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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Dante, du consentement de Béatrix, demande à cette âme qui elle était sur la terre. «J'y restai peu de temps, répond-elle; si j'y eusse été davantage, j'aurais prévenu beaucoup de maux. L'éclat qui m'environne et me cache, t'empêche de me reconnaître. Tu m'as beaucoup aimé, et tu en avais bien raison: si j'étais resté au monde, je t'aurais fait goûter les fruits de mon amitié. La Provence et l'extrémité de l'Italie attendaient en moi leur maître; la couronne de Hongrie brillait déjà sur ma tête; la Sicile avait reçu mes fils pour ses rois 294, si les excès d'un mauvais gouvernement n'avaient fait élever, dans Palerme, le cri de mort 295». Celui qui se désigne ainsi sans se nommer, est Charles, qu'on appela Charles Martel, roi de Hongrie et fils aîné de Charles II d'Anjou, roi de Naples. Ce prince vertueux, mort à la fleur de l'âge, avait beaucoup aimé notre poëte, qui a voulu consacrer, dans son poëme, sa reconnaissance et son amitié pour lui. Charles blâme la conduite et surtout l'avarice de son frère Robert. Dante lui demande comment il se peut que d'une semence douce, il naisse une plante amère. Charles traite philosophiquement cette question: il fait voir la nécessité dont est la différence des penchants et des dispositions dans les hommes, pour la conservation de l'ordre social. Le bien et le mal naissent de cette différence; mais le mal vient, presque toujours, par la faute des hommes. Ils ne consultent point le vœu et l'indication de la nature; ils envoient dans le cloître tel qui était né pour ceindre l'épée, et ils font roi celui qui n'était bon que pour être un orateur 296.

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