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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Faut-il encore aller chercher bien loin où Dante a pris l'idée de son Enfer? Avait-il besoin, comme l'ont cru des auteurs même italiens, d'un Fabliau français de Raoul de Houdan, ou du Jongleur qui va en Enfer, ou de tout autre conte moderne pour s'y transporter par la pensée, quand il pouvait y descendre sur les pas d'Homère et de Virgile? Le premier de ces fabliaux est misérable, et mérite peu qu'on s'y arrête 13. L'auteur songe qu'il fait un pélerinage en Enfer. Il entre, et trouve les tables servies. Le roi d'Enfer invite le voyageur à la sienne, dîne gaîment, et vers la fin du repas fait apporter son grand livre noir, où sont écrits tous les péchés faits ou à faire, et les noms de tous les pécheurs. Le pélerin ne manque pas d'y trouver ceux des ménétriers ses confrères. Ce que cette satire prouve le mieux, c'est que dans ces bons siècles où l'on ne parlait que de l'Enfer et du Diable, où c'étaient en quelque sorte la loi et les prophètes, c'était aussi un sujet de contes plaisants, dont on riait comme des autres, et que ce frein si vanté des passions devait les retenir faiblement, puisqu'on s'en faisait un jeu.

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