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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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On est peut-être curieux de savoir comment ce poëte astrologue s'y était pris pour mettre jusqu'à trois fois, dans cette espèce de farrago des traits de satyre contre le Dante. Le premier est peu de chose. Dante avait attribué à la Fortune une influence à laquelle la sagesse humaine ne pouvait résister 439. Cela déplaît à Cecco, qui, parlant aussi de la Fortune, mais dans un style un peu différent, reproche au poëte florentin de s'être trompé; et soutient qu'il n'y a point de fortune qui ne puisse être vaincue par la raison 440. La seconde attaque est plus forte: elle a pour sujet l'amour, dont Cecco assigne la cause aux influences du troisième ciel, ou de la planète de Vénus. Il accuse Guido Cavalcanti de lui avoir donné une autre origine dans sa fameuse canzone sur la nature de l'amour; il enveloppe le Dante dans cette même accusation; et il revient, dans un seul chapitre, quatre ou cinq fois contre lui avec une sorte d'acharnement 441. Enfin, le dernier trait est à la fin de son quatrième livre. Il se félicite, et, à ce qu'il paraît, de très-bonne foi, de n'avoir usé dans son poëme d'aucun des ressorts que Dante avait employés dans le sien. «Ici, dit-il d'un air de triomphe, on ne chante pas comme les grenouilles dans un étang; ici on ne chante pas comme ce poëte qui n'imagine que des choses vaines; mais ici brille et resplendit toute la nature qui rend, à qui sait l'entendre, le cœur et l'esprit joyeux. Ici l'on ne rêve pas à travers la forêt obscure 442. Ici, je ne vois ni Paul ni Françoise, ni les Mainfroy, ni le vieux ni le jeune de la Scala, ni les massacres et les guerres de leurs alliés les Français. Je ne vois point ce comte qui, dans sa fureur, tient sous lui l'archevêque Roger, et fait de sa tête un repas horrible. Je laisse là les fables et ne cherche que la vérité.» Eh non, malheureux Cecco! tu ne vois ni ne fais rien voir de tout cela. C'est pourquoi, depuis plusieurs siècles, ton triste poëme est à peine connu de nom, tandis que celui du Dante est, et sera toujours, pour les amis de la poésie, un objet d'admiration et d'étude.

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