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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Il se délassait du spectacle de cette cour, scandaleux et fatigant pour un esprit aussi sage, dans le commerce de ses deux amis, Lello et Louis, qu'il nommait toujours Lœlius et Socrate. Il avait revu Laure; le temps, la persévérance, la gloire qu'il avait acquise, la lui avaient rendue plus favorable. Elle ne le fuyait plus; et lui, plus amoureux que jamais, ne cherchait qu'elle dans le monde, ne rêvait qu'a elle dans la solitude. Un de ses plus chers amis, Sennuccio del Bene, poëte florentin, attaché au cardinal Colonne, et qui vivait dans la société de Laure, était le confident de ses amours. Mais il n'eut jamais à lui confier que des peines, des désirs, de faibles espérances; et, loin de s'affaiblir, sa passion semblait s'accroître: et il aimait ainsi depuis quinze ou seize ans 519. Il avait pourtant un autre confident que Sennuccio, c'était le public, c'était le monde entier, où ses poésies avaient rendu célèbre la beauté de Laure, la délicatesse, la durée; et, si l'on ose ainsi parler, l'obstination de son amour pour elle. Tous les étrangers qui venaient à Avignon voulaient la voir; mais déjà le temps lui imprimait quelques unes de ses traces: quelque surprise involontaire se mêlait à l'admiration de ceux qui la voyaient pour la première fois. Pétrarque était aussi fort changé; mais son cœur était toujours le même, et Laure était, à ses yeux, aussi belle et aussi touchante que dans la fleur de la jeunesse et dans les premiers temps de son amour.

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