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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Deux de ces sonnets paraissent avoir été faits lorsque Cino fut revenu de France. En passant l'Apennin, peut-être pour aller à Bologne, il visita le tombeau de Selvaggia. «Jamais, dit-il, dans l'un de ces sonnets adressé au Dante, jamais ni pélerin, ni aucun autre voyageur ne suivit son chemin avec des yeux si tristes et si chargés de douleur que moi, lorsque je passai l'Apennin 473. J'ai pleuré ce beau visage, ces tresses blondes, ce regard doux et fin, que l'amour remet devant mes yeux, etc.» Il dit, dans l'autre sonnet: «J'allai sur la haute et heureuse montagne, où j'adorai, où je baisai la pierre sacrée 474; je tombai sur cette pierre, hélas! où l'honnêteté même repose. Elle enferma la source de toutes les vertus, le jour où la dame de mon cœur, naguère remplie de tant de charmes, franchit le cruel passage de la mort. Là, j'invoquai ainsi l'Amour: Dieu bienfaisant, fais que d'ici la mort m'attire à elle, car c'est ici qu'est mon cœur: mais il ne m'entendit pas; je partis en appelant Selvaggia, et je passai les monts avec les accents de la douleur.» Cette douleur ingénieuse, et cependant profonde, intéresse; et quand on pense que le poëte, qui est allé nourrir ses regrets, et donner l'essor à son génie sur ce tombeau, était un grave jurisconsulte, un savant professeur, qui allait peut-être en ce moment mettre le dernier sceau à sa renommée, par son commentaire sur le Code 475, on se sent doublement intéressé par ce mélange de sensibilité, de talent et de science.

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