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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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On peut juger, par un seul exemple, de tout ce qu'il avait à faire et combien les savants eux-mêmes étaient alors peu avancés. Un professeur de l'Université de Bologne, qui lui écrivait au sujet des auteurs anciens, et surtout des poëtes, voulait que l'on comptât parmi ces derniers, Platon et Cicéron, ignorait le nom de Nœvius et même celui de Plaute, et croyait qu'Eunius et Stace étaient contemporains 390. A l'imperfection des connaissances et à la rareté des livres, ajoutons l'ignorance des copistes. En transcrivant les meilleurs livres, ils les défiguraient souvent de manière que les auteurs eux-mêmes les auraient à peine reconnus. C'est sur ces notions qu'il faut réduire ce qu'on trouve dans les histoires littéraires sur les riches bibliothèques données à telle Université, fondées dans telles villes, formées par tel prince, et ouvertes par ses ordres aux savants et au public. Si on les compare avec nos grandes bibliothèques, ce sont de chétifs cabinets de livres: c'est une véritable disette opposée à un effrayant excès.

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