Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Un ange apparaît aux deux voyageurs. Sa robe était blanche et sa face brillait comme l'étoile étincelante du matin: il ouvre les bras, ensuite les ailes, et leur dit de le suivre par le chemin qui conduit au second cercle du Purgatoire. Ils entendent, en y montant, chanter un psaume, avec des voix dont la parole humaine ne saurait exprimer la douceur. «Ah! s'écrie le poëte, que ces routes sont différentes de celles de l'Enfer! on entre ici au milieu des chants, et là bas au milieu de lamentations horribles.» Ils arrivent cependant au second cercle, où sont purifiés les envieux 209. Là, il n'y a ni statues ni gravures; le mur et le pavé sont unis et d'une couleur livide; les ombres y sont couvertes de manteaux à peu près de la même couleur, et vêtues en dessous d'un vil silice. Elles sont appuyées la tête de l'une sur l'épaule de l'autre; et toutes le sont contre le bord intérieur du cercle, comme de malheureux aveugles qui mendient à la porte des églises, et tâchent par une attitude pareille d'exciter la pitié. Une de leurs peines est de n'entendre retentir dans l'air autour d'elles que des chants et des paroles de charité, sentiment si discordant avec le péché qu'elles expient. Le soleil leur refuse sa lumière, leurs paupières sont fermées et comme cousues par un fil de fer. Le temps a rendu peu intéressantes pour nous les rencontres que les deux poëtes font dans ce cercle, et les discours de ces ombres, dont les noms sont pour la plupart inconnus aujourd'hui, n'ont rien de remarquable qu'une diatribe contre les Toscans 210, dans laquelle, en suivant le cours de l'Arno depuis sa source jusqu'aux lieux où il s'élargit, grossi par plusieurs rivières, l'ombre d'un certain Guido del Duca, de la petite ville de Brettinoro dans la Romagne, caractérise, sous l'emblème d'animaux vils et malfaisants, les habitants du Casentin, d'Arezzo et de Florence.