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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Au centre de tous ces tombeaux 72, dont le dernier est celui d'un pape, Anastase II, des pierres brisées forment l'ouverture d'un profond abîme, d'où sort une vapeur empestée. Les deux poëtes arrivent au bord, et Virgile explique au Dante ce que contient cet abîme. Il est divisé dans sa profondeur en trois cercles, tels que ceux qu'ils ont déjà parcourus, mais où les crimes sont plus grands et les peines plus cruelles. Tout mal se fait ou par violence ou par fraude. La fraude étant le vice propre à la nature de l'homme 73, déplaît le plus à Dieu; les traîtres sont donc jetés dans le cercle inférieur pour y éprouver plus de tourments. Dans le premier des trois cercles c'est la violence qui est punie, et dans trois divisions différentes de ce cercle, selon les trois sortes de violence, selon que par ce vice on a offensé Dieu, soi-même ou le prochain. On offense le prochain par la ruine, l'incendie ou l'homicide; on s'offense soi-même en portant sur soi une main violente, en dissipant et perdant au jeu tout son bien; on offense Dieu en le blasphémant, en outrageant la nature, en méconnaissant sa bonté. Les homicides, les incendiaires et les brigands sont tourmentés dans la première des trois divisions; les suicides et les prodigues de leur propre bien, dans la seconde; les blasphémateurs, les hommes coupables du vice contre nature et les usuriers 74, dans la troisième.

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