Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
Elle reprend ses chants remplis d'amour 260, et comme les nymphes solitaires qui, sous l'ombrage des forêts, tantôt y fuyaient les rayons du soleil, tantôt en sortaient pour les revoir, elle suit légèrement le cours du fleuve, tandis que sur l'autre bord le poëte fait les mêmes mouvements, et règle ses pas sur les siens. Elle lui dit enfin: «Mon frère, regarde et écoute.» Alors un éclat extraordinaire traverse de tous côtés la forêt. Une douce mélodie se fait entendre, et parcourt cet air lumineux. Un nouveau spectacle s'annonce. Dante, pour en tracer le tableau, n'a point assez de son inspiration accoutumée; il invoque de nouveau les muses. «Vierges sacrées 261, si jamais je souffris pour vous la faim, le froid et les veilles, je me sens forcé de vous en demander la récompense. Qu'Hélicon verse pour moi toutes les eaux de sa fontaine; qu'Uranie et toutes ses sœurs viennent à mon secours, et donnent de la force à mes pensées et à mes vers.»