Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
Hugues Capet avait enfin terminé ses aveux; tout à coup la montagne tremble, Délos n'éprouva pas une secousse si forte avant que Latone y descendît pour mettre au monde les deux lumières des cieux. Le chant de gloire et de joie, le Gloria in excelsis Deo se fait entendre. Toute cette haute partie de la montagne, d'ailleurs inacessible aux vents, aux météores et aux orages, s'agite ainsi lorsqu'une âme est purifiée, et qu'elle est prête à s'élever vers le ciel 224. Celle qui en sort en ce moment est l'âme du poëte Stace, que Dante, d'après une fausse tradition 225, fait natif de Toulouse, quoiqu'il fût napolitain 226. Stace aborde les deux poëtes, et, en leur racontant son histoire, il témoigne, sans connaître Virgile, avoir eu toujours pour lui une vénération profonde. Son feu poétique fut excité par cette flamme qui en a tant allumé d'autres: c'est de l'Énéide qu'il veut parler; c'est elle qui fut sa mère, sa nourrice dans l'art des vers 227: sans elle, il n'aurait rien produit qui eût la moindre valeur. Pour avoir été sur la terre contemporain de Virgile, il consentirait à prolonger d'une année son exil. Dante sourit, et, en ayant reçu la permission de Virgile, il nomme au poëte Stace, celui qu'ils reconnaissaient tous deux pour leur maître. Stace se jette à ses pieds; Virgile le relève en lui disant, avec une simplicité qu'on pourrait appeler virgilienne: cessez, mon frère: vous êtes une ombre, et vous voyez une ombre aussi 228.