Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Les voleurs qui ont joint la fraude au brigandage sont punis dans cette fosse. Le fond en est comblé d'un épais amas de serpents, tels que la sabloneuse Lybie, l'Éthiopie ni l'Égypte n'en produisirent jamais de plus affreux. Parmi ces serpents les ombres coupables courent nues et épouvantées; elles courent les mains liées derrière le dos avec des couleuvres, dont la tête et la queue leur percent les reins, et se renouent ensemble devant eux. Un serpent s'élance sur une de ces ombres, la pique, la fait tomber en cendres; mais cette cendre se rassemble d'elle-même, et l'ombre se relève telle qu'elle était auparavant. «C'est ainsi, dit le poëte, en se servant d'expressions et d'images imitées d'Ovide, et qu'il est bien extraordinaire que ces damnés lui rappellent, c'est ainsi que de l'aveu des anciens sages, le Phénix meurt et renaît quand la fin de son cinquième siècle approche 127. Il ne se nourrit ni d'herbes ni de grains pendant sa vie, mais seulement de parfums, et des larmes de l'encens; et les parfums et la myrrhe sont le dernier lit où il repose». Cela est peut-être beaucoup trop poétique et trop beau pour un Vanni Fucci, voleur de vases sacrés à Pistoie 128, qui n'est là que pour dire quelque mots obscurs, et qui ont besoin de commentaire, sur les Blancs et les Noirs, ces deux factions nées dans sa patrie, et qui avaient fait ensuite tant de mal aux Florentins. Il prend la fuite après avoir maudit Dieu, Pistoie et Florence. Il est poursuivi par un Centaure 129 couvert de serpents depuis la croupe jusqu'à la face. Un dragon enflammé se tient, les ailes étendues, debout sur ses épaules. Ce Centaure est Cacus, ce brigand du mont Aventin, tué par Hercule, quoique Cacus ne fût point un Centaure.