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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Ce grand tableau, sur lequel Béatrix fixe long-temps les yeux 352, comme le Dante ne l'avait pu faire, amène des explications sur l'essence divine et sur la nature des Anges. Ces explications qui ne sont pas les mêmes dans toutes les écoles de théologie, amènent à leur tour des réflexions contre la vanité de la science, contre les savants et contre les philosophes; mais Béatrix les maltraite encore moins que les prédicateurs. Elle reproche à ceux-ci de débiter en chaire des fables et des contes absurdes pour tromper le peuple. «Ils ne cherchent, dit-elle, en prêchant, que des bons mots et des bouffonneries; et pourvu qu'ils fassent bien rire, ils se gonflent dans leur froc et n'en demandent pas davantage. Mais ce froc renferme quelquefois un tel oiseau, que si le peuple pouvait le voir, il ne viendrait pas à lui pour recevoir les pardons sur lesquels il se fie 353; on en est devenu si fou sur la terre, que sans témoin et sans preuve, on court à tous ceux qui sont promis. C'est de cela que s'engraisse le porc de S. Antoine, et tant d'autres qui sont pis que des porcs, et qui nous vendent de la fausse monnaie pour de la bonne.» On voit que l'esprit satyrique du Dante ne l'abandonne jamais, et que le bon goût l'abandonne souvent. Ces traits contre les prédicateurs bouffons et contre les moines étaient vrais, surtout contre ceux de son temps; mais lorsqu'on plane dans l'Empyrée, au milieu des neufs chœurs des anges, il est dégoûtant de se sentir rappelé à de si vils objets, et d'être forcé d'abaisser ses regards des Trônes et des Dominations jusque sur le cochon de S. Antoine.

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