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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Ces pertes accumulées firent tant d'impression sur lui, qu'il ne recevait plus de lettres sans trembler et sans pâlir 516. Il venait d'être nommé archidiacre de l'église de Parme; il partageait son temps entre ses études et les fonctions de sa place, entre son cabinet et son église. Un événement imprévu l'obligea de repasser les Alpes. Benoît XII était mort, et Clément VI lui avait succédé. Les Romains envoyèrent au nouveau pape une députation solennelle, composée de dix-huit de leurs principaux citoyens, pour lui demander plusieurs grâces, et surtout pour tâcher d'obtenir de lui qu'il rapportât la tiare aux trois couronnes dans la ville aux sept collines. Pétrarque, qui avait reçu lors de son couronnement le titre de citoyen romain, fut du nombre de ces ambassadeurs, et même chargé de porter la parole. Il quitta, mais à regret, sa douce retraite, et s'acquitta de sa commission avec son éloquence ordinaire, mais avec aussi peu de fruit pour l'objet qu'il avait le plus à cœur, le retour du pape en Italie. Clément VI, né Français 517, et élevé dans le grand monde, aimait le luxe et le plaisir; ses manières étaient nobles et polies, son goût pour les femmes, peu édifiant dans un pape, était accompagné d'autres goûts délicats qui le rendaient un souverain très-aimable. Sa cour ne fut guère plus vicieuse que les précédentes, cela eût été difficile, mais elle fut plus agréable et plus brillante. Il récompensa Pétrarque de sa harangue par un prieuré dans l'évêché de Pise 518; et, comme il avait dans l'esprit toute la pénétration et la culture qui pouvaient lui faire apprécier le premier homme de son siècle, il l'admit dans sa familiarité et dans son commerce intime. Pétrarque crut pouvoir en profiter pour le succès de ses vues sur l'Italie; mais il ne put réussir, même à lui inspirer le désir de la voir.

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