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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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En s'échappant, pour la dernière fois, de ce séjour où le sentiment de l'espérance est toujours flétri par le spectacle des peines, le poëte, désormais tout entier à l'espérance, paraît s'élancer dans un ordre tout nouveau d'idées, de sentiments et d'images. Entouré, par la force de son imagination créatrice, d'objets riants et mystérieux, il donne à son style pour les peindre, la teinte même de ces objets. Sa marche, son repos, ses moindres gestes sont fidèlement retracés; il puise ses comparaisons, comme ses images, dans les tableaux les plus simples et les plus doux de la vie champêtre. Il monte les degrés où le soleil, qui se couche derrière lui, projette au loin l'ombre de son corps. Cette ombre s'accroît, et disparaît bientôt dans l'obscurité générale: la nuit s'étend sur la montagne. Les trois poëtes se couchent, en attendant le jour, chacun sur un des échelons qui y conduisent. «Tels que des chèvres légères et capricieuses sur la cime des monts avant d'avoir pris leur pâture 255, se reposent en silence, et ruminent à l'ombre, pendant la plus grande chaleur du jour, gardées par le berger, qui s'appuie sur sa houlette, et qui veille à leur sûreté; ou tel que le pasteur, loin de sa chaumière, reste éveillé toute la nuit auprès de son troupeau, regardant sans cesse si quelque bête féroce ne vient point le disperser; tels nous étions tous trois, moi comme la chèvre, eux comme les bergers, renfermés dans l'espace étroit qui conduisait sur la montagne.»

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