← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Long-temps avant Homère, des figures et des symboles imaginés pour exprimer les phénomènes du ciel et de la nature, avaient été personnifiés et déifiés. Désormais inintelligibles dans leur sens primitif, ils avaient cessé d'être l'objet d'une étude, pour devenir l'objet d'un culte. Ils remplissaient l'Olympe, couvraient la terre, présidaient aux éléments et aux saisons, aux fleuves et aux forêts, aux moissons, aux fleurs et aux fruits. Des hommes, d'un génie supérieur à ces temps grossiers et barbares, s'étaient emparés de ces croyances populaires, pour frapper l'imagination des autres hommes et les porter à la vertu. Orphée, Linus, Musée chantèrent ces Dieux, et furent presque divinisés eux-mêmes pour la beauté de leurs chants. D'autres avaient raconté dans leurs vers les exploits des premiers héros. La matière poétique existait; il ne manquait plus qu'un grand poëte qui en rassemblât les éléments épars, et dont la tête puissante, combinant les faits des héros avec ceux des êtres surnaturels, embrassant à la fois l'Olympe et la terre, sût diriger vers un but unique tant d'agents divers, et les faire concourir tous à une action, intéressante pour un seul pays, par son objet particulier, et pour tous, par la peinture des sentiments et des passions: ce poëte fut Homère. Je ne sais s'il faut croire, avec des critiques philosophes 2, qu'il voulut représenter dans ses deux fables la vie humaine toute entière; dans l'Iliade, les affaires publiques et la vie politique; dans l'Odyssée, les affaires domestiques et la vie privée; dans le premier poëme, la vie active, et la contemplative dans le second; dans l'un, l'art de la guerre et celui du gouvernement; dans l'autre, les caractères de père, de mère, de fils, de serviteur, et tous les soins de la famille; en un mot, si l'on doit admettre que dans ces deux actions générales, et dans chacune des actions particulières qui y concourent, Homère se proposa de donner aux hommes des leçons de morale, et de leur présenter des exemples à suivre et à fuir; mais ce qui est certain, c'est que l'Iliade entière a ce caractère politique et guerrier; l'Odyssée, cet intérêt tiré des affections domestiques; c'est que les enseignements de la philosophie découlent en quelque sorte de toutes les parties de ces deux grands ouvrages. Enfin, il est évident qu'Homère, soit de dessein formé, soit par l'instinct seul de son génie, réunit dans ses poëmes les croyances adoptées de son temps, les faits célèbres qui intéressaient sa nation et qui avaient fixé l'attention des hommes, et les opinions philosophiques, fruits des méditations des anciens sages.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings