Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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«Qu'est-ce que les rois perses, dit cet aigle, ne pourront pas reprocher à vos rois, quand ils verront ouvert ce grand livre où sont écrits tous leurs méfaits? Là, on verra, parmi les œuvres d'Albert (d'Autriche) celle qui bientôt y sera inscrite, et qui livrera la Bohême au ravage 319; là, on verra la fourberie qu'emploie, sur les bords de la Seine, en falsifiant la monnaie, celui qui mourra des coups d'un sanglier 320; on verra l'orgueil qui rend fous les rois d'Écosse et d'Angleterre 321, et qui leur donne une telle soif de pouvoir, qu'aucun d'eux ne veut rester dans ses limites; on verra le luxe et la mollesse de celui d'Espagne et celui de Bohême, qui ne connurent et n'eurent jamais aucune vertu 322; on verra, dans le boiteux de Jérusalem 323, pour une bonne qualité, mille qualités contraires 324; on verra l'avarice et la bassesse de celui qui garde l'île de feu, où Anchise finit sa longue carrière 325, et pour indiquer son peu de valeur, ses hauts faits seront tracés en écriture abrégée, qui en contiendra beaucoup en peu d'espace; et chacun y verra les actions honteuses de son oncle 326 et de son frère 327, qui ont déshonoré une si illustre race et deux couronnes; et l'on y connaîtra celui de Portugal 328, et celui de Norwège 329, et celui de Dalmatie 330, qui a mal imité le coin des ducats de Venise. Heureuse la Hongrie, si elle ne se laissait plus mal gouverner! et heureuse la Navarre, si elle se faisait un rempart des montagnes qui l'environnent 331! Chacun en voit la preuve dans les plaintes et dans les murmures qu'élèvent Nicosie et Famagoste contre le tyran qui les opprime et qui ressemble à tous les autres 332.»