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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Ils marchent tous deux en silence 154 vers le puits central qui conduit au neuvième et dernier cercle de l'Enfer, et jusqu'au fond de l'abîme. Ils n'ont pour se conduire qu'une fausse lueur qui est moins que la nuit et moins que le jour 155. Tout à coup le son éclatant d'un cor se fait entendre, tel que Roland ne sonna point d'une manière aussi terrible après la douloureuse défaite de Charlemagne à Roncevaux. Dante tourne la tête de ce côté; il croit apercevoir de hautes tours. Ce sont trois géants énormes, Nembroth, Éphialte, Antée, qui s'élèvent en effet comme des tours, de la ceinture en haut, au-dessus des bords du puits. Le poëte s'arrête à décrire leur stature prodigieuse, et à peindre par des comparaisons l'effet que produit sur lui leur aspect. Son guide les lui fait connaître l'un après l'autre, avec des circonstances historiques et poétiques sur lesquelles nous ne pouvons nous arrêter. C'est à Antée qu'il s'adresse pour qu'il les descende dans ce puits. Antée les soulève tous deux d'une seule main, les dépose légèrement au fond du gouffre, et se redresse comme le mât d'un vaisseau.

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