Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
La science qui y trouvait le plus de secours et qui était le plus abondamment pourvue de livres, était la théologie scolastique; aussi la cultivait-on avec plus d'ardeur que jamais. Ce n'était plus le siècle des Thomas d'Aquin et des Bonaventure; mais leur exemple était récent, et entretenait parmi leurs admirateurs et leurs disciples, l'espérance de les égaler et même de les surpasser en gloire. De là, parmi les théologiens, cet empressement, cette ferveur générale à interpréter les mêmes livres qu'avaient interprétés leurs prédécesseurs, à expliquer les explications mêmes; à commenter les commentaires; à épaissir les ténèbres en y voulant porter la lumière, et à rendre obscur en l'expliquant, ce qui d'abord était clair. Ce sont ici non seulement les idées, mais les propres expressions du sage Tiraboschi 391; il y joint le vœu très-raisonnable que dans l'oubli profond et dans la poudre des bibliothèques, où ces infatigables commentateurs sont ensevelis, personne ne s'avise jamais de troubler leur repos. Il ne confond pourtant pas avec eux une douzaine de docteurs dont il paraît que la renommée fut très-éclatante dans ce siècle. Nous y distinguerons seulement un religieux augustin nommé Denis, du bourg St.-Sépulcre, parce qu'il fut l'ami et le directeur de Pétrarque; nous en dirons ce peu de mots, et nous renverrons tout le reste au même asyle, dont Tiraboschi désire l'inviolabilité pour la tourbe des théologiens de ce siècle. Il ne doit point y avoir de rangs dans la poussière et dans l'oubli. Tous les auteurs de livres qu'on ne peut lire, et où il n'y a rien à apprendre, doivent y dormir également.