Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Parmi ces faveurs de la fortune et ce nouvel éclat de renommée, l'état de son âme était toujours le même. Au moment où il concevait quelques espérances, Laure les lui ôtait par de nouvelles rigueurs; et lorsqu'il se voyait près de vaincre sa passion pour elle, une rencontre, un regard, un mot plus favorable, le rendait plus amoureux que jamais. Il prit enfin le parti de se réfugier auprès de son meilleur ami, l'évêque de Lombès, et de l'aller trouver à Rome, où il était appelé depuis long-temps. Il s'y rendit par mer, et, dans la traversée de Marseille à Civita-Vecchia il ne s'occupa que de Laure. A son arrivée, la guerre entre les Colonne et les Ursins remplissait la campagne de troupes des deux partis. II se rendit d'abord au château de Capranica; l'évêque de Lombès et son frère même, Etienne Colonne, sénateur, c'est-à-dire magistrat suprême de Rome, vinrent l'y trouver, et l'emmenèrent à Rome avec eux 500. Mais ni l'amitié de toute cette illustre famille, ni l'admiration que lui inspirèrent les monuments de l'ancienne capitale du monde, ne purent l'y retenir long-temps. Il reprit le chemin de la France, et, après quelques voyages sur terre et sur mer, dont on ignore également les détails et le but, il fut de retour à Avignon dans l'été de la même année. Quelques mois après, ayant acheté à Vaucluse une petite maison avec un petit champ, il alla s'y établir avec ses livres, ses projets de travaux et d'études, et l'ineffaçable souvenir de Laure.