Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
Il se trouve transporté dans la planète de Vénus 292, sans s'être aperçu du voyage; il n'en est averti qu'en voyant Béatrix devenir plus belle. Les âmes qui y font leur séjour brillent dans la lumière de cet astre, comme des étincelles dans la flamme, comme une voix se distingue d'une autre voix, quand l'une est stable et que l'autre varie ses intonations. Ces lumières si brillantes tournent en rond, avec plus ou moins de vivacité, sans doute, dit le poëte, selon qu'elles participent plus ou moins à la vision éternelle. Le vent le plus impétueux qui s'échappe d'un nuage glacé paraîtrait lent auprès du mouvement de ces âmes, qui le reçoivent de la danse circulaire des séraphins autour du trône de l'Éternel. L'une de ces âmes sort du cercle, s'approche et adresse la parole au Dante. «Nous sommes prêts, lui dit-elle, à faire tout ce qui te fera plaisir. Nous tournons ainsi avec les princes de la cour céleste: mêmes mouvements, même soif d'amour divin que ces princes à qui tu adressas un de tes chants 293. Nous sommes si pleins d'amour que, pour te plaire, nous ne trouverons pas moins doux quelques instants de repos.»