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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Laure l'évitait, ou par prudence, ou peut-être pour qu'il la cherchât davantage. Il ne la voyait point chez elle. L'humeur jalouse de son mari ne l'aurait pas souffert. Les sociétés de femmes, les assemblées, les promenades champêtres étaient les seuls lieux où il pût la voir; et partout il la voyait briller parmi ses compagnes, et les effacer par ses grâces naturelles et par l'élégance de sa parure. Ses assiduités étaient remarquées; Laure se crut obligée à plus de réserve encore, et même de rigueur. Pétrarque fit un effort pour se distraire d'une passion qui ne lui causait plus que des peines. Il entreprit un long voyage, et ayant obtenu, sous différents prétextes, l'agrément de ses protecteurs et de ses amis, il partit 493, traversa le midi de la France, vint à Paris, qui lui parut sale, infect, et fort au-dessous de sa renommée, se rendit en Flandre, parcourut les Pays-Bas, poussa jusqu'à Cologne, toujours, et à chaque nouvel objet de comparaison, regrettant de plus en plus l'Italie: de là, revenant à travers la forêt des Ardennes, il arriva à Lyon, où il séjourna quelque temps, s'embarqua sur le Rhône, et rentra enfin dans Avignon, après environ huit mois d'absence.

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