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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Dante, frappé de l'idée des terribles objets qui l'attendent, voudrait pouvoir former des sons plus âpres 156 et plus convenables à cet affreux séjour. Il invoque de nouveau les Muses, et s'enfonce, pour ainsi dire, dans toute l'horreur de son sujet. Dans ce cercle sont punis les traîtres. Il se partage en quatre fosses ou vallées. La première porte le nom de Caïn: c'est celle des assassins qui ont tué en trahison. Un lac glacé la remplit. Les criminels sont plongés jusqu'au cou dans la glace, et leurs têtes hideuses s'agitent, se haussent et se baissent à la surface, versant, à force de douleurs, des larmes qui se gèlent autour de leurs yeux et sur leurs joues. Deux têtes collées front contre front, et dont les cheveux sont entremêlés, sont celles de deux frères qui s'étaient tués l'un l'autre, comme Etéocle et Polinice 157. Dante, en avançant sur la glace, au milieu de toutes ces têtes, en heurte une qu'il croit reconnaître. Il la saisit par les cheveux, et veut, malgré sa résistance, la contraindre de se nommer. C'est une autre tête qui prononce le nom de Bocca, misérable qui, dans la bataille de Montaperti, marchant avec les Guelfes, et gagné par l'or des Gibelins, coupa la main de celui qui portait l'étendard, et causa la déroute et le massacre de l'armée. Ce traître est accompagné de quelques autres, dont le poëte fait justice. Leurs têtes sont à l'entrée de la seconde division de ce cercle, qui porte le nom d'Antenor, et où sont enfoncés tous les traîtres à leur patrie.

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