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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note 161 — Par P.L. GINGUENÉ,

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Note 161:

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Padre, assai ci fia men doglia Se tu mangi di noi: tu ne vestisti Queste misere carni, e tu le spoglia.

Ce tercet paraissait au Tasse plein d'une expression si tendre et si noble, il lui plaisait tant, au rapport du père Venturi, qu'il ne se lassait point de le citer et d'en faire l'éloge. Mais ce même tercet est excessivement difficile à traduire. Se tu mangi di noi, est même tout-à-fait intraduisible: il est impossible de dire en français, manger de nous, comme on dit manger du pain, et c'est cependant cette ressemblance d'expression qui, dans l'italien, est en même temps naïve et terrible. Dépouille-nous-en aussi, paraîtra peut-être bien nu; mais comment rendre autrement ces mots si touchants: e tu le spoglia. J'ai du moins sauvé cette figure poétique: Vestire spogliare le carni, qui est du style religieux, ou même biblique si l'on veut, mais qui n'en avait ici qu'une propriété de plus, et à laquelle aucun des traducteurs français du Dante n'a songé. Enfin j'ai respecté, autant que je l'ai pu, cette effrayante, sans doute, mais admirable simplicité.

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