Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Sept mois après, sa mère eut la permission de revenir à Florence; elle se retira à Incisa, dans le Val d'Arno, où son mari avait un petit bien. C'est là que Pétrarque fut élevé jusqu'à sept ans. Son père s'étant alors établi à Pise, y appela sa famille, et y donna pour premier maître à son fils un vieux grammairien nommé Convennole da Prato, mais il n'y resta pas long-temps. Les espérances qu'il avait fondées sur l'empereur Henri VII, pour rentrer dans sa patrie, furent détruites par la mort de ce prince; alors Petracco partit pour Livourne avec sa femme et ses deux fils (car il en avait eu un second nommé Gérard); ils s'embarquèrent pour Marseille, y arrivèrent après un naufrage où ils faillirent tous périr, et se rendirent de Marseille à Avignon 484. Clément V venait d'y fixer sa cour; c'était le refuge des Italiens proscrits: Petracco espéra y trouver de l'emploi: mais la cherté des logements et de la vie l'obligea peu de temps après à se séparer de sa famille, et à l'envoyer à quatre lieues de là, dans la petite ville de Carpentras. Pétrarque y retrouva son premier maître Convennole, alors fort vieux, toujours pauvre, et qui, là comme en Italie, enseignait aux enfans la grammaire et ce qu'il savait de rhétorique et de logique. Petracco y venait souvent visiter ses enfants et sa femme. Dans un de ces voyages, il eut le désir d'aller avec un de ses amis voir la fontaine de Vaucluse que son fils a depuis rendue si célèbre. Ce fils, alors âgé de dix ans, voulut y aller avec lui. L'aspect de ce lieu solitaire le saisit d'un enthousiasme au-dessus de son âge, et laissa une impression ineffaçable dans cette âme sensible et passionnée avant le temps.