Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
Dans l'une des deux canzoni de ce poëte, qui nous ont été conservées, il se plaint poétiquement des peines que l'amour lui fait éprouver, en se comparant avec tous les objets de la nature, embellis par le retour du printemps 444. L'herbe des prés, les fleurs, les collines riantes, les parfums de la rose, enchantent la terre et les airs; partout l'amour paraît sourire; mais lui, le désir le consume; il ne cessera de souffrir que quand il reverra la beauté dont il est séparé depuis long-temps. Les chants, les amours, les nids, les tendres soins des oiseaux, le ramènent aussi tristement sur lui-même. Les animaux les plus sauvages, les serpens et les dragons les plus terribles, s'unissent et jouissent ensemble; tandis que, mille fois le jour, il passe de la vie à la mort, selon les espérances ou les craintes de son cœur. Les claires eaux, les fraîches fontaines baignent toutes les campagnes, arrosent les arbres et les fleurs; les poissons, délivrés des chaînes de l'hiver, parcourent les fleuves et en repeuplent les eaux, tandis que d'autres se jouent et s'unissent dans les vastes mers; lui, toujours seul et loin de ce qu'il aime, est brûlé d'un feu que rien ne peut éteindre. Les jeunes filles et leurs jeunes amans ne s'occupent que de plaisirs et de fêtes, de danses, de chants et de rendez-vous d'amour; lui, sans cesse occupé de celle qui serait comme un soleil au milieu de cette jeunesse, et dans un état qui arrache des larmes à ceux qui sont témoins de sa douleur.