles, sentaient le besoin de pleurer 144. Virgile le presse de hâter le pas. Le temps s'écoule; il leur en reste peu pour tous les objets qu'ils ont à voir encore. Ils ont aperçu de loin une ombre qui montrait le Dante, et semblait le menacer; c'était celle d'un de ses parents, homme de mauvaise vie 145, qui avait été tué dans une rixe, et qui lui en voulait sans doute, parce que sa mort n'avait pas été vengée par sa famille. Après un dialogue peu intéressant sur ce sujet, les deux poëtes arrivent à la dixième et dernière de ces fosses, qui, toutes comprises dans le huitième cercle, vont toujours s'inclinant par degrés vers le centre, sur lequel toutes pèsent à la fois. Des cris plaintifs et divers frappent l'oreille et blessent le cœur des pointes aiguës de la pitié 146. Tous les maux entassés dans les hôpitaux les plus malsains égaleraient à peine ceux qui sont accumulés dans cette fosse. Les damnés s'y traînent, comme des moribonds couverts de lèpre ou comme des pestiférés. Leur peau écailleuse est tourmentée de démangeaisons insupportables; ils la déchirent avec leurs ongles. Ce sont plusieurs espèces de faussaires: l'un avait falsifié les métaux; il était d'Arezzo 147, et avait trompé un certain Albert de Sienne, homme simple, que l'évêque de cette ville avait vengé en faisant brûler vif, comme magicien, le faussaire. Ceci amène contre les Siennois une tirade satirique, où l'on distingue ce trait décoché à la fois contre eux et contre les Français. «Fut-il jamais nation plus vaine que la Siennoise? Certes, la Française elle-même ne l'est pas autant de beaucoup 148». Nation vaine ou frivole si l'on veut; mais quel rapport y a-t-il alors entre nous et ce crédule Albert? Nation sotte et de peu d'esprit, comme quelques commentateurs l'entendent 149; mais quel rapport entre ces défauts et les nôtres?