← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Après avoir formé d'abord trois seules lettres, où les interprètes voient les initiales de trois mots latins qui commandent d'aimer la justice des lois 316, ces flammes voltigeantes figurent trente-cinq lettres 317, voyelles et consonnes, et se rangent en deux files, dont la première trace ces mots: Diligite justitiam, et la seconde ceux-ci: Qui judicatis terram. Aimez la justice, ô vous qui jugez la terre! Le fond de la planète est d'argent, et ces lettres enflammées y brillent comme des caractères d'or. Tout à coup elles se séparent, se combinent de nouveau, et forment, par leur réunion, la figure d'un grand aigle. Les unes en font la tête surmontée d'une couronne, d'autres le cou, d'autres enfin les ailes étendues, le corps et les pieds. Au souvenir de ces merveilles, Dante s'adresse à l'étoile qui les lui a offertes: il reconnaît que s'il est encore de la justice sur la terre, c'est à ses influences qu'elle est due. Il prie le moteur éternel de regarder d'où s'élève l'épaisse fumée qui en ternit les rayons. Qu'il vienne, il en est temps, chasser une seconde fois du temple ceux qui n'y font qu'acheter et vendre. La simonie, l'abus que l'on fait du pouvoir spirituel, pour enlever le pain aux malheureux sans défense, allument l'indignation du poëte, qui finit, comme il le fait peut-être trop souvent, par invectiver, en mots couverts, mais intelligibles, le pape Boniface VIII, son oppresseur.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings